Alors que Lina Khan, considérée par certains comme le cauchemar des Gafam, vient d'être intronisée à la tête de l'antitrust américain, l'étau se resserre un peu plus autour des grandes multinationales technologiques. Cette-fois ci, il n'est pas encore question de démantèlement, mais il s'agit pour les élus américains de s'attaquer à l'or numérique de ces géants, à savoir les données. Et, dans un second temps, de porter un coup aux environnements fermés que sont les services construits par ces géants. C'est une bonne partie du leur modèle économique, basé sur l'économie des plateformes numériques, qui pourrait être atteinte.
"L'Amérique en a assez", a claqué le démocrate David Cicilline, président de la sous-commission sur l'antitrust, lors de la séance de mercredi 23 juin, après 15 mois d'enquêtes et d'auditions sur les pouvoirs accumulés par les Gafa. La "Big tech" est de son côté vent debout contre ces nouvelles dispositions législatives, mentionnant une menace pour le leadership technologique américain face aux Chinois et un risque pour la confidentialité des données des usagers.
La commission judiciaire américaine va en effet recommander au Parlement une proposition de loi qui imposera la "portabilité" des données et l'"interopérabilité" des services. Les utilisateurs de Messenger, Instagram ou WhatsApp (propriétés du groupe Facebook) pourraient alors plus facilement quitter ces messageries, emmenant avec eux leurs contacts et infos personnelles. "Si vous ne pouvez pas déplacer vos informations, vous êtes prisonnier de la plateforme", a argumenté la démocrate Zoe Lofgren.