Samedi 1er février au matin, un éboulement majeur de près de 50 mètres cubes de roches s'est produit au niveau de la sortie 39 « Moûtiers Nord », une ville carrefour qui conduit aux plus grandes stations de ski du massif de la Tarentaise (La Plagne, Les Arcs, Bourg-Saint-Maurice, Tignes, Val d'Isère, La Rosière mais également Méribel, Les Ménuires, Val Thorens, Courchevel, Peisey-Vallandry, Valmorel, Champagny-en-Vanoise et Pralognan-en-Vanoise).
Durant plusieurs heures, la circulation a été d'abord totalement coupée dans le sens de la montée, avant d'être rétablie grâce à un alternat de circulation mis en place via le tunnel du Ponserand. Plus de la moitié des 30.000 véhicules attendus ce samedi n'avaient pas encore pu franchir ce point noir en fin de journée. Résultat : la préfecture de Savoie a activé un plan hébergement d'urgence au sein de plusieurs communes (Aix-les-Bains, Montmélian, Albertville, Moûtiers...) afin de prendre en charge quelque 1.500 naufragés de la route.
Alors que la RN 90 demeure placée sous la compétence de l'Etat, la préfecture de Savoie a concédé que la situation ne devrait pas revenir à la normale « avant plusieurs jours au moins ». Sans grand espoir d'ici le premier jour des vacances d'hiver, où 35.000 à 45.000 véhicules devraient à nouveau converger vers les stations de la Tarentaise pour le coup d'envoi des vacances de la zone B.
Une très mauvaise nouvelle pour les professionnels de la montagne, pour lesquels les vacances de février représentent jusqu'à 33% du chiffre d'affaires d'une saison. Tous redoutent un goulet d'étranglement au niveau de la commune de Moûtiers. Et ce, alors que le taux de remplissage des vacances de février serait en parallèle jugé « excellent ».
« Nous sommes proche des 90 à 95% en moyenne sur les quatre semaines », affirme Jean-Luc Boch, président de l'Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM) et maire de la Plagne, qui rappelle que la Tarentaise dispose de près de 400.000 lits d'hébergements touristiques.