SFR, le maillon faible des télécoms
Marie-Pierre Gröndahl
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L'opérateur de télécommunications français SFR à Paris, France, le 8 août 2016.
LTD/ Philippe Wojazer/REUTERS
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L'opérateur de télécommunications français SFR à Paris, France, le 8 août 2016.
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Si le deuxième opérateur tricolore conserve pour l'instant son rang en 2024, il n'en continue pas moins de subir revers sur revers. Après un exercice 2023 déjà difficile, marqué par la perte de 315.000 abonnés mobile et de 158.000 clients sur le fixe (box), d'où une baisse de 1,3% de ses revenus, SFR, la filiale d'Altice France a vu la série noire s'aggraver depuis le début de cette année. Au premier trimestre, 487.000 abonnés ont résilié leurs contrats sur le mobile et 77.000 sur le fixe. En trois mois, la perte enregistrée est supérieure à celle d'une année entière, entraînant une baisse de 3,8% de son chiffre d'affaires. Au passage, SFR passe sous le seuil symbolique des 20 millions d'abonnés (19,9 millions) en mars 2024. Peu loquace sur les raisons de ce décrochage, la direction n'évoque que le « contexte concurrentiel » pour l'expliquer.
La chute s'est poursuivie au deuxième trimestre : l'entreprise fondée en 1987 ne compte plus que 19,6 millions de clients, soit une perte de 343.000 abonnés mobiles et de 87.000 sur le fixe. Sur un an, le chiffre d'affaires a diminué de 5,2%, à 2,54 milliards d'euros. Un déclin aggravé par l'endettement colossal de sa maison mère, Altice France, qui atteint 24 milliards d'euros, sans qu'un accord de principe ait abouti à ce stade entre le groupe de Patrick Drahi et ses créanciers. Mais le propriétaire de SFR a conclu plusieurs cessions ces derniers mois, dont celle de sa participation de 24,5% dans British Telecom, vendue 3,6 milliards d'euros en août.
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Bouygues Telecom se porte beaucoup mieux que SFR. Mais la filiale du groupe de BTP, d'immobilier et de médias vient néanmoins d'annoncer un plan stratégique à l'horizon 2030, centré sur le retour à la rentabilité, qui prévoit un non-remplacement des départs, un moindre recours aux prestataires externes et « une réduction des besoins d'investissement » dès l'an prochain, entre autres. Comme SFR, BT indique que les conditions de marché, à commencer par la guerre des prix et une faible croissance sur le mobile, imposent une nouvelle feuille de route. Elle devrait être détaillée dans les semaines à venir, mais l'opérateur a annoncé le 2 septembre ne plus s'attendre à atteindre certains de ses objectifs fixés pour 2026, notamment en raison d'une baisse attendue du prix moyen payé par les clients mobile.
Marie-Pierre Gröndahl