Contrefaçon : Alibaba s'allie aux grandes marques pour poursuivre sa lutte

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L'objectif de cette alliance est d'accentuer l'échange d'informations entre la plateforme et les marques pour détecter les faux articles, les retirer de la vente et poursuivre les délinquants.
L'objectif de cette alliance est d'accentuer l'échange d'informations entre la plateforme et les marques pour détecter les faux articles, les retirer de la vente et poursuivre les délinquants. (Crédits : © Aly Song / Reuters)
Le géant chinois de l'e-commerce est à l'origine d'une alliance avec 20 grandes marques pour lutter contre la contrefaçon via un échange d'informations entre les parties.

Le géant de l'e-commerce chinois, Alibaba, fait un pas supplémentaire dans la lutte contre la contrefaçon. La société du milliardaire Jack Ma a annoncé lundi la création de l'Alliance Big Data contre la contrefaçon, un partenariat lié avec 20 grandes marques dont Samsung, Swarovski et le français Louis Vuitton. L'objectif est d'accentuer l'échange d'informations entre la plateforme et les marques pour détecter les faux articles, les retirer de la vente et poursuivre les délinquants.

Par cette nouvelle étape, Alibaba veut montrer sa volonté d'accentuer sa lutte anti-contrefaçon. Le chinois utilise déjà algorithmes, intelligence artificielle et machine learning pour détecter les produits contrefaits. Il prétend scanner environ 10 millions de produits proposés sur ses plateformes par jour. Sur douze mois, l'opération lui a permis d'identifier puis de retirer 380 millions de produits contrefaits de ses offres, et de faire fermer boutique à 180.000 vendeurs. Environ 200 personnes travaillent exclusivement à la lutte contre la contrefaçon chez Alibaba.

Enfin, l'e-commerçant poursuit actuellement en justice deux commerçants basés à Shenzhen en Chine, accusés notamment d'avoir vendu 125 fausses montres Swarovski sur Taobao, chef de file des sites d'Alibaba, et d'autres produits pour une valeur totale de 28,7 millions de dollars.

Sur liste noire aux Etats-Unis

Alibaba met les bouchées doubles car sa réputation est mise à mal par ces affaires de contrefaçon. En décembre dernier, le représent spécial au Commerce américain (USTR) a placé le site Taobao sur sa liste noire des plateformes permettant la vente de produits contrefaits. L'USTR dénonce un niveau "élevé inacceptable" de produits contrefaits disponibles sur Taobao, qui propose un milliard d'articles à la vente. Le chinois avait déjà figuré sur cette liste noire en 2011, avant d'en sortir un an plus tard. Il a par la suite dépensé 160 millions de dollars pour traquer les fraudeurs entre 2013 et 2014.

En 2015, le groupe français Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, etc.) avait porté plainte contre Alibaba, accusé d'encourager la vente de produits contrefaits, notamment de sacs à main Gucci. La même année, une inspection menée par l'administration chinoise avait révélé que seuls 37,3% des produits étaient "authentiques" sur Taobao. La justice américaine a rejeté en partie la plainte de Kering en août 2016, estimant que les preuves étaient insuffisantes concernant une quelconque entente entre les vendeurs et Alibaba.

Reste que malgré les efforts du géant de l'e-commerce, les déclarations de Jack Ma continuent de semer le trouble sur l'implication de la plateforme dans le business de la contrefaçon. Le patron d'Alibaba avait en effet déclaré en juin dernier que les produits contrefaits étaient de "meilleure qualité" et vendus à des "meilleurs prix", que les articles authentiques...

Amazon et eBay sont aussi concernés

Alibaba n'est pas le seul concerné par cette problématique. Amazon et eBay ont également des difficultés à vérifier l'authenticité des produits proposés à la vente sur leur plateforme... et surtout tardent à prendre le problème à bras le corps. Amazon n'a annoncé qu'en novembre dernier la mise en place d'un dispositif de lutte contre la contrefaçon. Celui-ci consiste dans un premier temps à encourager les marques à s'enregistrer sur la plateforme puis, dans un second temps, à obliger les commerçants à lister leurs produits pour prouver qu'ils ont l'autorisation des marques pour les vendre en ligne.

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