Pourquoi les Gafa entrent dans la bataille face à Netflix

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Le réalisateur M. Night Shyamalan prépare une série pour Apple.
Le réalisateur M. Night Shyamalan prépare une série pour Apple. (Crédits : Reuters)
Les géants du Net Google, Apple, Facebook et Amazon veulent avant tout gagner la guerre de l'attention. Ils considèrent les contenus comme des moyens de faire rester le plus de temps possible leurs utilisateurs dans dans leur immense écosystème de produits et de services.

Vous en voulez encore ? En plus de tous les studios hollywoodiens, les géants du Net, c'est-à-dire les entreprises du même ADN que Netflix, veulent aussi leur part du gâteau du streaming vidéo. Leur raisonnement est différent : alors que les studios jouent leur survie à l'ère du numérique et de la désertification de la télé traditionnelle, les géants du Net veulent avant tout gagner la guerre de l'attention, c'est-à-dire faire en sorte que leurs utilisateurs restent le plus de temps possible dans leur immense écosystème de produits et de services. Autrement dit, les Google, Apple, Facebook et Amazon considèrent surtout le streaming vidéo, et tous les contenus en général, comme un produit d'appel et un moyen de diversifier leurs revenus ou d'engranger toujours plus de données personnelles.

Lire aussi : Netflix vs Hollywood : demain, la guerre des prix

Pour Amazon, les contenus sont un produit d'appel

Parmi les Gafa, Amazon a été le premier à se lancer. Sa plateforme Amazon Prime Video, qui a véritablement décollé avec sa série originale Transparent en 2014, est conçu comme une cerise sur le gâteau: proposé gratuitement aux abonnés Amazon Prime le premier mois, le service coûte ensuite 5,99 euros par mois. D'après la presse américaine, entre 90 et 100 millions de personnes dans le monde l'utiliseraient - beaucoup moins que les 137 millions de Netflix -, mais l'offre de contenus originaux y est largement inférieure.

Google, via sa plateforme YouTube qui concentre à elle seule 46 % de la consommation de musique en streaming dans le monde, a une belle carte à jouer, notamment auprès des jeunes. Son offre YouTube Premium, lancée en France en 2018 pour 11,99 euros par mois, comprend l'offre Music Premium - streaming audio qui concurrence Spotify et Apple Music -, tous les films et émissions YouTube Originals (comme la série Cobra Kai, un grand succès chez les ados), et offre aussi la possibilité de regarder et de télécharger n'importe quelle vidéo sur YouTube sans subir les publicités.

Enrichir l'écosystème, séduire les jeunes

Contrairement aux autres, Facebook ne prend pas la peine de créer une « vraie » plateforme. Comme Messenger à ses débuts, Facebook Watch, lancé en France en septembre 2018, est un simple onglet de Facebook. Il permet de « découvrir des contenus et d'en discuter avec ses amis, avec d'autres fans, voire avec les créateurs eux-mêmes », d'après le réseau social. En plus de mettre en avant des vidéos populaires ou du contenu publié par ses amis et les pages que l'on suit, Facebook Watch a vocation à proposer du sport et des séries originales, comme Queen America, avec Catherine Zeta-Jones. Poursuivant la même logique, le réseau social concurrent Snapchat a aussi produit une douzaine de séries originales en 2018.

Enfin, Apple lancera sa plateforme début 2019 aux États-Unis puis dans le reste du monde, avec une stratégie similaire à celle d'Amazon, c'est-à-dire que le service sera d'abord gratuit pour tous les clients d'Apple. L'offre sera composée de contenus originaux - 1 milliard de dollars investis en 2018, une quinzaine de projets déjà annoncés -, de films et de séries sous licence, ainsi que d'un accès à certaines chaînes payantes. Quelques grandes stars - Oprah Winfrey, M. Night Shyamalan, Jennifer Aniston, Reese Witherspoon... - se sont déjà engagées pour un ou plusieurs projets.

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Qui aura la peau de Netflix ? Retrouvez les autres articles de notre Dossier spécial dans La Tribune Hebdo n°267 daté du 2 novembre 2018 :

H267

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Commentaires
a écrit le 14/11/2018 à 8:18 :
Qu'internet aille vers la télé ne peut que tenir celle-ci sous respiration artificielle, maintenant cette ruée sur ce vieux média obsolète va certainement du coup faire des dégâts.

Maintenant il est cocasse que les acteurs d'internet qui se lancent dans la télévision parient sur la qualité, se concurrencent même sur la qualité une vraie nouveauté, forcément cette dernière ne peut pas comprendre ce qui lui arrive...

OPA sur la télévision, cela va peut-être réveiller la morte.

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