Il y a les guerres ouvertes auxquelles se livrent les opérateurs télécoms en cassant les prix de leurs forfaits mobiles. Et il y a les affrontements qui se jouent en coulisses pour remporter la palme de la meilleure qualité de service. Chaque printemps, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR sont sur les dents. Ils savent que l'autorité de régulation des télécoms (Arcep) va tester leur réseau mobile sur plus de 2 000 sites quelque part en France durant plusieurs semaines. La publication des résultats sera donc l'occasion de comparer leurs performances.
Comme aucun acteur n'a envie de finir dernier du classement, ils font en sorte d'apparaître sous leur meilleur jour. Mais sont-ils prêts à tout pour cela ? La question se pose depuis l'automne dernier et le report mystérieux de la publication des résultats de la campagne 2024 de l'Arcep. Si l'autorité a ajourné leur mise en ligne, c'est en raison d'écarts de performance importants entre opérateurs dans les zones denses de plus de 200 000 habitants et les zones intermédiaires entre 10 000 et 200 000 habitants, comme l'a rapporté le site L'Informé au mois de février dernier.
Ces disparités auraient motivé l'ouverture d'une enquête administrative par la formation de règlement des différends de poursuite et d'instruction (RDPI) de l'Arcep. Une formation restreinte comprenant la présidente Laure de la Raudière, ainsi que trois autres membres de l'autorité. L'objectif étant de vérifier qu'aucun opérateur n'avait triché en dopant son réseau spécifiquement à l'occasion des tests.