Mobile : Bercy fait marche arrière sur les hotlines et vise les subventions

 |   |  982  mots
DR.
DR.
La ministre déléguée au Numérique Fleur Pellerin affirme qu'il n'est finalement « pas question de revenir sur la gratuité de l'assistance téléphonique » des opérateurs télécoms. Le gouvernement s'intéresse au système du subventionnement des téléphones qui coûte cher aux opérateurs et à la balance commerciale. Ce qui pourrait finalement faire surtout plaisir à Free.

« Il n'est pas question de revenir sur la gratuité de l'assistance téléphonique, ni sur celle du temps d'attente » déclare Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie numérique, dans un entretien paru ce mardi dans « Le Parisien. » Mercredi dernier, devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, la ministre avait déjà essayé de calmer le jeu en affirmant qu'il n'y avait pour l'instant que des pistes et que « le rétablissement du paiement du service client [n'était] pas à l'ordre du jour. » Sommés de relocaliser en France leurs centres d'appel, les opérateurs avaient en effet suggéré des assouplissements des contraintes sur les hotlines, voire pour certains « un détricotage de la loi Chatel. » La ministre affirme désormais qu'« une remise à plat de la loi Chatel n'est pas à l'ordre du jour. » Ce qui ne veut pas dire qu'elle soit exclue pour autant.

Un risque de dégradation du service client gratuit
La piste de services d'assistance téléphonique « premium » payants reste étudiée. « Moyennant un effort financier minime, on peut créer de l'emploi » relève la ministre dans l'interview. Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a lui-même déclaré mercredi dernier sur France Inter que « pour 10.000 emplois relocalisés sur le territoire, ça coûterait en moyenne par forfait et par mois une vingtaine de centimes de plus pour les consommateurs. » Le risque serait alors de voir le service « de base » gratuit se dégrader pour inciter les clients à s'orienter sur le service payant. Des services premium, proches de la conciergerie, existent déjà pour certains abonnements haut de gamme. Bercy envisagerait d'encadrer ce service gratuit pour éviter des dérives et maintenir cet acquis de la loi Chatel. Les consultations vont se poursuivre durant l'été. Un document de synthèse sera confié au Comité stratégique de filière « services et technologies de l'information et de la communication » (CSF STIC) issu de la conférence nationale de l'industrie. Selon nos informations, Bercy va également saisir le Conseil national de la consommation (CNC) sur le train de mesures envisagé pour la rentrée.

Le subventionnement des mobiles pose un problème de transparence et de modèle
Sur le mécanisme de résiliation anticipée de la loi Chatel, qui permet de rompre son contrat de 24 mois au bout d'un an en ne payant qu'un quart du montant dû, et que les opérateurs voudraient voir supprimé, la position gouvernementale serait en train d'évoluer et de se réorienter sur le système des subventions des téléphones. « En réalité, ce dispositif de la loi Chatel n'est pas beaucoup utilisé mais il envoie un signal au marché sur le fait que le consommateur n'est pas captif. Le supprimer reviendrait à protéger le modèle du subventionnement sur 24 mois » relève Edouard Barreiro, de l'UFC Que Choisir, qui est contre sa suppression. A Bercy, on considère que « la loi Chatel a eu un effet accélérateur sur le renouvellement des terminaux tous les 18 mois. » Dans son interview au « Parisien », Fleur Pellerin déclare que « le subventionnement des téléphones dans les forfaits pose un problème de transparence et de modèle économique. » Le propos de la ministre ne manquera pas de faire plaisir à Xavier Niel, le patron de Free, qui vient d'attaquer SFR pour concurrence déloyale sur les contrats subventionnant les téléphones. L'entourage de la ministre fait valoir qu'« il n'est pas question de remettre en cause le subventionnement, auquel beaucoup de Français restent attachés. Il faut essayer de trouver un cadre juridique qui puisse satisfaire tout le monde, opérateurs comme constructeurs. » En novembre 2010, le régulateur des télécoms, l'Arcep, avait dénoncé « l'opacité tarifaire pour le consommateur » du système de subventions et suggéré de « séparer sur la facture le prix de l'acquisition du terminal et le prix des services mobiles », citant l'exemple du Danemark où le remboursement du téléphone fait l'objet d'un échéancier à part.

Environ 5 milliards d'euros par an dépensés en subventions de téléphones
La ministre relève aussi, au sujet des téléphones subventionnés, que « ces appareils ne sont pas fabriqués en France, ils ne rapportent donc pas à notre industrie. » Un haut fonctionnaire ayant travaillé sur le dossier explique : « sur la base d'une subvention moyenne de 150 euros tous les 18 mois pour 50 millions d'abonnés à des forfaits, on évalue en gros à 5 milliards d'euros par an les sommes dépensées en subventions, qui sont transférées massivement vers des acteurs comme Apple. » En clair, ce n'est pas bon pour la balance commerciale, ni pour les marges des opérateurs mobiles français. Le pari de Bercy sur les subventions serait de « ralentir d'un mois seulement le rythme de renouvellement, ce qui pourrait déjà faire économiser 250 millions d'euros par an au secteur » décrypte un proche du dossier. Soit potentiellement 2.000 emplois préservés. Sur un marché devenu plus concurrentiel depuis l'arrivée de Free Mobile en janvier, les opérateurs ont tout intérêt à se différencier par la qualité de service, par le débit, par le réseau, à l'heure où ils déploient la 4G. En particulier alors que leurs marges sont sous pression. Mais ils ont du mal à se détourner d'un système rassurant où l'on fidélise le client par la carotte du nouveau smartphone à prix faussement soldé plus que par le service. D'ailleurs, même les experts de l'agence de notation Fitch appellent de leurs v?ux une baisse généralisée en Europe des subventions, « qui érodent la rentabilité et le bilan » des opérateurs télécoms et sont devenues « tellement chères » avec des modèles comme l'iPhone 4S et les Galaxy de Samsung.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/07/2012 à 18:07 :
Bonjour,
Je pense que c'est une très bonne chose.
Tout d'abord il faut une totale transparence dans le prix à savoir que le prix du remboursement du mobile soit affiché (l'exemple du Danemark est remarquable).

D'autre part les constructeurs français (Sagem et Alcatel) retrouverait un peu de visibilité sur le marché leurs produits étant moins cher cela pourrait donc favoriser un peu plus d'achat de nos concitoyens de marques françaises et à défaut européennes.

Enfin cela inciterait les constructeurs à être plus honnêtes sur les prix, je ne comprends toujours pas par quel artifice un téléphone coute 600$ aux USA ou Japon et coûte 600? en France alors que la parité eurodol est à 1/1,21. C'est de l'arnaque ou de la marge invisible pour le quidam.

En dernier lieu cela favorisera les consommateurs car la concurrence ne se fera plus entre opérateurs mais entre constructeurs de téléphones qui compresseront leurs prix et en offriront davantage à leurs clients en terme de rapport qualité/prix.

A mon sens économiquement et concernant le bénéfice du consommateur c'est une avancée indéniable et cela permettra de faire le ménage dans des pratiques illisibles pour le consommateurs et le législateurs. L'opérateur vend du service et de l'accès et le constructeur vend son matériel et éventuellement quelques services liés non soumis à obligation d'achat.
Réponse de le 24/07/2012 à 22:07 :
Pour que Sagem et Alcatel retrouvent un peu de visibilité, il faudrait déjà qu'ils existent encore en tant que constructeur mobile... Sagem a été démantelé et ses morceaux dispersés à qui voulait bien reprendre telle ou telle activité, et Alcatel est mort dans la même période il me semble (2004-2006), bien que Alcatel-Luscent soit devenu un équipementier international majeur. Les derniers portables de ces sociétés sont des antiquités, désolé.
A propos de la conversion euro/dollar, il y a certainement de la marge, mais laissez moi nuancer vos affirmations en vous rappelant que ni les USA ni le Japon n'ont de TVA, et que les taxes locales (selon les états) dépassent rarement les 5%.
a écrit le 24/07/2012 à 17:47 :
Le roi du maroc était intervenu avec succes auprès de son ami N Sarkozy pour demander que les emplois restent chez lui.une deuxième intervention auprès de F Hollande est probable.C'est dificile d'aider les pays pauvres et la France en meme temps.
Réponse de le 24/07/2012 à 17:57 :
Bonjour,
D?où tenez vous ce genre d'information ? Un lien, une preuve ? Ça semble être une bonne affabulation un peu paranoïaque.
Je pense plutôt que ce genre de travail n'a plus aucun intérêt en France et coûte trop cher aux opérateurs. C'est juste un non sens économique de garder ces emplois dans leur totalité en France. Les hotlines de niveau 1 sont en nearshore et les hotlines niveau 2 et niveau 3 sont en France ou en Irlande. C'est logique car ces hotlines requièrent des personnes bien formées et connaissant parfaitement les problématiques techniques et leurs solutions.
a écrit le 24/07/2012 à 17:37 :
Des rodomontades de fier-à-bras au monde réel, il y a toujours un gouffre que les socialistes ne parviennent jamais à combler, malgré des efforts désespérés de rhétorique.
a écrit le 24/07/2012 à 17:00 :
Enfin, balance commerciale certes, mais qui dit achat d'un téléphone dit aussi rentrée de TVA. Faut faire le calcul, mais c'est vrai que cette course au dernier gadget à la mode tous les 12 mois est une hérésie totale et principalement sur le plan écologique (je ne suis pas Vert,non mais je réfléchi à celà aussi).
a écrit le 24/07/2012 à 16:41 :
Un pas en avant et deux en arrière ! Ce gouvernement est d une efficacité à toute épreuve !!! Non seulement il ne fait qu augmenter la fiscalité mais il est aussi déterminé qu un âne qui recule! Franchement les français ont fait une bonne affaire ! On avait pas senti la crise pendant 5 ans mais la on va bien la sentir a l image des espagnols et des grecs !!!!
Réponse de le 24/07/2012 à 17:05 :
Tu a tout faut Bravo !
Fleur a tout compris aux système !
Réponse de le 24/07/2012 à 18:25 :
@bravo. je pense que vous avez entièrement raison; ce gouvernement navigue à vue, comme il est myope par idéologie archaique, il ne sait que faire, comme vous dites un pas en avant deux pas en arrière; ce qui est le plus grave c'est qu'il est en train de laminer le pouvoir d'achat des salariés et notamment les ouvriers et employés (augmentation des cot. vieillesse, arrêt des HS défiscalisées, augmentation de l'électricité et gaz, alors que lorsqu'ils étaient les socialistes ils accusaient le gouvernement d'enrichir EDF et GDF) Aucune suite dans les idées
a écrit le 24/07/2012 à 16:37 :
Pour le coup voilà une proposition fort intéressante. Arrêtons d'inciter à l'achat de produits chinois
a écrit le 24/07/2012 à 16:17 :
Free rend ici service à la fois au gouvernement et aux autres opérateurs. Après tout c'est son travail et ce pourquoi il a été accepté dans le groupe. Le prix des terminaux va baisser, celui des communications et des services augmenter.....
a écrit le 24/07/2012 à 16:06 :
Et après rétablissement des monopoles publiques très chers et tout le temps en grève que tout le monde nous envie ...au nom de l'emploi!Bref les gouvernants de ce pays nous prennent toujours pour des pigeons!
Réponse de le 24/07/2012 à 16:58 :
je vous rappelle que c'est un président de droite, M. Sarkozy, qui a freiné des 4 fers pour que Free ne vienne pas casser l'oligopole de SFR, Orange et Bouygues. Monopole public ou oligopole privé sont néfastes pour le consommateur. vive la concurrence!
Réponse de le 24/07/2012 à 17:35 :
Non mais vous avez bien observé son action ou vous étiez dans le coma depuis 5 ans ?
Réponse de le 24/07/2012 à 18:57 :
on verra quand on devra payer un téléphone cash 600/700 euros ! a non c'est vrai free s'engage lui a nous endenter !
payer 10 000 chômeurs de plus !!
ceci dit dans ce secteur il n'y aura plus d'heures supp looool.
je crois qu'on est bon la non ? moi ce que je me dit c'est qu'est ce qu'il a , a mettre son nez l'etat la-dedans c'est en favorisant qu'il compte augmenter le pouvoir d'achat ??

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :