Les patrons d'auto-école dans la rue contre "l'ubérisation" de leur profession

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Pour les patrons d'auto-école, la dématérialisation de l'inscription au permis de conduire est la ligne rouge qui annonce l'ubérisation de leur profession.
Pour les patrons d'auto-école, la dématérialisation de l'inscription au permis de conduire est la "ligne rouge" qui annonce l'ubérisation de leur profession. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Les patrons d'auto-écoles se mobilisent mardi dans plusieurs villes de France, à l'appel de leurs deux principaux syndicats (CNPA et Unidec), contre la dématérialisation de l'inscription au permis de conduire, symbole d'une "uberisation" en marche de leur profession.

La dématérialisation de l'inscription au permis de conduire ne passe pas. A l'appel de leurs deux principaux syndicats (CNPA et Unidec), les patrons d'auto-écoles vont faire entendre leur mécontentement dans la rue, mardi 18 avril. En cause : "l'ubérisation" à toute allure de leur profession. Des opérations escargots sont prévues mardi matin à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Nantes.

La porte ouverte aux plateformes digitales

Pour le président du CNPA-Education routière, Patrice Bessone, cette possibilité d'inscription à distance, "c'est la ligne rouge".

Elle se fait habituellement en préfecture. Mais "avec le plan Préfectures Nouvelle Génération qui prévoit des fermetures de guichets, on va permettre aux personnes de le faire à distance, ou via les plateformes internet qui vont en faire un business", explique le dirigeant du premier syndicat d'auto-écoles.

"C'est la porte ouverte aux plateformes digitales employant des moniteurs indépendants illégaux avec sa généralisation de travail dissimulé (non-paiement des charges sociales, TVA, etc...)", abonde l'Unidec, deuxième organisation représentative, dans un communiqué dénonçant une "uberisation de (la) profession au travers d'une dématérialisation des dossiers d'inscription non contrôlée et ouverte à tout va".

Crainte d'un enseignement low-cost et de faible qualité

"On perd la solennité de la démarche et on va généraliser un enseignement à bas coût", dont la qualité pédagogique n'est pas toujours avérée, estime Patrice Bessone: "Les jeunes subiront une double peine: ça leur coûtera au final plus cher financièrement (s'ils doivent passer plusieurs fois l'examen, ndlr) et aussi en termes d'accidentalité puisqu'ils n'auront pas un socle d'éducation routière solide".

Pour lui, cette dématérialisation "se fait sous la pression des plateformes en ligne qui vont mal financièrement et veulent se relancer". Face au ministère de l'Intérieur qui "ne nous répond pas clairement", les syndicats demandent à être reçus par le cabinet du Premier ministre "pour qu'il fasse un arbitrage".

"On ne demande pas un monopole, on n'est pas contre l'inscription libre. On souhaite juste qu'elle se fasse sur une borne en mairie, comme pour la carte d'identité ou les passeports", explique M. Bessonne.

Un secteur de 25.000 salariés en France

Les deux syndicats avaient mobilisé plusieurs centaines de patrons d'auto-écoles dans une opération similaire fin février 2016 pour demander notamment le report de la nouvelle épreuve du code de la route. Plus de 300 véhicules avaient défilé dans la capitale et plusieurs centaines dans d'autres villes de France, perturbant largement la circulation.

En 2015, la France comptait 11.000 exploitants d'auto-écoles, employant 25.000 salariés, enseignants et personnel administratif confondus.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 18/04/2017 à 14:46 :
Bien fait pour leur visage: l'auto école à côté de chez moi n'est même pas fichue de répondre au téléphone. Je ne vais pas pleurer sur leurs sort!
a écrit le 18/04/2017 à 14:45 :
un formulaire d'inscription en ligne et c'est l'uberisation??
ça a donc commencé il y a un bout de temps, dès internet dans les chaumières presque
a écrit le 18/04/2017 à 12:47 :
Il va falloir que les porteurs d'eau réalisent que le monde évolue. Le problème n'est pas l'ubérisation, mais l'égalité de traitement des acteurs du même secteur, notamment l'harmonisation de la fiscalité, des compétences et des exigences :-)
a écrit le 17/04/2017 à 18:53 :
Malheureusement c'est le pot de terre contre le pot de fer : 11.000 auto-écoles pour 27.000 salariés, ça fait une moyenne à peine supérieure à 2 salariés par entreprise !!!
et pendant ce temps, l'état favorise des groupes financiers qui se foutent royalement de la sécurité routière : ils sont dans l'enseignement de la conduite comme ils pourraient être dans la messagerie rose !!! Toute leur force est dans leur puissance financière !!! D'ailleurs, pourquoi PERMIGO a déposé le bilan début avril, laissant plus de 10.000 élèves sur le carreau ? ... parceque PERMIGO n'a pas réussi une levée financière qui lui aurait permis de continuer à travailler à perte le temps que les 11.000 petites auto-écoles boivent le bouillon !!!
Vive l'uberisation : qui sont gagnant ? les clients ? demandez donc aux 10.000 clients qui ont perdus en moyenne 800€ chacun !!! A non : ils ne sont pas au courant !!
D'ailleurs, en ce moment, sur leur site internet, PERMIGO est même descendu à 699 € le permis : y a-t-il encore des gogos pour se faire plumer ??
Réponse de le 18/04/2017 à 15:47 :
"a fait une moyenne à peine supérieure à 2 salariés par entreprise !!!

Soit deux fois plus que des auto-entrepreneurs
a écrit le 17/04/2017 à 12:27 :
Soyons cohérent !!!
Si on doit ramener la formation à la conduite au "tout internet", alors faisons de même pour tout enseignement : fermons écoles, collèges, lycées, facs, ... Tout par internet !! Que d'économies en perspective !!!!
Et si on doit afficher les taux de réussite des auto-écoles (alors que ce sont les élèves qui passent l'examen, pas l'auto-écoles !), alors affichons les résultats de chaque profs en France, affichons le résultat de chaque avocat (combien de procès gagné !), de chaque parlementaire (combien de proposition de loi qui ont abouties) !!!!
a écrit le 17/04/2017 à 9:40 :
Ce gouvernement change les méthodes sans changer la loi. Peut-on rappeler aux ministres concernés, et en particulier au Ministère de l'intérieur, qu'il est totalement illégal d'enseigner la conduite si l'on n'a pas passé l'examen ad hoc? Et qu'il est illégal de le faire si l'on n'a pas un siège social permettant d'accueillir les stagiaires?
Que font ces plateformes? Et que font tous les "enseignants" qui s'inscrivent sur le Bon Coin et autres sites d'annonces? Ils sont hors la loi, et le gouvernement laisse faire...
Et ensuite, "on" dira que le taux d'accident est en augmentation! Et "on" dira que c'est la faute des conducteurs! Alors que la formation de base aura été massacrée!
a écrit le 17/04/2017 à 9:02 :
"Les syndicats demandent à être reçus par le cabinet du Premier ministre pour qu'il fasse un arbitrage"...

Papa, il me prend mon jeu !
L'enfant encore immature cherchera toujours par l'intermédiaire d'une autorité (parent, maître(sse) d'école...) à faire régler sa condition qu'il considère comme injuste vis à vis de celui qu'il perçoit comme plus fort que lui.
Il s'agit donc pour l'enfant de bien grandir pour se préparer aux contraintes de la réalité dans sa vie d'adulte.

Mais la peur de manquer, de perdre, n'amène-telle pas l'individu adulte à une régression psychique à son monde d'enfant ?
Crier ou s'adapter ?
Réponse de le 18/04/2017 à 12:39 :
... sauf qu'il s'agit en l'espèce d'une profession réglementée ! Enseigner la conduite nécessite un agrément préfectorale, et celui-ci impose d'avoir des locaux pour accueillir le client dans de bonnes conditions : obligation que ne respecte ABSOLUMENT PAS les plateformes sur internet !!!! C'est pour ça que, voyant que le ministère laisse faire, les professionnels demandent l'intervention du premier ministre ...
a écrit le 17/04/2017 à 2:37 :
Au fait : depuis début avril 2017, 10.000 élèves se retrouvent sur le carreau grâce au dépôt de bilan de PERMIsGO !!! consigne interne: éviter toute panique des élèves en ne les informant surtout pas !!!
Alors l'uberisation de la formation au permis de conduire est-elle VRAIMENT dans l'intérêt des élèves : j'en doute !!!
De toutes façons, un moniteur auto-école gagne en moyenne 12€ de l'heure (brut!) ... alors comment espérer baisser les coûts ? en tout cas, ce n'est certainement pas en privatisant l'examen de code et en rajoutant une redevance de 30€ par examen de code !!!
a écrit le 17/04/2017 à 2:30 :
A ceux qui soutiennent l'uberisation de la formation à la conduite, je pose la question :
Si seule compte la baisse du coût de la formation , alors il faut également exiger la fermeture des collèges et lycées, et demander que seule soit maintenue une formation des collégiens et lycéens par correspondance !! Bonjour les économies !!(et les cancres !!)
Mais comment souhaiter toujours plus de profs en collèges, en lycées et en études supérieures (alors qu'il s'agit de théories) et en même temps, souhaiter que la formation à la pratique de la conduite soit uberiser via internet !!!
De même, comment peut-on exiger la diffusion des taux de réussite des auto-écoles, et en même temps exiger des auto-écoles de présenter les candidats qui souhaitent aller à l'examen sans exigence de niveau ?? Si l'on doit afficher les taux de réussite des auto-écoles, que le gouvernement affiche également le taux de réussite des avocats par exemple !!! et celle de chaque professeur !!!
a écrit le 16/04/2017 à 17:40 :
J'en ai discuté l y a quelques semaines avec un moniteur d'auto école et en effet leurs revendications sont plus que légitimes. Les gens sont quand même bien formés dans les auto école je ne vois pas déjà pourquoi on leur a supprimé le code et pourquoi on met en place un énième dumping social déguisé.

Contre notre système en marche forcée seule la mobilisation et les manifestations ont une chance d'aboutir sinon à terme la machine néolibérale va nous engloutir.

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