Sécurité et respect des données : le difficile mais indispensable pivot de Facebook

Guillaume Renouard, à San Jose
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Facebook bannit des figures de l'extreme droite americaine
Eric Gaillard

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Facebook bannit des figures de l'extreme droite americaine
Eric Gaillard
Comme chaque année, Facebook organisait, les 30 avril et 1er mai derniers, sa conférence annuelle dédiée aux développeurs, à San Jose, au sud de la Silicon Valley. Une grand-messe annuelle qui signe immanquablement l'heure des bilans et des nouvelles projections pour l'entreprise, qui se trouve à la croisée des chemins. Malgré une insolente bonne santé économique, l'entreprise est empêtrée dans une série de scandales dont elle peine à se sortir.
Rien que depuis le mois de janvier, Facebook a dû faire face à la révélation d'un programme consistant à rémunérer les utilisateurs (dont certains mineurs) pour espionner leurs activités sur mobile ; la découverte de 540 millions de fichiers utilisateurs exposés sur un cloud public ; celle d'une faille ayant permis à plusieurs entreprises partenaires de Facebook d'accéder aux conversations privées des utilisateurs. S'y ajoute une amende à venir de la Federal Trade Commission pour... violation de la vie privée, dont le montant reste à déterminer, mais qui devrait chiffrer entre 3 et 5 milliards de dollars.
Dans ce contexte tendu, Facebook se devait donc de rassurer ses utilisateurs. Une tâche à laquelle Mark Zuckerberg s'est attelé dès les premières secondes de sa keynote d'ouverture : « Aujourd'hui, nous allons voir comment construire un réseau social centré sur la protection de la vie privée », a-t-il attaqué en arrivant sur scène. Si la tenue est aussi sobre que d'ordinaire (pantalon noir et t-shirt à manches longues gris), le discours s'est infléchi, le CEO tenant visiblement à montrer qu'il prend les failles de son entreprise en matière de cybersécurité très au sérieux. Le mot « privacy » (« vie privée ») revient en permanence, et la phrase « The future is private » (« le futur est privé ») est répétée comme un leitmotiv.
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Mais Mark Zuckerberg a bien conscience qu'il lui faudra davantage que des mots pour convaincre. Aux cris d'enthousiasme poussés par les employés d'Apple aux premiers rangs, répondent le silence et les mines sceptiques d'une partie du public.
Guillaume Renouard, à San Jose
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