Stations de ski : le défi de l'acceptation sociale des grandes infrastructures
Didier Bert
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Samedi 21 janvier, sur les hauteurs de la station des Gets (Haute-Savoie), 650 manifestants sont rassemblés pour protester contre la volonté du maire de la commune de construire un télésiège reliant la station du village à celle de Saint-Jean d'Aulps. En investissant six millions d'euros dans le projet, l'édile municipal Henri Anthonioz compte relancer l'attrait pour sa station. Celui-ci n'a pas souhaité répondre à notre demande d'interview téléphonique, précisant qu'il ne parle pas par téléphone.
Ce mutisme n'étonne pas Lionel Laslaz, maître de conférences en géographie et directeur du département de géographie et d'aménagement du territoire à l'Université de Savoie Mont-Blanc.
C'est qu'en 2017, on n'érige plus une liaison portée à travers un site naturel comme cela était possible dans les années 1960, quand l'investissement dans le ski alpin s'affichait comme le seul lendemain de la montagne agricole. "Ce projet devra traverser une zone classée Natura 2000, s'insurge Nicolas Tricou, guide de haute montagne et membre du Collectif Gêtois, l'association qui fédère les opposants locaux au projet municipal. Il faudra flinguer des combes magnifiques pour faire passer la liaison portée. C'est une vision des années 1960. Mais nous ne sommes plus à cette époque !"
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Le montant de l'investissement fait aussi débat dans cette station, qui compte le taux d'endettement le plus élevé des communes avoisinantes. Plutôt que six millions d'euros, ce sont 20 millions qui seront nécessaires à la construction du télésiège, estime Julien Maire, moniteur de ski et président du Collectif Gêtois. "Le ski est un sport gourmand, on n'est jamais satisfait de ce qu'on a déjà, dénonce-t-il. Ils veulent se présenter comme le plus grand domaine des stations environnantes. C'est un coup de pub qui coûte cher."
Didier Bert