Comment Auto-Ecole.net a percé dans la formation numérique

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« Nos professeurs gagnent en moyenne 1.800 euros nets par mois, contre 1.300 euros prévus par la convention collective. »
« Nos professeurs gagnent en moyenne 1.800 euros nets par mois, contre 1.300 euros prévus par la convention collective. » (Crédits : Auto-école.net)
Alors que la formation digitale est loin d'avoir trouvé son modèle, Auto-Ecole.net fondé par Stanislas Llurens est parvenu à s'installer dans le paysage de l'éducation routière. Selon son fondateur, les auto-écoles classiques sont menacées par les charges fixes qui leurs sont soumises...

Une question de méthodologie... Avec Auto-Ecole.net, Stanislas Llurens pense avoir révolutionné la pédagogie de l'éducation routière en la digitalisant. Le pari n'était pas simple, car la digitalisation de la connaissance et de l'enseignement a essuyé pas mal d'échecs comme les fameux Moocs (ces universités en ligne). Stanislas Llurens, lui, semble avoir décroché le sésame d'un modèle économique enfin vertueux.

« Nous avons lancé auto-école.net en 2014, et nous revendiquons déjà 23.000 élèves formés. Aujourd'hui, nous recrutons entre 1.000 et 1.500 nouveaux inscrits tous les mois », explique le fondateur.

Le concept de cette auto-école virtuelle repose sur une digitalisation maximum des contenus, la réduction des frais fixes jusqu'ici fondés sur le local, les plannings pas toujours remplis, le secrétariat...

Stanislas Llurens utilise le big data pour améliorer son approche pédagogique en créant des outils de prédiction de l'échec et de détection des faiblesses à améliorer. Résultat, Auto-Ecole.net affiche des taux de réussite supérieurs à la moyenne nationale : 90% de réussite au code contre 60% en moyenne, et 55% de réussite à la conduite en un passage, et jusqu'à 80% avec deux passages.

L'enjeu des plannings

Sur la partie conduite, l'enjeu pour Auto-école.net est d'optimiser le temps d'utilisation des voitures et du planning des moniteurs.

« L'ennemi de l'auto-école, ce sont des plannings pas remplis », souligne Stanislas Llurens, « c'est ce qui consume nos marges ».

« Nous avons 100 enseignants salariés, nous avons fait le choix de les recruter avec des contrats, et non pas en auto-entrepreneur », explique Stanislas Llurens qui revendique une politique salariale bien plus avantageuse : « Nos professeurs gagnent en moyenne 1.800 euros nets par mois, contre 1.300 euros prévus par la convention collective. »

Malgré cette politique salariale généreuse, Auto-Ecole.net affiche des tarifs extrêmement compétitifs entre 30 et 40% moins chers qu'une auto-école classique.

Le site veut aller encore plus loin en améliorant ses outils de formation afin de baisser le nombre d'heures nécessaires pour obtenir le permis. L'entreprise consacre près de 10% de son chiffre d'affaires à la R&D, notamment dans le développement des algorithmes et des outils de traitement des données. Stanislas Llurens estime néanmoins qu'il a atteint un plafond dans la constitution des marges et que c'est désormais la hausse du chiffre d'affaires qui doit permettre de dégager des économies d'échelle et in fine, améliorer la marge bénéficiaire.

Doubler le chiffre d'affaires

Il espère doubler son activité chaque année pendant les trois prochaines années. Il doit pour cela recruter des moniteurs. Un enjeu majeur mais qu'il estime à portée de main. « Le marché va probablement se consolider dans les prochaines années, et les artisans étouffés par les charges ne seront plus compétitifs », pronostique Stanislas Llurens.

Ce spécialiste du droit n'en est pas à son premier coup d'essai dans la digitalisation de l'enseignement. En 2003, il avait lancé une formation en droit, déjà digitalisée, la première du genre. Il revend le CFJ au fond Active Capital en 2012. C'est avec l'argent récolté de cette cession qu'il lance Auto-Ecole.net. Ainsi, Stanislas Llurens aura prouvé par deux fois que la formation digitalisée, cela fonctionne...

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Commentaires
a écrit le 22/12/2017 à 21:20 :
Stanislas Llurens : attention ton business va sauter avec l'arrivée des véhicules sans conducteurs
a écrit le 21/12/2017 à 16:09 :
Chapeau bas ! Un modèle économique très cohérent, en droite ligne de ce que le numérique peut apporter de mieux. Et je crois me souvenir que la partie n'était pas gagnée d'avance. Bravo.

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