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Emploi : la situation des jeunes Français reste préoccupante

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Les jeunes espèrent encore décrocher un CDI, sans y croire vraiment.
Les jeunes espèrent encore décrocher un CDI, sans y croire vraiment. (Crédits : Reuters)
Avec un taux de chômage toujours très important, une culture de l'apprentissage encore à la traîne et une part importante des jeunes n'étant ni actifs ni étudiants, le niveau d'insertion professionnelle des jeunes en France ne s'améliore pas.

Idéalistes sans être inconscients. Selon un sondage réalisé par OpinionWay pour l'Union des auto-entrepreneurs et la Fondation Le Roch Les Mousquetaires, les trois quart des jeunes âgés de 18 à 29 ans font toujours du contrat à durée indéterminée (CDI) un objectif majeur. Cependant, ils sont aussi 81% à estimer qu'un emploi en CDI est "difficile à obtenir".

Cette lucidité quant aux difficultés qu'ils sont ou seront amenés à rencontrer sur le marché du travail est la bienvenue. En effet, l'insertion professionnelle des jeunes en France est problématique, au vu des résultats de la grande enquête réalisée sur le sujet par France Stratégie, organisme de réflexion rattaché à Matignon, et la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail. Publiée le 24 janvier 2017, cette étude a été réalisée en concertation avec les organisations syndicales et patronales ainsi que quatre organisations de jeunesse (Fage, JOC, MRJC et Unef).

Trois chiffres sur l'insertion professionnelle des jeunes Français

Et les chiffres clés de cette étude sont assez édifiants :

  • Le taux de chômage des jeunes Français a été multiplié par 3,5 en 40 ans, pour s'établir donc à 24% pour les 15-24 ans. Il "se situe actuellement dans la moyenne haute" au niveau européen, rappelle l'étude, soit en 5e position sur les seize pays européens étudiés. Seuls le Portugal, l'Italie, l'Espagne et la Grèce font pire, avec des taux dépassant les 40% pour les trois derniers pays cités. Au contraire, le taux de chômage des jeunes Allemands descend largement sous la barre des 10%.
  • La proportion de NEET, soit des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (Neither in Employment, Education or Training) est également problématique en France. Avec 17% de NEET en 2015 chez les 15-29 ans, la France est au dessus de la moyenne de l'Union européenne et de l'OCDE en la matière. Encore plus inquiétant, ce taux baisse dans d'autres pays de l'UE depuis 2013 mais demeure élevé en France.
  • L'étude se penche également sur le taux d'activités des 15-24 ans, soit le rapport entre le nombre d'actifs (en emplois et chômeurs) et l'ensemble de la population en âge de travailler. Ce taux était en 2015 en France de 4,5 points inférieurs à la moyenne européenne, en s'établissant à 15%. Ce taux est en hausse mais reste beaucoup moins élevé que dans d'autres pays européens comme l'Allemagne et les Pays-Bas qui ont, notamment, une culture de l'apprentissage plus développée.

Le rapport met d'ailleurs en avant le fait que les différents dispositifs d'apprentissage permettent une meilleure insertion des jeunes dans le monde du travail, surtout en ce qui concerne les personnes moins diplômées : "Pour un même diplôme de CAP BEP, les apprentis du secondaire connaissent un taux d'accès durable à l'emploi près de 20 points supérieurs à ceux l'ayant obtenu par voie scolaire."

"Des promesses présidentielles, il ne reste que des maux." Voilà comment la CGT titre son communiqué de réaction à la publication du rapport de France Stratégie, avec la volonté d'insister sur l'inefficacité des réformes de ces 20 dernières années. "Subordonnés à la dégradation du marché du travail, les jeunes demeurent surexposés à de multiples handicaps", rappelle le syndicat, qui réitère sa proposition d'une sécurité sociale professionnelle, qui protégerait les jeunes "dès la sortie du système scolaire".

Lire aussi : Chômage: hausse en décembre mais baisse sur l'année 2016

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 27/01/2017 à 14:34 :
J'ai un bac + 12 sur l'étude de la drosophile et j'aimerais bien être recruté par un grand laboratoire qui me paierai au moins 3000 euros net par mois, car je les vaux bien avec mon méga-super diplôme. C'est pas facile la vie ?
a écrit le 25/01/2017 à 18:20 :
On a liquidé l'apprentissage avec le collège unique sans pour autant avoir amélioré le niveau des élèves ayant réussi à entrer dans le secondaire et on s'étonne de trouver tous ces jeunes au chômage.
Un fantasme de croire qu'un métier s'apprend à l'école alors que la majorité des profs n'ont jamais rien fait de leur main.
Et puis un élève au lycée technique il a un prof, ou deux, dans une équipe de maintenance ou autres, il en a 15, 20 toute une usine, et puis pour gérer une carrière il doit peut être maîtriser 4, 5 métiers différents aux hasards des chantiers.
L'apprentissage apporte la polyvalence que n'apporte pas le lycée.
a écrit le 25/01/2017 à 16:03 :
Pourtant cette situation était hélas prévisible et cela est due à plusieurs facteurs.
D’une part, la chute depuis 30 ans de l’activité industrielle en France a provoqué une disparition de millions emplois non qualifiés (dont une bonne partie étaient des emplois bien payés) et qui ont été à peine remplacé par des emplois de services aux salaires très bas.
Donc du coup, tout les parents ont poussé leurs enfants à faires des études supérieures et cela a été encouragé par l’éducation nationale qui a fait croire à de grands mensonges à plusieurs générations d’étudiants.
Le premier gros mensonge, tout le monde le connait, a été de faire croire à tout les étudiants que chacun pourraient faire le métier correspondant aux études qu’il a faite !
Totale Utopie !
Comme si la France allait être capable de fournir du travail aux 5000 diplômés de psychologies, aux 5000 sociologues, historien de l’art, aux milliers diplômés de communication, de biologie que l’université produit etc.. Bref continuer à proposer des formations dans des filières totalement bouchées, comme ci, c’était l’économie française qui allait s’adapter aux profils des nouveaux diplômés! Alors que ce sont les étudiants qui doivent surtout choisir une formation par rapport à la structure du marché de travail de la région sur laquelle ils vivent...

L’autre grand mensonge a été de faire croire qu’une fois le bac en poche, chaque étudiant aura la possibilité de suivre le cursus universitaire qu’il désire ! En pensant qu’avec le BAC en poche, il pense réussir les études qu’il ambitionne ! Là aussi grande utopie !
C’est d’ailleurs le grand massacre lors des premières années de FAC ! Par exemple, faire de longues études scientifiques comme les maths, l’informatique et la physique n’est pas donné à tout le monde! Il faut certaines aptitudes intellectuelles pour réussir ces études ! D’ailleurs, on retrouve même des BAC PRO et après on se pose des questions sur l’échec ...

L’autre grande tare a été la dévalorisation systématiques des métiers manuels . Autant, il existe des métiers manuels auquel la rénumération est faible comme dans la restauration, l’hôtellerie, autant il existe des métiers manuels auquel on peut bien gagner sa vie comme les artisans. On le voit très bien en Allemagne ou en Suisse auquel l’apprentissage est très valorisée.
a écrit le 25/01/2017 à 14:01 :
Un rapide examen de la pyramide des ages montre que le chomage des jeunes va continuer à croitre ainsi que les départs à la retraite qui augmenteront la charge des caisses de retraites. Hollande n'y est pour rien. Fillon ne l'a pas compris. Macron est le plus proche de la vérité.
Réponse de le 25/01/2017 à 17:04 :
@gépété: si Hollande n'y est pour rien, il faut créer une taxe sur l'énergie ! Cela dit, comment peux-tu dire que les politiques ne sont pour rien dans les destinées du pays ? De plus, en quoi la pyramide des âges influe-t-elle sur l'emploi ? S'il n'y a pas de travail, que tu sois jeune ou moins jeune, il n'y a de travail pour personne. Le fait est qu'il y aura des départs massifs en retraite, mais doit-on se poser la question de la démographie ? Sur les 220 000 immigrés officiels et les autres (illégaux), combien participent aux financements sociaux ? Pas besoin me diras-tu, ils vont bientôt avoir droit au revenu universel dont bénéficieront aussi leurs proches et moins proches au nom du regroupement familial. Il faut appeler les choses par leur nom au lieu de chercher un bouc émissaire: en France, les socialos principalement, mais pas seulement, ont créé la gabegie ingérable :-)
a écrit le 25/01/2017 à 10:08 :
"qui réitère sa proposition d'une sécurité sociale professionnelle, qui protégerait les jeunes "

IL est évident qu'avec la raréfaction du travail de toutes façons il va bien falloir trouver une solution pour lutter contre la paupérisation occidentale générale, travailler moins semblerait être également la solution, étant donné qu'aucun travail pose le problème de l'intégration sociale.

Maintenant il est vrai que de tout continuer de laisser faire comme ça fait trente ans que nos politiciens le font, après tout parait être le futur le plus sûr et permettra enfin que les gens renversent ce système étant donné que l'on voit mal comment la faim arrivant les gens pourraient se détendre.

Après tout vu que c'est la pensée à court voir très court terme qui domine, un bon bain de sang sur le coup ça doit faire du bien, après on verra bien.
a écrit le 25/01/2017 à 9:22 :
alors que 22% des diplômés du supérieur ont un job en dessous de leur qualification ("non graduate job") contre 58% au UK (étude anglaise Chartered Institute of Personnel & Development 2015). 50% aux US (McKinsey 2013 ; Careerbuilder 2014).
proportion de 25-34 ans vivant chez les parents bien plus faible qu'au UK ou Germanie (Eurostat).
le taux de chômage des jeunes est aussi supérieur à 20% en Suède, il me semble.
des tas de secteurs manquent de candidats en France : Transport, Industrie, Services à personne, Cuisine, etc... Des régions aussi manquent de candidats.
Réponse de le 25/01/2017 à 10:01 :
je connais pas la GB mais en RFA la situation des jeunes est bien meilleure qu en France. Et dire qu en region on manque de candidat est risible. a votre avis pourquoi les gens s entassent a paris ??? de meme les secteurs qui manquent de cnadidat c est surtout parce que c est si mal paye que personne veut y aller

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