Vers un bannissement de Google Analytics en Europe ?
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Nouveau séisme dans le rapport de force entre l'Europe et les Etats-Unis sur le transfert de données transatlantiques. Le défenseur français de la vie privée, la Cnil, a annoncé ce jeudi la mise en demeure d'un éditeur qui utilisait l'outil Google Analytics, qui est un service gratuit de Google qui permet d'analyser l'audience d'un site web. La raison ? La Cnil a qualifié d'illégaux les transferts de données vers les Etats-Unis.
Saisie par l'ONG autrichienne de défense de la vie privée NOYB ("None of Your Business": "ce ne sont pas vos affaires"), la Cnil a estimé que les conditions de transfert des données collectées par cet outil statistique, faute d'encadrement, pouvaient exposer les utilisateurs français à des programmes de surveillance aux États-Unis. Car ces données, même hébergées en Europe, peuvent être récupérées par les autorités américaines (NSA, FBI, CIA...) en vertu du Cloud Act, sans en informer les utilisateurs.
Cet éditeur -dont la Cnil n'a pas dévoilé le nom- dispose désormais d'un mois pour se conformer au règlement européen sur la protection des données (RGPD), en cessant d'utiliser l'outil Google Analytics dans les conditions actuelles. Passé ce délai, il pourra faire l'objet de sanctions.
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La décision de la Cnil est majeure et pourrait avoir des conséquences importantes sur le web européen. Car Google Analytics est un mastodonte. Omniprésent, il est déployé sur des millions de sites web et pèse à lui seul 80% du marché mondial de "l'analytics", c'est-à-dire la récolte de statistiques sur la fréquentation d'un site. Son tableau de bord est l'outil de référence pour de nombreux éditeurs, il est l'indicateur de référence pour comprendre le trafic. Il sert donc, pour beaucoup d'éditeurs, de co-pilote de la stratégie éditoriale.