Pour Bpifrance, "2019 va être une belle année"

NICOLAS DUFOURCQ
Reuters
Se posant en « banque de l'impact » et en « catalyseur de la croissance des entreprises » françaises, Bpifrance a enregistré une activité record en termes de financement, en hausse de 9% en 2018 pour atteindre 19 milliards d'euros. Et ce malgré une baisse de 10% des aides et subventions à l'innovation, dans un contexte de diminution des dotations de l'État. La banque publique d'investissement dit avoir bénéficié d'une bonne fin d'année et se montre optimiste pour l'avenir.
Il a souligné l'importance pour les fonds de capital-risque et capital-innovation français, dont certains redoutent ce retournement qui pourrait déstabiliser tout l'écosystème de la French Tech, de diversifier leurs sources de financements, alors qu'ils sont en moyenne financés à 80% par des investisseurs français. En 2018, Bpifrance a investi 962 millions d'euros dans 50 fonds partenaires (en repli de 7,5% après un record en 2017).
Les Family Offices des grandes fortunes scandinaves, hollandaises ou allemandes sont d'autres cibles à convaincre.
La BPI a augmenté de 20% ses propres investissements en direct en capital-innovation, à 328 millions d'euros, du fait de l'augmentation de la taille des levées de fonds des startups françaises. Nicolas Dufourcq a relevé que la banque avait des participations dans plusieurs « futures licornes » (valorisées un milliard de dollars) comme la biotech DBV (déjà cotée), Doctolib ou OpenClassrooms. Il se targue d'un retour sur investissement de 1,6 fois, soit la moyenne de la place « alors que nous prenons plus de risques dans la structuration de notre portefeuille, mais nous sommes entrés très tôt au capital de licornes françaises. »
À lire également
La filiale à 50% de la Caisse des Dépôts (l'Etat détient le reste du capital) est entrée au capital de plusieurs ETI comme Bénéteau, à la demande de la famille, ou Plastic Omnium Environnement, mais elle a très peu investi dans les grandes entreprises l'an dernier, en l'absence de situations spéciales nécessitant son intervention (comme le rachat de la participation de l'État dans le groupe PSA en 2017). Cela pourrait changer cette année, en cas d'attaque d'un actionnaire activiste, comme c'est le cas en ce moment du fonds Elliott sur Pernod Ricard.