French Tech 120 / Next40 : des obligations d'impact environnemental et sociétal pour les lauréats 2023
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Le débat fait rage depuis deux ans : faut-il faire évoluer les critères de sélection des startups du French Tech 120 et du Next 40 -les indices regroupant les pépites les plus prometteuses du pays- pour y intégrer la notion d'impact économique, social et environnemental ? Ou, au contraire, faut-il rester uniquement sur des critères financiers, qui ont l'avantage d'être objectifs, mesurables et incontestables, mais qui valorisent par ricochet uniquement les startups qui jouent le mieux le jeu des levées de fonds et de l'hyper-croissance, au détriment de modèles plus vertueux et d'innovations plus importantes pour la société ou la planète ?
Ce dilemme fait cogiter le gouvernement et la Mission French Tech depuis des mois. Car le French Tech 120, au sein duquel se niche le club d'élite du Next40, offre aux startups lauréates non seulement le prestige d'un label gouvernemental qui crédibilise leur innovation, mais aussi un accompagnement sur-mesure qui peut se révéler extrêmement précieux : guichet dédié auprès de l'administration ; aides pour recruter des talents à l'étranger, s'internationaliser, lever des fonds ; conseil juridique et fiscal ; accès à un réseau de mise en relation...
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Faire profiter de ce système uniquement aux pépites qui ont levé le plus de fonds et qui sont déjà en hyper-croissance, revient à faciliter la vie des premiers de la classe. C'est cohérent pour faciliter l'essor de nouvelles licornes -notamment dans l'innovation numérique « classique » comme le logiciel-, mais cela laisse sur le bas-côté les startups qui ne reproduisent pas le modèle de la tech financière issu de la Silicon Valley. Ainsi, les deeptech -innovations de rupture-, les startups industrielles ou dans les domaines de la transition énergétique et écologique, les medtech, ou encore toutes les innovations "tech for good" qui visent davantage l'impact sociétal que la performance économique, obéissent à des cycles d'innovation plus longs qui les rendent moins éligibles à ce type de labels, dont elles auraient pourtant elles aussi grand besoin.