Apple : les iPhone pèsent moins de 50% du chiffre d'affaires

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Pour la première fois depuis 2013, les ventes d'iPhones pèse moins de 50% du chiffre d'affaires d'Apple.
Pour la première fois depuis 2013, les ventes d'iPhones pèse moins de 50% du chiffre d'affaires d'Apple. (Crédits : Andrew Kelly)
Si l'iPhone reste de loin le produit phare d'Apple, son poids dans les ventes de l'entreprise est amené à diminuer. Pour prendre son relais, l'entreprise californienne compte sur le succès de ses accessoires et sur sa transformation en entreprise de services.

Ce sont peut-être les prémisses de la fin d'une ère pour Apple. Pour la première fois depuis 2013, les ventes d'iPhone représentent moins de 50% de son chiffre d'affaires. Si les smartphones pèsent encore près de 26 milliards de dollars, leurs ventes ont chuté de 11,8% par rapport à l'an dernier. La faute à une concurrence exacerbée, notamment de la part des marques chinoises, et à une saturation du marché. Malgré la baisse des recettes tirées de sa vache à lait, Apple est parvenu à augmenter son chiffre d'affaires de 1% par rapport à 2018, à 53,8 milliards de dollars, après deux trimestres consécutifs en baisse.

D'un côté, la firme californienne a pu compter sur le reste de ses ventes de matériel (iPad, MacBook et accessoires), en progression de 19,8% à 16,3 milliards de dollars. De l'autre, les efforts consacrés au développement de ses activités de service (Apple Pay, App Store, Apple Music, iCloud...) portent leurs fruits, avec une augmentation des ventes de 12,6%, à 11,5 milliards de dollars. En conséquence, Apple a maintenu un bénéfice trimestriel à plus de 10 milliards de dollars, en baisse de 13% par rapport à l'an dernier mais supérieur aux prévisions. Ces résultats ont été suffisants pour rassurer les marchés, qui ont sanctionné l'annonce par une augmentation de 4% de l'action à la fermeture de la Bourse à New York.

L'iPhone pèse moins... en attendant 2020 ?

La sortie de l'Iphone X et de ses déclinaisons à l'été 2018 avait conduit Apple à des chiffres records. Mais face à la concurrence chinoise de Huawei, Oppo ou encore Xiaomi, l'entreprise américaine perd du terrain. Elle prenait 11,8% des parts de marché au premier trimestre 2019, contre 19,4% au dernier trimestre de 2017. Sur la même période, Huawei présente une dynamique inverse (selon IDC). Par ailleurs, le marché du smartphone stagne, ralenti par le manque d'innovation de rupture. Les consommateurs ne changent plus aussi rapidement de smartphone. La nouvelle génération de smartphones pliables, qui aurait pu débloquer la situation, accuse un important retard, après le lancement raté puis décalé du Samsung Galaxy Fold, et le report du Huawei Mate X. Mais malgré tout, la baisse des ventes d'iPhone s'avèrent moins importante que celle anticipée par les analystes.

"Les chiffres présentés par Apple vont être perçus de façon positive d'autant que de nombreux sceptiques cherchaient des signes de faiblesse sur le front de l'iPhone à cause des turbulences dans l'industrie du smartphone et en Chine", a tempéré pour l'AFP Daniel Ives, analyste chez Wedbush.

D'après les analystes, la prochaine génération d'iPhone, qui sortira en 2019, ne proposera que des améliorations de performances et de puissance. Il faudra probablement attendre 2020 pour voir émerger les premiers modèles compatibles 5G. Cette nouvelle technologie offrira une vitesse de téléchargement plus importante qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux usages. Les acteurs du secteur comptent sur cette nouveauté technologique pour convaincre les clients d'investir à nouveau plus de 1.000 euros pour renouveler leur smartphone.

Écouteurs et montres, nouvelle porte d'entrée dans l'univers Apple

Si les smartphones d'Apple se vendent moins, ce n'est pas le cas des accessoires qui l'accompagnent. Dans son bilan financier, le géant de la tech regroupe sous la même étiquette les AirPods (écouteurs sans fils), les Apple Watch (montre connectée), les HomePod (enceintes connectés) ou encore les écouteurs Beats (acquis en 2014). Cette division est en plein boom par rapport à l'an dernier, avec des ventes en hausse de 48% à 5,5 milliards de dollars. La seconde génération de AirPods a conforté le produit dans sa position de référence de son marché, encore peu concurrentiel, tandis que la quatrième génération d'Apple Watch a corrigé de nombreux défauts qui ralentissaient son développement.

Côté matériel, les ventes de Mac ont également augmenté de 16% par rapport à l'an dernier, tandis que celles d'iPad ont grimpé de 8% Ce sont des bons signes pour l'entreprise de Tim Cook. Apple a construit son succès sur son écosystème fermé, avec des synergies logicielles entre ses différents produits. A titre d'exemple, la fonction AirDrop permet un transfert de fichiers très simple et rapide entre les appareils de la marque sous iOS, mais pas avec d'autres appareils. Les consommateurs sont donc incités à acheter tous leurs produits électroniques chez Apple afin d'en profiter, dès lors qu'ils en possèdent un. Si jusqu'ici l'iPhone a été la principale porte d'entrée dans l'écosystème Apple, d'autres produits, comme les AirPods, pourraient prendre son relais. Ils fonctionnent sur Android, et ne nécessitent pas un iPhone. Mais ils pourraient attirer les consommateurs vers l'écosystème Apple, pour lequel ils sont optimisés.

Les services vont peser de plus en plus

Apple a entamé depuis un peu plus de trois ans son pivot vers les activités de services. Luca Maestri, directeur financier du groupe, a rappelé les objectifs pour 2020 : doubler la taille des activités de services par rapport à 2016, et atteindre les 500.000 abonnés payants dans l'écosystème Apple.

Lire aussi : Streaming vidéo : pourquoi Apple TV+ ne va pas tuer Netflix

En plus de Apple Pay et de Apple Music, le géant californien va lancer d'autres services d'ici la fin de l'année. D'abord une carte de crédit, Apple Card, dès août. Puis à l'automne suivront un service de jeux vidéo et surtout une plateforme de vidéo en streaming, Apple TV+, amenée à concurrencer Netflix.

"Il faut garder à l'esprit qu'il y aura des périodes d'essai de différentes longueurs pour tous ces services. La monétisation prendra un peu de temps", a tempéré Luca Maestri, face aux analystes.

D'un autre côté, Apple rencontre des résistances face à ses pratiques sur l'App Store. Le magasin d'application, unique point d'entrée pour atteindre les 900 millions d'iPhone, concentre près d'un tiers des ventes de la division service du groupe. Mais de plus en plus de développeurs pointent du doigt la marge prise sur les transactions de l'App Store, surnommée "taxe Apple". Spotify, principal concurrent de Apple Music, a même ouvert un dossier de plainte auprès des autorités européennes de la concurrence. L'entreprise suédoise aurait des difficultés à faire sa publicité sur l'App Store, ce que dément Apple.

L'entreprise se trouve ainsi à un tournant, avec d'un côté une diminution de son activité de constructeur, et de l'autre des activités de services en plein lancement. Pour son quatrième trimestre (juillet-août-septembre), Apple prévoit donc un chiffre d'affaires compris entre 61 et 64 milliards de dollars. Les investisseurs restent préoccupés par les possibles effets néfastes de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, où Apple fait assembler la plupart de ses appareils.

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a écrit le 12/08/2019 à 21:36 :
Et pendant ce temps, dans l'ignorance générale, un tsunami menace l'ensemble de l'électronique "high tech" mondiale : Les géométries des puces sont tellement petites que, lors du fonctionnement, le champ électrique (gigantesque ! environ 100 millions de volts par mètre !) déloge des atomes de leur emplacement. Et des atomes, il n'y en a pas beaucoup dans chaque transistor de 10, 7 voire 3 nanomètres.
La durée de vie d'une puce nanométrique tournant "plein pot" est de quelques centaines d'heures, quelques milliers tout au plus. Et voila pourquoi les fabricants multiplient les modes "sleep", "deep sleep", "very deep sleep" et j'en passe. Les processeurs passent le plus clair de leur temps à ne rien faire, les OS sont optimisés pour cela. Et du coup, les puissances de calcul affichées sont totalement "bidon".
À une époque, sur ses premiers iPhones, Apple utilisait des processeurs spécialisés par tâches à l'intérieur de leur processeur "maison". J'ignore s'ils ont continué dans cette voie…
En tout cas, une chose est certaine, à moins d'une percée en physique (suivie d'une percée technologique pour la mise en œuvre), c'est toute une industrie qui marche d'un pas décidé vers l'abîme, au rythme du marketing.
Bah, les économistes crieront au "cygne noir"…
a écrit le 02/08/2019 à 15:59 :
Apple va évidemment résister parce qu'il dispose d'une socle de consommateurs fidèles, persuadés que seul l'Iphone est bien ou simple à utiliser (en fait c'est juste parce qu'ils sont habitués à iOS). En tout cas je constate dans mon entourage que la bascule se fait progressivement. Moi même et beaucoup de mes amis avons lâché la marque à la pomme pour du Huawei ou du Samsung! Les gens n'ont peut être plus envie de mettre un SMIC pour acheter un smartphone...
Réponse de le 12/08/2019 à 21:14 :
Un "consommateur fidèle", par définition, c'est quelqu'un qui n'en n'est pas à sa première machine, et qui en général n'apprécie pas l'obsolescence programmée des machines comme des logiciels. Tout le contraire de la politique actuelle court-termiste d'Apple, donc.
a écrit le 01/08/2019 à 18:50 :
l'avenir sera la simplicité. apple a perdu la guerre des smartphones en vendant son iphone plus de 1000 € qui est devenu une usine à gaz pour justifier ce prix débile ! le premier iphone était simple, pratique et révolutionnaire...
aujourd'hui, dans tous les domaines, apple est suiveur... derrière netflix, spotify, microsoft... dans tous les services connectés, il n'est jamais premier ou précurseur comme naguère.
a l'instar de google, apple saoule et rentre dans les moeurs. et on commence aussi à détester apple (hautain, dispendieux).
a écrit le 01/08/2019 à 15:59 :
Apple a bien failli disparaitre dans les années 90 avant le retour de Steeve et l'invention du Ipod puis de l' Iphone en 2007. Comment faire pour se différencier? Cette compagnie pourrait bien disparaitre comme tant d'autres
Réponse de le 12/08/2019 à 21:00 :
Ce n'est pas l'iPhone qui a sauvé Apple, mais l'iMac (qui n'est d'ailleurs pas dû à Jobs, mais à Amélio, son prédécesseur direct) et à Mac Ox X (abondamment raillé par Gates et Dell à l'époque). Ceci dans un contexte d'ouverture totale à tout ce que le monde compte de développeurs, notamment Linux.
Cette ouverture n'est plus qu'un souvenir…
De même, la boutique iTune a été une bouffée d'oxygène pour les musiciens (puis les développeurs) qui ont pu vendre le fruit de leur travail en contournant les majors et les éditeurs. Dans ce contexte, le fait qu'Apple ne prenne _que_ 30% était une bonne affaire pour les "petits". Mais petit à petit, le système est passé de "vous pouvez" à "vous devez", se transformant en prison.
C'est d'ailleurs tout l'éco-système d'Apple qui vire à la zone barbelée, soit disant pour "nous protéger" (de nous, principalement…).

Quant à l'iPhone, oui, il a joué un rôle important dans l'enrichissement des actionnaires d'Apple (qui, soit dit en passant, ont longtemps ignoré la notion de "dividende"). Mais quand l'iPhone est arrivé, Apple était _déjà_ sauvé.
En ce moment, j'ai l'impression que les vieux démons de la "bonne gestion" reviennent…
a écrit le 01/08/2019 à 11:03 :
L'i phone arrive à son plateau comme tout produit de grande consommation; c'était prévu et les dirigeants d'Apple le savaient ( il n'y a quand France qu'on est surpris). Foxconn l'a planifié depuis longtemps.
Réponse de le 12/08/2019 à 22:03 :
L'histoire de l'iPhone est celle d'une fuite en avant, pour rester devant les suiveurs, "un contre tous". Il arrive un moment où toujours ajouter de nouvelles fonctionnalités n'apporte plus grand chose à l'utilisateur, du moins plus assez pour justifier les écarts de prix.
Ça me fait penser aux premières calculettes scientifique : la HP35 coutait un smic, et se vendait par correspondance (en découpant le bon de commande dans les réclames des journaux), faute d'avoir le moindre réseau de distribution. HP a créé le besoin (à l'époque des règles à calcul et des tables de log), le marché, le réseau de distribution, et les suiveurs ont commencé à apparaître. Pas en notation polonaise inverse (permettant une grande efficacité une fois qu'on a "pris le coup", mais aussi plus économe en transistors), mais avec des parenthèses et un signe "=". Il a fallu des années pour que TI, à coups de milliards, parvienne à égaler HP en termes de performances. Années pendant lesquelles on est passé du PMOS au NMOS puis au CMOS, et des écrans led au LCD , les machines sont devenues programmables (avec des cartes magnétiques pour le haut de gamme).
TI a fini par parvenir à vendre des modèles plus chers que les HP (ça vous rappelle quelque chose ?).
Et finalement HP a … laissé tombé le marché des calculettes, pour mettre des billes dans d'autres produits (mais la calculette sur votre ordinateur peut toujours fonctionner en "mode NPI").

C'est peut-être ce qu'Apple va faire un de ces jours, une fois trouvé une autre "vache à lait". S'ils en sont encore capable sous une direction a-technique, mais c'est un autre problème.
a écrit le 31/07/2019 à 19:03 :
Apple a mangé son pain blanc. Le smartphone est désormais une banalité, tout comme un lave linge ou un four à micro ondes.
Ce qui est (peut) être intéressant, ce sont les services proposés et le must dans ce domaine, c'est de proposer une monnaie... Facebook l'a bien compris avec son Libra.
a écrit le 31/07/2019 à 18:48 :
Je vais faire un constat simple, si l'iphone perd des parts de marché c'est que le nombre d'utilisateurs de l'univers Apple est en baisse même si d'un autre côté ils dépensent davantage en services et sont davantage enclins à acheter un autre terminal Apple (macpro etc...). Apple reste sur le choix d'un écosystème fermé mais ça ne marche que si ils offrent de meilleurs produits que la concurrence. Il y a quelques années l'iphone était et de loin bien meilleur que la concurrence, le macpro était la référence absolue. Maintenant l'iphone est égalé par les concurrents sur le segment ultra haut de gamme mais le macpro est surclassé par la concurrence sur ce segment.
Apple va payer très cher sa stratégie de développement des services au détriment de l'innovation et du hardware.

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