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En Pologne, le gouvernement pro-européen de Donald Tusk limoge les dirigeants des médias publics

latribune.fr

Publié le 20 décembre 2023 à 14:50 - Mis à jour le 20 décembre 2023 à 14:50

La coalition dirigée par le Premier ministre pro-européen Donald Tusk a pris désormais les rênes du pays et s'engage à réformer notamment la télévision et la radio d'État.

La coalition dirigée par le Premier ministre pro-européen Donald Tusk a pris désormais les rênes du pays et s'engage à réformer notamment la télévision et la radio d'État.

ALEKSANDRA SZMIGIEL

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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L'équipe dirigeante des médias d'Etat en Pologne a été licenciée, a annoncé le ministère polonais de la Culture. La nouvelle coalition dirigée par Donald Tusk entend ainsi réformer les médias publics, considérés comme un outil de propagande du gouvernement sortant.

Le ministère polonais de la Culture a annoncé ce mercredi avoir licencié l'équipe dirigeante des médias d'Etat, largement considérés comme un outil de propagande du précédent gouvernement populiste. Pour rappel, le parti populiste nationaliste Droit et Justice (PiS), en exercice durant huit ans, a perdu le pouvoir à l'issue des élections législatives d'octobre. La coalition dirigée par le Premier ministre pro-européen Donald Tusk a pris désormais les rênes du pays et s'engage à réformer notamment la télévision et la radio d'État. Mardi, la nouvelle coalition au pouvoir a adopté une résolution appelant à la restauration de « l'impartialité et de la fiabilité des médias publics ».

Une résolution rapidement appliquée puisque le président et les membres du conseil d'administration de la télévision, radio et agences publiques « ont été limogés » le lendemain, a annoncé le ministère dans un communiqué. Dans le détail, les médias publics contrôlés par le parti nationaliste populiste Droit et Justice (PiS) ont été régulièrement accusés de présenter des informations biaisées, de transmettre la propagande du gouvernement et de lancer des attaques verbales contre l'opposition.

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Une décision mal vue par l'opposition

Les nationalistes populistes polonais ont dès lors occupé dans la nuit de mardi à mercredi des locaux de la télévision publique pour défendre le « pluralisme des médias ». « Il n'y a pas de démocratie sans pluralisme des médias ou sans médias anti-gouvernementaux forts, et en Pologne, ce sont les médias publics », a déclaré dans la nuit Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS. Ce dernier a rejoint les protestataires dans les bâtiments de la télévision publique, aux côtés de l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, vu sur les médias sociaux en train de poser avec des employés de la chaîne.  « Nous voulons nous assurer qu'il existe un ordre légal en Pologne et que les médias restent libres », a déclaré mercredi Marek Suski, député du PiS.

De son côté, l'ancien ministre nationaliste populiste de la Culture, Piotr Glinski, a considéré ces démarches comme « illégales ». « C'est bien évidemment une attaque contre les médias libres, c'est une violation de la loi », a-t-il martelé.

Des revendications qui interviennent alors que le gouvernement PiS a été accusé à plusieurs reprises par l'opposition proeuropéenne et des organisations non gouvernementales de lui-même restreindre la liberté des médias tout en dirigeant des financements importants vers les médias d'État. Dans son rapport de 2020, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) avait même déjà souligné que « le discours partisan et l'incitation à la haine sont toujours la règle dans les médias publics (polonais), qui ont été transformés en porte-voix de la propagande gouvernementale ».

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L'UE avance dans la législation des médias

Un limogeage qui intervient alors que l'Union européenne a trouvé un accord le 15 novembre sur une « loi sur la liberté des médias ». Une première législation de ce type, qui a donné lieu à d'intenses discussions sur la question de la surveillance des journalistes.

« Pour la première fois au niveau européen, nous avons une législation qui garantit la liberté des médias, l'indépendance des médias et la protection des journalistes », s'est réjouie l'eurodéputée allemande Sabine Verheyen (PPE, droite), rapporteure du texte, à l'issue des négociations entre le Parlement européen et les Etats membres. Elle s'est félicitée d'une « avancée historique ».

Pour rappel, ce projet de règlement avait déjà été présenté en septembre 2022 par la Commission européenne pour protéger le pluralisme et l'indépendance des médias, face à une détérioration de la situation dans des pays de l'UE comme la Hongrie et à l'époque la Pologne, mais aussi aux logiciels espions type Pegasus ou Predator utilisés contre des journalistes. L'accord trouvé vendredi devra encore être formellement adopté par le Parlement européen et par le Conseil (représentant les 27 pays membres). Le texte porte notamment sur le respect du secret des sources journalistiques et sur l'interdiction de déployer ces logiciels espions dans des appareils utilisés par des journalistes.

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Volonté de coopération en Pologne

Récemment élu, Donald Tusk a promis que son gouvernement « resterait fidèle aux dispositions de la constitution », faisant référence aux accusations portées contre ses prédécesseurs au pouvoir.

Mais le nouveau gouvernement dirigé par Donald Tusk, 66 ans, sera confronté à des batailles quotidiennes avec les députés du PiS qui forment le groupe le plus nombreux à la chambre basse. Le PiS dispose toujours d'alliés à la présidence, à la banque centrale, au Tribunal constitutionnel, à la Cour suprême, ainsi que dans plusieurs institutions judiciaires et financières importantes de l'Etat. En Pologne, le Premier ministre définit notamment la politique nationale et internationale de son pays, domaine dans lequel il doit coopérer avec le chef de l'Etat, selon la Constitution.

Mi-décembre, le président Andrzej Duda, allié du précédent gouvernement PiS, s'est dit néanmoins « ouvert » à une coopération avec le nouvel exécutif, tout en se déclarant attaché à son programme conservateur.

« Je peux vous assurer que je ne m'opposerai pas à ce qui est dans l'intérêt des citoyens et de l'existence de la Pologne », a déclaré le président dont le mandat s'achève en 2025.

Le président polonais, qui est le commandant suprême des Forces armées, dispose notamment d'un droit de veto sur des projets de lois.

(Avec AFP)

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