Ces dernières années, Canberra a déployé un grand réseau Internet à très haut débit à travers le pays. Pour réduire les coûts, celui-ci ne repose pas, comme en France, sur un déploiement massif de la fibre jusqu’aux logements. Ce réseau utilise encore beaucoup le vieux réseau cuivre. Mais cette infrastructure s’avère insuffisante au regard de l’augmentation du trafic. L’Etat souhaite injecter 3,5 milliards de dollars australiens supplémentaires pour déployer davantage de fibre.Au début des années 2010, la décision de la France de déployer, à travers le plan France Très haut débit, un vaste réseau de fibre à travers le pays a parfois été critiqué. Ce choix, coûteux, fait désormais l'unanimité, surtout à l'heure où les besoins explosent. En témoigne la forte augmentation du trafic Internet, portée par le télétravail, pendant le confinement et la crise du coronavirus. La crise du Covid-19 et l'essor du travail à domicile, justement, ont révélé les insuffisances du réseau Internet fixe australien. Ses performances font, il est vrai, pâle figure. D'après le classement mondial des réseaux Internet dans le monde de la société britannique Cable, l'Australie pointe à une piètre 62ème place avec un débit de 25,65 Mb/s. Beaucoup d'Australiens fustigent aussi, dans plusieurs régions, des pannes et problèmes de connexion.
Conscient de ces problèmes, le gouvernement a décidé, ce mercredi, d'injecter 3,5 milliards de dollars australiens (2,11 milliards d'euros) dans son réseau en déployant davantage de fibre jusqu'au domicile. Le ministre en charge des télécoms, Paul Fletcher, a précisé que cet investissement sera porté par NBN Co, la société possédée par l'Etat qui déploie cette infrastructure. Elle permettra, aux dires du gouvernement, aux trois quarts des foyers et entreprises du pays de bénéficier d'un débit de 1 Gb/s d'ici à 2023. La veille, l'exécutif a aussi annoncé 1 milliard de dollars d'investissements, essentiellement pour favoriser l'accès des entreprises au très haut débit.
Ces dépenses suscitent toutefois des critiques. De fait, les problèmes du réseau australien résultent de décisions du gouvernement actuel, une coalition formée par le Parti libéral et le Parti national (conservateur). Pour réduire les coûts, ces derniers ont notamment choisi, à leur arrivée au pouvoir en 2013, de limiter le déploiement de la fibre. Plutôt que de miser, comme le voulait le gouvernement travailliste auparavant, sur un déploiement massif de la fibre, de bout en bout, jusqu'aux habitations, ils ont décidé de s'appuyer davantage, pour le raccordement final, sur le vieux réseau cuivre. Sous ce prisme, l'investissement annoncé mercredi ressemble à une volte-face.