HEC et autres écoles consulaires sont-elles sur le point d'être privatisées ?

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Ce nouveau statut inscrit dans la loi Mandon de 2014 sur la simplification de la vie des entreprises a été taillé sur mesure pour la grande école de Jouy-en-Josas.
Ce nouveau statut inscrit dans la loi Mandon de 2014 sur la simplification de la vie des entreprises a été taillé sur mesure pour la grande école de Jouy-en-Josas. (Crédits : DR)
Le mois dernier, en janvier, HEC a été la première école à adopter le nouveau statut d'établissement d'enseignement supérieur consulaire (EESC). Ce statut sera étendu à d'autres écoles parisiennes et permettra à des investisseurs privés d'entrer dans leur capital.

La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris Île-de-France gère quatre écoles de management aux profils très différents: HEC, classée deuxième meilleure business school au monde par le Financial Times ; l'Essec, qui est devenue l'école de management de Paris-Saclay ; l'ESCP Europe, qui brasse les cultures sur ses campus européens, et Novancia, orientée vers les besoins des entreprises franciliennes. Tout récemment, en janvier, HEC a été la première école à adopter le nouveau statut d'établissement d'enseignement supérieur consulaire (EESC). L'ESCP Europe lui emboîtera le pas en janvier 2017. Ce nouveau statut inscrit dans la loi Mandon de 2014 sur la simplification de la vie des entreprises a été taillé sur mesure pour la grande école de Jouy-en-Josas.

« Il s'agit de rendre ces écoles plus autonomes dans leur gestion pour plus d'agilité et de rapidité », explique Xavier Cornu, qui était directeur général adjoint enseignement, recherche et formation de la CCI Paris Île-de-France jusqu'à sa retraite, il y a quelques jours.

Endettement potentiel et absence de dividendes

« La CCI reste majoritaire et aucun actionnaire ne pourra dépasser 33%. Il n'y aura pas non plus de dividendes. C'est une sorte d'économie mixte entre État et privé, une société à but non lucratif avec une mission d'intérêt général. Ce n'est pas du tout une privatisation », décrit Bertrand Léonard, le président de la Fondation HEC.

Il énumère les principaux enjeux de ce changement de statut :

« Avec la pleine propriété des actifs corporels et incorporels, HEC possède désormais une capacité d'endettement potentiel. L'autonomie lui donnera une réactivité plus forte pour prendre des décisions, jouer dans la cour des grands et participer au marché des professeurs. Enfin, HEC se dote d'une gouvernance équilibrée avec un conseil d'administration représentant tous les intéressés, y compris les anciens élèves. »

Au printemps, Toulouse Business School sera la seconde école à adopter le statut d'EESC.

« Le statut ne nous donne pas la latitude de changer les droits de scolarité », précise son directeur, François Bonvalet.

« Nous constatons que nos écoles sont devenues plus grosses que la chambre elle-même. Pour être agiles, nous avons besoin d'autonomie. Avec ce statut, nous allons pouvoir nous développer plus facilement, ouvrir un campus à Londres plus rapidement, recruter des professeurs étrangers. Privatisation douce ? On ne peut pas dire le contraire. Mais dans l'esprit, nous restons un service public et il ne s'agit pas d'enrichir les actionnaires », estime le directeur.

« Trois grandes entreprises ont fait connaître leur intérêt pour entrer au capital. L'avantage est qu'elles aideront à la réflexion sur le devenir de l'école et qu'elles apporteront de l'argent sonnant et trébuchant sur la table », ajoute-t-il.

"Nous sommes clairement dans la lucrativité"

Grenoble École de management (GEM) et le groupe ESC Dijon Bourgogne devraient être les prochaines écoles à suivre l'exemple de HEC et TBS. Un phénomène qui ne plaît pas à tout le monde.

« Cela va assainir le paysage et assurer la transparence financière. Nous sommes bien clairement dans la lucrativité. Mais il s'agit quand même d'un détournement aberrant et d'une distribution de privilèges digne de la chute du mur de Berlin » , se fâche Philippe Grassaud, président du groupe d'enseignement privé Eduservices.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2016 à 17:47 :
L'avenir à mon avis c'est le e-learning : il y a pléthore de sites ou on peut apprendre gratuitement, à son rythme, où et quand on veut (ou quand on le peut). Pourquoi payer cher une inscription, s'astreindre à des cours "verticaux" à des horaires déterminés, en s'entassant sur des bancs alors qu'on a à ce moment précis autre chose à faire ? Ça ne coûte rien au contribuable, évite les pertes de temps et les déplacements. Juste de l'organisation, un écran et une connexion au net. L'uberisation de l'enseignement, en quelque sorte. Même mon fils a fait un site pour permettre à des jeunes de faire leurs révisions au bac facile et gratis via des fiches de révisions simples et pratiques : cmescours. Alors, l'enseignement traditionnel cher et rigide a vraiment du souci à se faire !
a écrit le 27/02/2016 à 18:07 :
l'école de l'ultra libéralisme serait en phase avec son enseignement ; à condition qu'elle soit vendue au juste prix et qu'elle ne coute plus rien au contribuable contrairement à la privatisation bidon des autoroutes de monsieur villepin
a écrit le 27/02/2016 à 12:04 :
L'école se développe. Elle peut émettre des obligations garanties par son patrimoine (cad ses locaux, mais également les frais d'inscription des étudiants et les donations) et elle peut donc grossir et attirer des professeurs chers. En outre, l'investisseur en obligations se voit verser un intérêt annuel de quelques pourcents. Enfin, sans verser des dividendes, l'école peut racheter les actions à un investisseur qui souhaiterait partir ou l'investisseur peut les revendre, ce qui peut inclure une plus value potentielle en capital.
a écrit le 26/02/2016 à 18:51 :
S'il n'y a pas de dividendes ou de retour financier de quelque sorte, quel est l'intérêt d'une entreprise privée d'investir dans ces écoles ?
Réponse de le 26/02/2016 à 23:35 :
Imposer des vues est cet intérêt.

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