Deeptech : Bpifrance lance un concours pour pousser les doctorants à créer leur startup
François Manens

Photo d'illustration
Charles Platiau
François Manens

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"Sortez du labo !" C'est le message envoyé en creux par Bpifrance aux nombreux doctorants et post-doctorants qui travaillent sur des technologies de rupture, ou deeptechs. A partir de juillet, ces chercheurs pourront présenter leur projet de création de startup au nouveau concours i-PhD de Bpifrance. Informatique quantique, biotechnologies, medtechs, intelligence artificielle... tout projet de recherche pouvant aboutir sur une innovation de rupture sera étudié.
Les lauréats auront accès à un parcours d'accompagnement spécifique d'un an, pour renforcer leurs compétences sur les aspects business, et les former aux enjeux spécifiques aux deeptechs. Les futurs gagnants auront également un accès privilégié aux nouveaux dispositifs de financement de Bpifrance. Le i-PhD vient en effet compléter le plan Deeptech dévoilé par le gouvernement au début de l'année et financé à hauteur d'environ deux milliards d'euros, qui se fixe pour objectif de doubler en cinq ans le nombre de startups issues de la recherche publique, et de créer un écosystème autour des deeptechs.
Depuis 2017, Bpifrance multiplie les initiatives pour la promotion des deeptechs. Issues de laboratoires privés ou publics, ces technologies de pointe doivent apporter des innovations de rupture sur leurs marchés et ainsi les révolutionner. Les entreprises capables de les amener à maturité se retrouvent ainsi avec un avantage compétitif considérable sur leurs concurrents. Le gouvernement mise sur les deeptechs pour développer l'industrie française, dont les innovations se fédèrent dans la French Fab.
Mais la France peine à développer ces startups d'élite au-delà de niches sectorielles . Aucune deeptech ne figure dans les cinq licornes françaises (OVH, vente-privee.com, BlaBlaCar, Deezer, Doctolib). Peu d'entre elles présentent un parcours similaire à Aledia, dont la technologie microLED pour les écrans, issue du laboratoire d'électronique et de technologie de l'information de Grenoble, a déjà récolté 80 millions d'euros de financements. Très peu de fonds européens peuvent émettre des tickets suffisants pour soutenir les deeptechs, d'où la multiplication des initiatives publiques, à l'échelle européenne et nationale. Pour attirer les fonds, Bpifrance veut répéter la méthode couronnée de succès de la French Tech :
Pour accompagner les futures startups lauréates du concours i-PhD, Bpifrance prévoit de mobiliser les SATT, les Sociétés d'accélération du transfert de technologie. Ces institutions proches des laboratoires publics ont pour objectif d'identifier les recherches pouvant faire l'objet d'un transfert de technologie vers l'entreprise, puis d'accompagner les chercheurs dans la démarche.
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Elles vont ensuite attribuer des licences d'exploitations sur les technologies issues de ces laboratoires à des entreprises, ou de plus en plus à des startups fondées par les auteurs de ces recherches. « Le but de ce passage de témoin est de permettre la continuité. On voit passer plus de 90% des startups de deeptechs dans tous les cas, et on peut ainsi mieux articuler l'accompagnement et le financement", développe Pascale Ribon. Les SATT auront ainsi un rôle essentiel dans l'accompagnement des lauréats du nouveau concours. En plus du concours i-PhD, Bpifrance organisera en septembre une tournée des universités avec la French Tech pour mobiliser les jeunes chercheurs.
François Manens