Telegram : Pavel Durov se dit « surpris » par sa mise en examen
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Pavel Durov a réfuté les accusations de la France selon lesquelles Paris n'avait pas reçu de réponses de Telegram à ses demandes.
Albert Gea
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Pavel Durov a réfuté les accusations de la France selon lesquelles Paris n'avait pas reçu de réponses de Telegram à ses demandes.
Albert Gea
On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. C'est à Telegram que Pavel Durov, fondateur, a réservé sa première réaction après sa mise en examen en France, en raison de la publication de contenus illégaux sur l'application. L'homme d'affaires franco-russe, dont le magazine Forbes estime la fortune actuelle à 15,5 milliards de dollars, a été arrêté le 24 août à l'aérogare du Bourget, près de Paris, où il était arrivé en jet privé. Dans un long message publié sur l'application de messagerie, Pavel Durov a trouvé « surprenant » d'être tenu responsable du contenu publié par d'autres personnes.
En outre, il a réfuté les accusations de la France selon lesquelles Paris n'avait pas reçu de réponses de Telegram à ses demandes. Il a ainsi affirmé qu'il avait personnellement aidé les autorités françaises à « établir une ligne d'assistance téléphonique avec Telegram pour faire face à la menace terroriste en France ». Selon une source proche du dossier, Pavel Durov et son frère Nikolaï, co-fondateurs en 2013 de Telegram, faisaient l'objet depuis mars de mandats de recherche émis par la justice française dans le cadre d'une enquête préliminaire.
Adoptant un ton plus conciliant à la fin de son message, le patron a reconnu que la forte hausse du nombre d'utilisateurs de Telegram - qu'il évalue maintenant à 950 millions dans le monde - avait généré des une situation ayant « permis aux criminels d'abuser plus facilement de notre plateforme ».
« J'espère que les événements du mois d'août permettront à Telegram - et au secteur des réseaux sociaux dans son ensemble - de devenir plus sûrs et plus forts », a encore affirmé Pavel Durov. Il a ajouté que si Telegram ne parvenait pas à s'entendre avec les régulateurs locaux sur le « bon équilibre entre la vie privée et la sécurité » alors « nous serions prêts à quitter ce pays ».
A Moscou, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a averti que ces poursuites contre un « citoyen russe » ne devaient pas « se transformer en persécution politique ». Parmi les soutiens notoires à l'homme d'affaires, on trouve aussi le lanceur d'alerte américain - établi en Russie - Edward Snowden, ainsi que le magnat de la technologie Elon Musk, qui a publié des posts sous le hashtag #FreePavel.
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Le fondateur de Telegram qui possède des passeports russe, français et émirati, a interdiction de quitter la France depuis sa mise en examen. Son contrôle judiciaire lourd prévoit également une caution de cinq millions d'euros et un pointage au commissariat deux fois par semaine. Une seconde enquête a par ailleurs été ouverte contre le milliardaire pour des « violences graves » commises à Paris sur l'un de ses fils, né en 2017.
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Mardi, Ravina Shamdasani, la porte-parole de l'ONU, lors d'un point de presse régulier à Genève, a évoqué « un dossier complexe qui soulève de nombreuses questions en matière des droits de l'homme ». Et d'ajouter que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme envisage de produire un document qui « établira les paramètres dans le cadre desquels ce genre de situation doit être considérée ». Elle a également évoqué le récent blocage de X au Brésil qui « soulève également des inquiétudes similaires quant au devoir des États de veiller à ce que les plateformes de médias sociaux respectent la loi qui autorise la liberté d'expression », en accord avec certaines restrictions, a-t-elle déclaré. Elle a appelé à ce que toutes les restrictions imposées soient « proportionnées » et « conformes aux normes internationales des droits de l'homme ».
(Avec AFP)
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