La Chine renforce sa censure d'Internet en bloquant Skype

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Skype n'est plus téléchargeable depuis l'App Store chinois et les boutiques Android locales.
Skype n'est plus téléchargeable depuis l'App Store chinois et les boutiques Android locales. (Crédits : REUTERS/Dado Ruvic)
L'application de messagerie appartenant à Microsoft est bloquée en Chine depuis un mois. La censure de Skype est loin d'être un cas isolé puisque Pékin instaure un strict contrôle d'Internet depuis quelques mois.

Facebook, Twitter, Google, Instagram, YouTube... Et maintenant, Skype. L'application de téléphonie par Internet, appartenant à Microsoft, n'est plus disponible au téléchargement sur smartphone en Chine. Cette censure, qui durerait depuis un mois, a provoqué un tollé chez les utilisateurs chinois, selon le New York Times. Skype n'est plus téléchargeable depuis l'App Store chinois et les boutiques Android locales, a constaté l'AFP. Mais les utilisateurs disposant déjà de l'application sur leur téléphone peuvent cependant continuer à s'en servir normalement pour l'instant.

Skype a été "temporairement supprimé" de l'App Store, a affirmé mercredi un porte-parole de Microsoft auprès du New York Times. L'entreprise information "travaille pour réinstaller l'application le plus tôt possible".

"Nous avons été informés par le ministère de la Sécurité publique qu'un certain nombre d'applications de voix sur IP ne sont pas conformes aux lois locales, par conséquent ces applications ont été retirées de l'App Store en Chine", a indiqué de son côté Apple dans un communiqué transmis par courrier électronique.

Le géant californien n'a pas précisé quelles lois ces applications avaient violées. Ce n'est pas la première fois qu'Apple se plie aux exigences du régime communiste : en janvier, la Pomme croquée a supprimé de son App Store l'application du New York Times sur la demande des autorités locales.

Stockage de données sur le sol chinois

Pékin, qui impose depuis longtemps un strict contrôle d'Internet, met en œuvre depuis juin une loi controversée sur la cybersécurité. Adoptée en novembre dernier, cette mesure permet au gouvernement de renforcer son emprise sur les compagnies étrangères de tech présentes sur son territoire en instaurant l'obligation pour celles-ci de stocker les données de leurs utilisateurs sur le sol chinois.

"La Chine est une puissance Internet mais c'est l'un des pays qui fait face aux plus grands risques de failles de sécurité. Elle a besoin d'établir et de perfectionner d'urgence les systèmes juridiques pour la sécurité des réseaux", avait alors justifié Yang Heging, officiel du parlement chinois, selon Reuters.

Skype n'est pas un cas isolé

L'application de messagerie WhatsApp a par ailleurs été la cible d'un blocage intermittent le mois dernier à la période où se tenait le congrès du Parti communiste au pouvoir. Le blocage de Skype est donc loin d'être un cas isolé. Le blocage de sites Internet occidentaux, comme Facebook, peut être contourné par des logiciels appelés "réseaux privés virtuels" (VPN). Cette technologie permet de relier deux systèmes informatiques à distance via un "tunnel" virtuel, permettant aux particuliers notamment de contourner la censure instaurée sur Internet. Ainsi, de nombreux intellectuels et dissidents chinois utilisent des VPN pour publier sur Facebook, Twitter ou YouTube depuis l'intérieur du pays. Alors que la Chine compte le plus grand nombre d'internautes au monde - 731 millions fin 2016 - le pays est réputé pour sa politique de censure, connue sous le nom de "Great Firewall of China" (en français, Grande Muraille électronique de Chine). La Chine a été le premier pays à restreindre drastiquement l'utilisation de VPN en janvier dernier.

| Lire aussi Chine, Russie... Pourquoi parle-t-on des VPN, ces logiciels anti-censure ?

Le retrait de l'application Skype des boutiques d'applications intervient avant l'organisation début décembre par la Chine de sa quatrième Conférence mondiale de l'internet. Cet événement annuel est organisé dans l'est du pays en présence de plusieurs géants technologiques mondiaux, mais est décrié par des organisations de défense des droits de l'Homme pour sa promotion d'un contrôle accru du web.

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 22/11/2017 à 19:15 :
Il y a quelques jours il n'y en avait que pour Tencent dont tout les médias de masse, portes paroles de l'oligarchie, ne tarissaient pas d'éloges, or si Tencent est aussi puissante qu'elle est c'est grâce au protectionnisme chinois.

Censure ou protectionnisme ? Un peu des deux puisqu'on se doute que la Chine va promouvoir sa multinationale à elle qui pourra se développer très vite grace à son énorme marché intérieur et ensuite il faudra faire avec un géant qui pourra forcément rentrer sur le marché mondiale en cassant les prix.

Mais du coup que faire de la règle néolibérale anti-protectionisme dans ce monde marchand ou tous les pays en font ? Mais voilà ils ne le font pas pour sauvegarder les intérêts des citoyens mais seulement ceux de leurs milliardaires. Donc le protectionisme quand c'est pour protéger les intérêts du plus grand nombre c'est interdit mais quand c'est pour protéger l'argent des milliardaires c'est autorisé.

CQFD
a écrit le 22/11/2017 à 18:21 :
Souveraineté nationale c'est ce que demande les français!
a écrit le 22/11/2017 à 17:46 :
ils ne bloquent pas l'internet, ils bloquent les boites non chinoises........ faites nous un article sur les boites qui se developpent en remplacement, ca sera plus limpide......... evidemment, dans un tel cas de figure, par retour de politesse il faut faire pareil
Réponse de le 23/11/2017 à 8:41 :
c est surtout pour censurer et controler. Xi ne souhaite pas tant se remplir les poches ou developper un concurrent de skype (il s en fout surement a moins que ledit concurrent a un membre de la noblesse rouge comme actionnaire) que controler la population et assurer le regne du PCC

N oubliez pas que vous avez en face de vous des disciples de Lenine, pas des epiciers. Ils ont evacué le cote ideologique de communisme mais pas le cote repressif

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