Méga-levées : "Il faut être pragmatique face aux investisseurs américains" (Alice Albizzati, Revaia)
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Elina Berrebi et Alice Albizzati, cofondatrices de Revaia.
Revaia
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Elina Berrebi et Alice Albizzati, cofondatrices de Revaia.
Revaia
LA TRIBUNE - Vous annoncez le closing de votre premier fonds de 250 millions d'euros pour financer la croissance des startups (growth equity) et en profitez pour changer de nom et devenir Revaia. Quel était le problème avec Gaia Capital Partner ?
ALICE ALBBIZZATI - Le but est de marquer le coup et prendre une nouvelle dimension avec un nom moins courant que "Gaia" -une déesse incarnant la Terre dans la mythologie grecque-, qui colle mieux à nos valeurs. Le but de Revaia est de créer de futurs champions mondiaux de la tech en investissant au stade du "growth", c'est-à-dire à partir de la Série B, au moment de l'hyper-croissance et de l'internationalisation. Mais nous voulons aussi contribuer à créer un futur désirable, d'où les notions de "rêve" et de "révélation" présentes dans le nouveau nom, en investissant dans des entreprises responsables.
Mais vous n'êtes pas pour autant un fonds à impact ?
Non car nous avons l'ambition de créer des géants. Mais nous finançons uniquement des startups avec un modèle d'affaires vertueux et une gouvernance sensible aux enjeux de mixité, de diversité et d'impact environnemental et social. Les solutions que nous soutenons doivent utiliser la technologie pour servir l'intérêt général, contribuer de manière positive à la transformation numérique de nos sociétés.
En quoi vos sociétés en portefeuille entrent-elles dans ce scope et quels secteurs ciblez-vous ?
Le closing de notre fonds de 250 millions d'euros a eu lieu cet été mais il est actif depuis 2019. Nous avons sept startups en portefeuille, et deux nouveaux investissements vont être annoncés dans les prochaines semaines. Nous mettons des tickets entre 10 et 30 millions d'euros, dans des tours de table entre 20 et 100 millions d'euros, autant en investisseur principal [lead ou co-lead, Ndlr] que secondaire.
Par exemple, nous avons investi en 2020 dans Aircall, qui est devenue cette année une licorne et la première de notre portefeuille. Les outils de digitalisation des PME, qui leur permettent de se moderniser à l'ère de numérique comme Aircall, nous intéressent particulièrement : nous avons aussi financé la société suédoise GetAccept -une plateforme de gestion de documents pour les commerciaux-, ou encore Planity, qui propose un logiciel de prise de rendez-vous pour le secteur de la beauté/bien être comme les coiffeurs. Nous croyons beaucoup dans le modèle vertueux de Welcome to the jungle, qui repense le recrutement et la gestion des carrières avec un fort accent sur le bien-être des talents. Nous avons aussi investi dans le réseau social français Yubo ou encore dans la fintech britannique Gohenry qui se conçoit comme un outil financier et pédagogique pour les adolescents. La greentech, la climate tech et la santé digitale nous intéressent aussi, même si nous n'avons pas encore d'investissement dans ces domaines.
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