Droits voisins : la presse écrite fonde une Alliance historique face aux Gafa

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Cette Alliance est historique. C'est la première fois que les trois principaux syndicats de la presse, c'est-à-dire le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), l'Union de la presse en région (Upreg) et le Syndicat de la presse hebdomadaire régionale (SPHR) décident de s'allier au sein d'une même structure.
Cette Alliance est historique. C'est la première fois que les trois principaux syndicats de la presse, c'est-à-dire le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), l'Union de la presse en région (Upreg) et le Syndicat de la presse hebdomadaire régionale (SPHR) décident de s'allier au sein d'une même structure. (Crédits : Kacper Pempel)
L'Alliance de la presse d'information générale (Apig) regroupe plusieurs organisations professionnelles de la presse écrite française, fédérant 305 titres publiés par 175 entreprises. L'objectif : parler d'une seule voix et mieux défendre ses intérêts face aux géants du net, notamment Google, Facebook et Apple.

La presse écrite s'entend enfin. Quelques jours après le feu vert de l'Union européenne pour réformer le droit d'auteur à l'ère numérique, plusieurs organisations professionnelles de la presse écrite française ont créé, mercredi 19 septembre, l'Alliance de la presse d'information générale (Apig). L'objectif : éviter la dispersion des voix lorsque viendra le temps de négocier face aux géants du Net pour l'élaboration d'un droit voisin pour la presse, c'est-à-dire une rétribution pour l'utilisation des contenus des médias en ligne, tel que le prévoit l'article 11 du texte.

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305 titres, 175 entreprises, 27.000 salariés dont 10.000 journalistes

Cette alliance est historique. C'est la première fois que les trois principaux syndicats de la presse, c'est-à-dire le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), l'Union de la presse en région (Upreg) et le Syndicat de la presse hebdomadaire régionale (SPHR) décident de s'allier au sein d'une même structure. En plus de ces membres-fondateurs, l'Alliance accueille trois membres associés : l'agence de presse AFP, l'association représentant les newsmagazines (AIPG) et celle fédérant les quotidiens gratuits (APGI).

Au terme de sa première assemblée générale mercredi 19 septembre, la nouvelle structure a désigné un président en la personne de Jean-Michel Baylet, le patron du groupe La Dépêche, basé à Toulouse, qui est également dirigeant de l'Upreg. Son mandat durera deux ans, dans le cadre d'une présidence tournante.

De fait, l'Alliance regroupe en tout 305 journaux, publiés par 175 entreprises, soit un total de 27.000 salariés dont 10.000 journalistes, auxquels s'ajoutent 25.000 correspondants. Ce chiffre de 10.000 journalistes correspond à un peu moins d'un tiers de l'effectif total des journalistes titulaires de la carte de presse en France, qui s'élève à 35.047 en 2017 d'après la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP).

La peur de Google et Facebook est le dénominateur commun des médias

Pour Jean-Michel Baylet, l'Apig enterre définitivement les querelles de chapelle qui ont marqué l'histoire de la presse écrite, qui n'a jamais été capable de parler d'une seule voix pour défendre ses intérêts.

"Nous avons considéré que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose et s'il y a toujours des différences, nous n'avons plus de divergences. Les guerres de frontières, c'est fini", a déclaré Jean-Michel Baylet.

Cette "union sacrée" se fait autour d'une menace commune : les géants du Net, notamment Google et Facebook, qui ont réussi à s'imposer comme les intermédiaires incontournables entre le grand public et les médias, cannibalisant les recettes publicitaires et asséchant les revenus en ligne des journaux. Pour Jean-Michel Baylet, il est donc temps de se mobiliser pour instaurer un "équilibre économique" avec ces géants qui "pillent nos contenus et nos recettes publicitaires", et s'unir pour mieux se faire entendre auprès des pouvoirs publics.

Un "plan de filière" à élaborer

Outre cette bataille sur le droit voisin qui va se poursuivre dans les instances européennes, la priorité de l'Alliance est d'établir un "plan de filière" qui sera présenté au gouvernement, a annoncé l'Apig. Sans détailler les propositions qu'il pourrait inclure, Jean-Michel Baylet a fait référence à des mesures salvatrices comme en ont connu les secteurs du livre et du cinéma, avec la création du prix unique du livre et du CNC.

Au sein de l'Alliance, les fédérations adhérentes garderont leur autonomie sur les dossiers relevant de leurs strictes compétences (notamment les questions sociales, chacune disposant de sa propre convention collective), mais tous leurs salariés seront transférés dans la nouvelle structure au 1er janvier 2019, et ils s'installeront en avril dans un siège unique, situé à Paris dans le XIIIe arrondissement.

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Commentaires
a écrit le 21/09/2018 à 8:56 :
A quand la suppression des subventions à la presse écrite, ou autre média, alors que la plupart des "propriétaires" de titre sont riches comme Crésus. Il y a là un source importante d"économie. Un titre ne doit vivre qu'avec ses lecteurs ou auditeurs. S'il n'en a pas eh bien il peut disparaître, pas de raison de le maintenir à flot. Quand aux journalistes, qu'ils soient en écrit ou en audio visuel, l'honnêteté et le professionnalisme, en général, sont les cadets de leurs soucis.
Réponse de le 23/09/2018 à 8:13 :
Tout à fait. D'ailleurs, beaucoup de liens tombent sur des sites de presse qui ne sont pas gratuits, qui ne donnent que le début d'un article et qui proposent un abonnement au journal. Si le contenu n'intéresse pas plus les gens, ils sont libres de ne pas acheter ces articles. Il n'y a plus beaucoup de journaux intègres, et c'est souvent les internautes qui diffusent les actualités avec aussi des fakes maheureusement mais pas plus que les journaux officiels qui sont aux ordres.
a écrit le 20/09/2018 à 10:54 :
Merci aux GAFA de faire enfin se regrouper les journalistes en corporation leur permettant de mieux se défendre, car espérons qu'ils ne vont pas se contenter d'anticiper les seuls risques liés à ces premiers étant donné qu'entre le secret des affaires et l'asservissement à cause du chantage à l'emploi et autre du journalisme envers les propriétaires d'outils de production et de capitaux, il y a bien plus urgent. Je parle simplement de la survie de l'humanité là.

"Projet pour une presse libre" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030 (article gratuit)

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