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Vestiaire Collective lève 40 millions d'euros en série F pour se renforcer en Asie

François Manens

Publié le 20 juin 2019 à 13:43 - Mis à jour le 20 juin 2019 à 15:49

Vestiaire Collective met en relation les vendeurs de produits de luxe d'occasion avec les acheteurs.

Vestiaire Collective met en relation les vendeurs de produits de luxe d'occasion avec les acheteurs.

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Place de marché spécialisée dans le vêtement et les accessoires de luxe d'occasion, Vestiaire Collective lève 40 millions d'euros. Ce montant porte à 146 millions d'euros le total de fonds levées par la startup depuis sa création en 2009. Désormais, elle se concentre sur l'Asie et son appétence aiguisée pour le luxe.

Doudoune Yves Saint-Laurent, Taille M, 300 euros. Hermès, montre Cap Cod, 1.850 euros. Voilà le genre d'annonces qui pullule sur le site de Vestiaire Collective. La startup française, qui fête ses dix ans cette année, veut s'imposer comme référence mondiale dans la vente de vêtements et d'accessoires de luxe d'occasion entre particuliers. Alors qu'elle a déjà levé 116 millions d'euros depuis sa création en 2009, elle profite cette fois d'un tour à 40 millions d'euros mené par Bpifrance via son fonds Large Venture. Objectif : continuer son développement à l'étranger, et notamment vers l'Asie, où ils sont déjà implantés. La jeune pousse souhaite également expérimenter de nouvelles technologies.

6 pays, 5.500 transactions par jour

Vestiaire Collective se porte garant du bon déroulement des transactions sur son site. La startup reçoit les produits de la part des vendeurs particuliers, à ses frais. Elle les authentifie et vérifie que la qualité correspond à la description, puis les envoie vers l'acheteur. La startup centralise les paiements et s'assure de leur sécurité, puis prélève une commission qui s'élève au minimum à 20% du montant de la vente. Plus de 5.500 articles sont achetés chaque jour, tandis que les vendeurs rentrent quotidiennement 40.000 nouvelles références. Vestiaire Collective ne communique pas son chiffre d'affaires, ni son taux de croissance.

Déjà bien installée à l'étranger avec cinq bureaux en plus du siège parisien (Londres, New York, Milan, Berlin et Hong Kong), la startup a depuis le début de l'année ajouté 120 recrues à ses 250 employés, pour un effectif total de 370. Avec ce nouveau tour de table, elle compte poursuivre son internationalisation, notamment sur le marché asiatique. Les consommateurs Chinois concentrent à eux seuls 33% des dépenses mondiales dans le luxe, soit plus de 85 milliards d'euros (Bain & Company). Côté technologie, la startup promet dans un communiqué de presse le lancement de "solutions innovantes basées sur la technologie et les données" pour "promouvoir une consommation durable et circulaire", sans en préciser la teneur. Interrogé sur le sujet, Vestiaire Collective n'a pas répondu à notre sollicitation.

Le nouveau CEO devient nouvel actionnaire

Cette levée de fonds en série F survient deux ans après une levée de 58 millions d'euros. Elle appuie le changement de CEO, survenu fin 2018, lorsque le cofondateur Sébastien Fabre a laissé sa place à Maximilien Bittner. Cet entrepreneur a fondé en 2012 le site d'e-commerce Lazada, rapidement devenu leader en Asie du Sud-Est, une région que Vestiaire Collective s'apprête désormais à ouvrir. Le géant Alibaba a petit à petit acheté des parts de Lazada, jusqu'à devenir actionnaire majoritaire de cette entreprise cotée à plus de trois milliards de dollars. Fort de ce succès, le nouveau CEO de Vestiaire Collective participe de son propre portefeuille à cette levée de fonds menée par Bpifrance, tandis que les investisseurs historiques (Eurazeo Growth, Vitruvian Partners, Idinvest Partners et Balderton Capital) remettent au pot.

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C'est un nouveau coup pour le fonds Large Venture (créé en 2013 et doté d'un milliard d'euros), qui a participé à la majorité des grosses levées de cette année : Manomano (110 millions d'euros), Doctolib (150 millions d'euros) ou encore Ynsect (110 millions). Son objectif : appuyer les sociétés technologiques à très fort potentiel pour favoriser l'émergence de champion français. Une des conditions pour l'entreprise : afficher une hypercroissance.

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