Scaleway quitte Gaia-X : "Je n'ai plus de temps à perdre avec un projet gangrené de l'intérieur par les Gafam" (Yann Lechelle, CEO)
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LA TRIBUNE - Vous êtes membre cofondateur de Gaia-X, mais vous venez de quitter le projet. Pourquoi ?
YANN LECHELLE - Cela fait plusieurs mois que j'y pense, mais la décision s'est prise hier matin, au lancement du sommet Gaia-X. J'ai été interrogé par une chaîne de télévision sur ce que j'attendais de l'événement, et en réfléchissant à la réponse j'ai réalisé que je n'en attends rien du tout. Non pas que le projet ne soit pas intéressant à la base, mais je suis forcé de constater que les promesses initiales ne sont pas tenues et que Gaia-X ne va pas dans le bon sens.
Que lui reprochez-vous ?
Sa gouvernance et sa philosophie. Mon reproche principal est que Gaia-X laisse beaucoup trop de place aux acteurs dominants du marché du cloud, c'est-à-dire les américains [Amazon, Microsoft et Google, Ndlr] et les chinois [Huawei, Alibaba], alors que bâtir un cloud européen répond à un enjeu de souveraineté numérique et d'indépendance stratégique, et devrait être une opportunité de promouvoir et de développer les acteurs européens du secteur.
Quelles promesses n'ont pas été tenues ?
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A la base, Gaia-X est une idée allemande de créer un projet d'infrastructure européenne autour de la donnée, afin de davantage maîtriser cet actif très stratégique et acquérir une forme d'autonomie européenne dans le cloud. La France a voulu s'y associer, ce qui a abouti à la création de l'association en 2020, avec 22 cofondateurs dont 11 allemands et 11 français. Du côté français, Scaleway fait partie des membres cofondateurs, tout comme les deux autres leaders européens du cloud, OVHCloud et Outscale. A l'origine, il n'y avait donc que des acteurs européens dans l'initiative.