La Tribune

La Vie d'Après invente le legs numérique

Delphine Cuny  |   -  366  mots
Plus qu'un coffre-fort en ligne, le site prévoit l'envoi posthume de messages aux proches.

Que devient un compte Facebook après un décès ? Il reste actif, même si le compte mail correspondant ne l'est plus, ou peut être, au mieux, transformé en « mémorial » où laisser des messages. C'est notamment pour répondre à ce problème que trois jeunes diplômés de l'Institut international du multimédia de La Défense ont lancé en juin le site La Vie d'Après (www.laviedapres.com). Il existe déjà de nombreux sites qui proposent de stocker en ligne ses documents importants, tels que ses actes notariés ou ses contrats d'assurance-vie. La Vie d'Après est bien un coffre-fort numérique, certifié SSL VeriSign, mais il va au-delà. En offrant un espace dédié aux identifiants et mots de passe des comptes mails ou de réseaux sociaux dont seront destinataires un ou plusieurs mandataires préalablement choisis et prévenus. Ce sont eux qui doivent alerter le site du décès, en fournissant un certificat en bonne et due forme.

La vie d'après.com permet aussi de consigner des instructions et de programmer l'envoi de messages posthumes (vidéos, sonores, etc.), même longtemps après le décès, pour un anniversaire par exemple. C'est une sorte de testament numérique, dénué de valeur légale malgré tout, qui permet de simplifier les démarches et d'accompagner ses proches. Le site vise les baby-boomers et les jeunes parents trentenaires sensibles à cette notion de transmission du patrimoine numérique. Il revendique 300.000 visiteurs uniques par mois et 300 inscrits à son offre découverte gratuite, une quinzaine à son offre payante à 20 euros par an (5 Go de stockage contre 10 Mo, nombre illimité de destinataires, etc).

Les fondateurs sont en discussions avec des assureurs (Gan, Malakoff Médéric) afin que leur offre soit incluse ou en option dans des contrats de prévoyance. Un partenariat leur permettrait de croître et d'être rentable plus vite, dès le deuxième semestre 2012. Ils cherchent aussi à lever entre 1 et 1,5 million d'euros auprès de business angels. Plusieurs sites positionnés sur ce créneau existent déjà à l'étranger, comme Legacy Locker aux États-Unis et Mywebwill en Suède.

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Commentaires

Paul  a écrit le 25/10/2012 à 18:38 :

Ah, ces journalistes qui ont dû avoir leur diplôme à un moment où internet et la recherche sur Google ne devait pas exister ! ApresLaMort.net est un site qui offre depuis 2003 un service de messagerie posthume, et ce de manière tout à fait gratuite, depuis donc presque 10 ans (ce n'est pas rien).