LA TRIBUNE DIMANCHE - Un an et demi après le lancement de votre plan stratégique pour 2025, les objectifs sont-ils tenus ?
CHRISTEL HEYDEMANN - Le bilan est positif, comme en témoignent les bons résultats du deuxième trimestre. Notre métier est absolument essentiel. Mais difficile, car nous l'exerçons au cœur d'un secteur ultra-concurrentiel, dans un marché européen et français très fragmenté, où la taille critique compte plus que jamais. Rappelons, entre autres spécificités, que les abonnements en France restent les moins chers d'Europe. Dans ce contexte, Orange doit faire les bons choix, tout en respectant les enjeux de sécurité et de résilience. Plusieurs opérateurs ont opté depuis plusieurs années pour la cession de certaines de leurs infrastructures clés, comme les tours de réseau mobile. Nous avons au contraire souhaité conserver les nôtres, une décision saluée par les investisseurs. En Afrique, où le groupe est très présent depuis longtemps, la forte dynamique de croissance se poursuit : Orange est un levier de développement économique, dont il bénéficie aussi. La diversification dans la cybersécurité s'avère un succès, puisque cette activité réalise désormais plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Le recentrage autour de notre métier d'opérateur télécom, avec les cessions d'Orange Bank et d'OCS, a prouvé sa pertinence.
En janvier prochain, un peu plus de 160 communes vont abandonner définitivement le réseau téléphonique cuivre, et donc l'ADSL, et passer à la fibre. Comment s'annonce cette bascule historique ?
Il s'agit d'un programme colossal qui mobilise le groupe tout entier. Nous avons besoin de la confiance des collectivités locales. Ce premier lot de communes fait suite à plusieurs expérimentations menées en amont afin de valider notre organisation. Cette première étape est importante : le calendrier s'accélérera dans les années à venir, avec plus de 800 autres communes concernées début 2026, puis près de 2 200 un an plus tard. En 2030, le réseau cuivre, qui représente 1,1 million de kilomètres, sera totalement fermé. Pour le grand public, ce décommissionnement est transparent, avec des offres qui permettent de retrouver les mêmes services téléphoniques et Internet proposés sur le cuivre, mais sur un réseau plus performant. Le besoin d'accompagnement est en revanche plus important pour certaines entreprises et des administrations locales, dont les installations reposent parfois complètement sur le réseau cuivre. Cette catégorie de clients représente le vrai défi de cette bascule.