Ordinateur quantique : Pourquoi Sandbox AQ s’émancipe de Google

Née il y a six ans comme une division du groupe Alphabet, la jeune pousse américaine va désormais voler de ses propres ailes afin d’attirer davantage de financements et croître plus rapidement. Elle compte notamment appliquer la technologie quantique à la cryptographie, la santé et la géolocalisation. Explications.

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Eric Schmidt, président de Sandbox AQ
Eric Schmidt, président de Sandbox AQ (Crédits : Mike Blake)

Sandbox AQ a atteint l'âge de raison. Cette division du groupe Alphabet, spécialisée dans l'informatique quantique, est devenue une jeune pousse indépendante, après une levée de fonds à neuf chiffres (le montant exact n'a pas été communiqué) auprès de plusieurs grands investisseurs de la Silicon Valley, dont Breyer Capital, T. Rowe Price Associates Inc. et Guggenheim Partners LLC.

Malgré son indépendance, la startup conservera naturellement des liens importants avec le groupe Alphabet, comme l'illustre le fait qu'Eric Schmidt, ancien PDG de Google, occupe le poste de président au sein de la nouvelle structure.

Une manière d'attirer davantage de capital

Créée il y a six ans, Sandbox AQ emploie actuellement 55 personnes, principalement des ingénieurs, un chiffre qui devrait rapidement s'accroître avec la nouvelle levée de fonds. « Le fait d'être indépendants va notamment nous permettre d'attirer du capital de l'extérieur, et donc de croître plus rapidement », a affirmé Jack Hidary, directeur général de la jeune pousse, dans un communiqué officiel.

Le marché du quantique est en effet en plein essor : selon Gartner, d'ici l'an prochain, 20% des multinationales consacreront une partie de leur budget à des projets autour du quantique, contre moins de 1% en 2018.

De la cryptographie à la santé, en passant par la géolocalisation

Sandbox AQ s'intéresse notamment à l'application de l'informatique quantique dans trois domaines. Le premier est celui de la cryptographie, où la jeune pousse propose déjà une offre de cryptographie post-quantique, visant à anticiper le jour où les capacités de calcul sans commune mesure de l'informatique quantique rendront les méthodes actuelle obsolètes. Elle compte déjà plusieurs clients pour ce service, dont les opérateurs Vodafone Business et Softbank Mobile, ainsi que la plateforme Wix.

La jeune pousse s'intéresse également à la santé, où le quantique pourrait permettre de croiser les données issues de différentes sources (carnets de santé électroniques, imagerie, wearables, papiers de recherche...) pour appuyer la pose de diagnostics ou encore découvrir de nouveaux médicaments. Un partenariat avec le Mount Sinaï Health System, le réseau d'hôpitaux de la ville de New York, a notamment été noué dans cette optique.

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Enfin, l'entreprise travaille également à la création d'un nouveau système de navigation basé sur les signaux géophysiques (comme les légères variations du champ magnétique terrestre et de la gravité) plutôt que sur les satellites. Un dispositif qui pourrait, selon Sandbox, assister les logiciels de conduite autonome, ou encore venir suppléer les systèmes de GNSS actuellement utilisés lorsque leur signal est brouillé (notamment en période de conflit, comme c'est le cas actuellement en Ukraine).

L'âge d'or du quantique

Après de longues années de gestation, le secteur de l'informatique quantique est aujourd'hui en plein essor. Il y a deux semaines, la jeune pousse française Alice & Bob annonçait une levée de fonds record pour l'écosystème français, doublée d'une petite révolution technologique permettant de limiter les erreurs de calcul commises par un ordinateur quantique. En janvier, une autre société hexagonale, Pasqal, fusionnait avec le néerlandais Qu&Co pour développer plus rapidement des opportunités commerciales à destination des multinationales.

Ce mardi, des chercheurs de l'Institut Weizmann des Sciences, en Israël, ont de leur côté annoncé avoir construit leur propre machine, soulignant les ambitions nourries par l'État hébreu dans ce domaine. Plus tôt ce mois-ci, la jeune pousse californienne Rigetti Computing est entrée en bourse, tandis que le canadien D-Wave envisage d'en faire autant. Citons encore Microsoft, qui, la semaine passée, a démontré la physique sous-jacente pour créer des qubits topologiques, qui s'avéreraient plus stables que les qubits actuellement employés. Une découverte que le géant de l'informatique a présenté comme une étape majeure sur la route visant à concevoir ce type de qubits.

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