Ce que cache la querelle entre Apple et Facebook
Guillaume Renouard, à San Francisco
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Facebook: profit et chiffre d'affaires depassent les attentes au 1er trimestre
Toby Melville
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Facebook: profit et chiffre d'affaires depassent les attentes au 1er trimestre
Toby Melville
Rien ne va plus entre les Gafa. Fin janvier, une enquête de TechCrunch a révélé que Facebook rémunérait des utilisateurs, dont certains mineurs, contre le droit d'observer l'usage qu'ils font de leur téléphone, photos et conversations privées incluses, via une application baptisée Facebook Research. Si l'affaire a provoqué un tollé dans l'opinion publique, c'est d'Apple qu'est venue la réaction la plus virulente.
L'entreprise à la pomme a, en effet, bloqué l'application, et momentanément retiré à Facebook son certificat d'entreprise, qui lui permet de tester en interne des applications iOS n'ayant pas encore été rendues accessibles au public. Peu de temps après, lorsqu'il s'est avéré que Google possédait aussi son propre programme de collecte d'informations moyennant rémunération, Apple a appliqué la même sanction à l'entreprise de Sundar Pichai.
La crise n'a certes pas duré très longtemps : Apple a restauré les certificats de Facebook et Google quelques heures à peine après les avoir supprimés. Elle marque néanmoins un tournant. Au cours des dernières années, les grandes entreprises de la Silicon Valley ont presque toujours fait front commun. L'écrasante majorité d'entre elles ont ainsi soutenu Hillary Clinton contre Donald Trump lors de la dernière campagne présidentielle. Les Gafa se sont également tous opposés à la suppression de la loi sur la neutralité du Net et au durcissement des mesures visant à juguler l'immigration.
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Il semblait en effet admis que, si elles entraient parfois en concurrence, toutes ces entreprises partageaient les mêmes intérêts à faire valoir auprès du régulateur (politique migratoire flexible permettant de recruter facilement des talents, faibles régulations, etc.). Mais cette période semble aujourd'hui révolue. À mesure que les scandales autour de la vie privée se multiplient et que la perspective de sanctions plus sévères (amendes, voire démantèlement pur et simple, en vertu de la loi antitrust) se dessine pour les entreprises de la tech, celles-ci cherchent à montrer patte blanche en se distinguant des mauvais élèves, quitte à tirer à boulets rouges sur les alliés d'hier.
Guillaume Renouard, à San Francisco