Le patron de SFR implore le gouvernement d'arrêter sa course aux taxes

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(Crédits : Reuters)
Dans une interview accordée à La Tribune, Frank Esser, le PDG du second opérateur télécoms français, estime que la hausse de la TVA sur les offres ADSL triple play est la goutte de trop. " Nous ne pouvons plus absorber toutes les taxes", déclare-t-il.

Allez-vous augmenter le prix du triple play en cas de hausse de la TVA ?

Le surcoût de ce projet de hausse de la TVA se compte en centaines de millions d'euros pour SFR. Nous ne pouvons plus absorber toutes les taxes. Nous sommes au bout de l'exercice. Malgré toutes les nouvelles taxes qui nous ont été imposées ces dernières années, nous n'avons jamais augmenté nos prix qui restent les plus bas d'Europe. Là, nous n'avons pas le choix. A minima, nous allons répercuter la hausse de la TVA sur le prix des offres ADSL mais aussi sur certaines offres pour mobiles incluant la TV. Nous déciderons des montants précis à la fin de l'année, une fois la discussion parlementaire sur la loi de finances achevée.

Que pensez-vous de l'idée de créer une contribution sur les abonnements à Internet, fixe et mobile, pour financer le déploiement de la fibre optique partout en France ?

C'est non! Laissez-nous investir librement dans le réseau. Nous dépensons 1,5 milliard par an. Pourquoi créer une nouvelle taxe alors que des solutions pragmatiques peuvent être trouvées comme le co-investissement entre les différents opérateurs, éventuellement soutenu par des subventions publiques ?

Comment expliquez-vous que le nombre d'abonnés à la fibre optique soit si faible ?

Nous avons près de 40.000 abonnés. Le chiffre n'est pas très élevé mais cela représente une bonne part de marché. Le prix de 34,90 euros pour l'abonnement à la fibre optique est bon. Il est vrai que la publication du cadre réglementaire en début d'année n'a pas accéléré le rythme d'abonnements à la fibre optique. Il faudrait peut-être un élément supplémentaire pour déclencher le mouvement. Pourquoi pas un cadre pour faciliter les travaux dans les immeubles et mieux encadrer les relations avec les syndics de copropriété. Mais, soyons réalistes, c'est aussi une question de services. La demande des consommateurs n'est pas encore là. Quand la télévision en 3D arrivera en masse, que les programmes en 3D seront là, la fibre optique fera la différence par rapport à l'ADSL. 2011 sera une année charnière.

La concurrence sur le marché de l'ADSL s'est amplifiée ces dernières semaines en France, notamment avec la baisse des prix d'Orange. Comment réagissez-vous ?

Notre stratégie dans l'ADSL a suivi plusieurs étapes. Il y a eu le prix de l'offre fixée à 29,90 euros par Neuf. Puis, la fusion avec SFR a apporté la qualité du service. La troisième étape sera le lancement d'une nouvelle box. L'objectif est de proposer à nos clients plus de simplicité. Sur le modèle d'Apple, nous ne cherchons pas à promouvoir la performance technologique mais l'ergonomie du service pour l'utilisateur et de l'interface. La box pourra ainsi être commandée depuis n'importe quel écran (téléphone, tablette...) ou bien avec une télécommande qui fonctionnera même si la box se trouve dans une autre pièce. Ce sera une vraie avancée qui doit nous permettre de monter en gamme et de gagner de nouvelles parts de marché. Cette nouvelle box sera lancée avant la fin de l'année.

Est-ce aussi l'occasion pour vous d'augmenter le prix du triple play ?

La box actuelle marche très bien. Elle continuera d'exister dans l'offre triple play de base. La nouvelle box, qui sera plus performante, avec plus de services, sera proposée dans un forfait premium plus cher. Ce sera aux clients de choisir. C'est la première fois qu'un opérateur propose deux gammes différentes. Nos concurrents vont réagir. Mais nous voulons prouver que nous sommes un leader technologique.

Pourriez-vous inclure des appels vers les mobiles dans vos offres d'Internet haut débit, comme Orange ?

Nous regardons ce point, nous verrons si cela constitue un vrai besoin des clients. Quant à l'offre Open d'Orange, nous verrons l'impact concurrentiel en fin d'année. L'Autorité de la concurrence s'est autosaisie. Il y a un vrai sujet en zones non dégroupées, où nous ne pouvons répliquer le prix d'Orange qui est trop bas par rapport au tarif de gros que nous devons lui payer.

Où en sont vos négociations avec Free Mobile pour transporter ses communications sur votre réseau le temps qu'il construise le sien??

Nous avons proposé à Free une solution d'itinérance des appels très attractive. Et nous ferons tout pour gagner ce contrat. Des discussions sont en cours. En revanche, nous ne ferons pas d'offre pour la 3G (haut débit mobile). D'une part, il y a une question de principe. En achetant la 4e licence 3G, Free a choisi de devenir un opérateur de téléphonie mobile à part entière. Cela a des avantages mais aussi des inconvénients, comme celui d'implanter un réseau. À eux de le construire. D'autre part, nous n'avons pas de surcapacités 3G à vendre alors que le trafic de données explose. Cet été, dans certaines régions de France, près des plages, le trafic a été multiplié par 5. Enfin, nous avons conclu un accord avec La Poste pour héberger leur futur opérateur mobile. Leurs clients seront très complémentaires des nôtres plus que ceux de Free. Nous avons beaucoup d'ambition avec La Poste. Pour la 3G de Free, c'est donc un non définitif.

La télévision mobile personnelle (TMP) est-elle morte et enterrée ?

La téléphonie mobile est un marché de masse. S'il n'y a pas de fournisseurs de terminaux, ça ne peut pas décoller. Aujourd'hui, la télévision marche très bien en 3G ou en WiFi. Il n'y a pas de besoin de la part des clients.

Stéphane Richard de France Télécom réfléchit à créer un système d'exploitation commun à plusieurs grands opérateurs, qu'en pensez-vous ?

Chacun son métier ! Nous restons fidèles à notre stratégie, nous sommes opérateur de réseau, nous gérons notre relation aux clients. Nous ne créons pas nos propres contenus, nous voulons proposer le plus grand choix de webphones, de tablettes, etc. C'est aussi parce que nous ne sommes pas global, avec des milliers d'ingénieurs. Nous nous recentrons sur des services comme la sauvegarde des contacts, qui sont utiles aux clients.

Tant que Vodafone est votre actionnaire, vous ne pouvez vous déployer à l'étranger. Cela vous gêne-t-il ?

Je suis ravi de notre taille actuelle. Nous réalisons un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros qui fait que nous pouvons parler en direct avec les grands fournisseurs tels que Cisco ou Microsoft. En même temps, nous restons proches de nos clients et de nos salariés. Et il y a tellement de choses à faire en France, en matière d'e-santé, d'e-éducation, d'objets connectés, etc

 

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Commentaires
a écrit le 05/04/2011 à 7:07 :
Bonjour
je suis nouveau client chez SFR depuis le 10 février 2011
j'ai changer de FAI pour SFR j'ai la neubox évolution depuis + de 50 jrs et ça bug 3eme lettres LRAR et ça continu le service client incompétent
j'ai 5 abonnements chez SFR
le dernier abonnement sur un mobile j'ai retourner téléphone le 14 février et depuis SFR solution m'a proposer une solution qui coute le double du prix affiché en boutique aucun respect de la définition client
C'est facile d'etre le N°1 de la relation client en fessant un gros chèque
depuis le 10 février je paie un abonnement mobile pour un accées aux service internet mais je n'est pas de mobile pour accéder a ce service j'ai l'impression de sortir d'une autre planete ......
a écrit le 27/12/2010 à 22:35 :
vous restez proche de vos clients? mais certainement pas envers ceux qui attendent depuis 3 ans de recevoir la box tv a laquelle ils ont droit par leur abonnement qui va passer a 31,90 le 1er fevrier 2011

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