Que vaut le plan Tourisme du gouvernement ?

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La France est restée la première destination touristique mondiale en 2016, accueillant 83 millions de touristes étrangers.
La France est restée la première destination touristique mondiale en 2016, accueillant 83 millions de touristes étrangers. (Crédits : REUTERS/Eric Gaillard)
Le gouvernement a dévoilé son plan d'actions pour que la France conserve la première place mondiale des destinations touristiques. Il reprend en grande partie les mesures contenues dans le plan lancé en 2015...

En 2016, la France est restée la première destination touristique mondiale, accueillant 83 millions de touristes étrangers. Parce que ce secteur pèse près de 8% du PIB et emploie 2 millions de personnes, directement et indirectement, le gouvernement réuni en interministériel a décidé de lancer un plan permettant à la France de conserver son rang.

La concurrence est rude. Depuis plusieurs années, l'Hexagone se fait tailler des croupières par des concurrents sérieux. Entre 2013 et 2014, la France est passée de la troisième à la quatrième place mondiale derrière les États-Unis, l'Espagne et la Chine, qui lui a ravi la dernière marche du podium.

"L'ambition du gouvernement est de conforter cette première place, en portant le nombre d'arrivées touristiques à 100 millions de touristes internationaux à l'horizon 2020. Il souhaite que cet objectif s'accompagne d'une prolongation de la durée moyenne de leur séjour sur le territoire", précise le gouvernement dont la feuille de route porte sur les priorités suivantes : la qualité de l'accueil et la sécurisation des sites ; la structuration de l'offre touristique "permettant d'attirer un nombre croissant de touristes internationaux" ; le soutien étatique en matière d'investissements ; la formation et l'emploi ; le soutien à la numérisation et au partage d'information permettant de renforcer la compétitivité de la filière et enfin l'accès aux vacances pour le plus grand nombre.

Un classement artificiel

Avec ce plan, le gouvernement espère retenir davantage les touristes sur notre sol. C'est l'objectif ultime. Car la première place de la France n'est que comptable. Sont en effet recensés tous les touristes qui arrivent en France mais qui n'y restent pas forcément. Une famille belge qui traverse la France pour aller en Espagne entre dans les statistiques.

C'est la raison pour laquelle la France n'était plus sur le podium de ce classement en 2015 - dernier chiffre connu - établi par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). D'un montant de 45,9 milliards d'euros, ses recettes ont chuté de 21% entre 2014 et 2015, plaçant la France à la quatrième place, devancée par les Etats-Unis, en tête, la Chine et l'Espagne.

Le gouvernement espère faire passer de 40 à 50 milliards d'euros le montant de ces recettes, ce qui signifie donc qu'elles ont continué de reculer depuis 2015.

Un copié-collé ?

Avec ce plan, le gouvernement s'est surtout concentré sur les infrastructures touristiques. Point faible, il reprend l'essentiel des mesures déjà intégrées au plan en faveur du tourisme lancé en 2015 par Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères. En 2015, déjà, l'objectif d'accueillir 100 millions de touristes en 2020 était également défini. Or, pour l'instant, le plan de 2015 ne semble pas avoir les effets escomptés, les statistiques portant sur les recettes touristiques en témoignent.

Le gouvernement peut-il employer une autre méthode pour relancer le tourisme ? La question est délicate. La France n'a pas les armes pour lutter contre les destinations à bas coût que sont l'Espagne, le Portugal, voire l'Italie en Europe, la Turquie ou en Asie, la Chine et la Thaïlande qui occupait la sixième place en matière de recettes touristiques en 2015

A moins de faire chuter le coût du travail, la France est donc désarmée. Elle l'est également lorsqu'il s'agit d'orienter les touristes internationaux vers la France. Dans le domaine de la commercialisation touristique, les acteurs français sont des nains face aux géants allemands comme le groupe TUI et anglo-saxons parmi lesquels Thomas Cook, Expédia, Booking.com, Last Minute.com, AirBnB...

Et l'Outre-mer ?

Sans réelle surprise, malheureusement, l'Outre-mer est à peine évoqué par le gouvernement. Il se contente d'annoncer la tenue des deuxièmes Rencontres Nationales du Tourisme Outre-Mer, qui se tiendront en marge du principal salon de l'industrie du tourisme, TOP Résa, le 25 septembre. "À cette occasion, sera mis en place un Conseil du Tourisme dans les Outremer, qui associera les décideurs politiques, les professionnels et les administrations concernés, y compris Atout France, pour animer la réflexion la feuille de route tourisme du gouvernement sur les Outre-mer". Rien de plus.

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Commentaires
a écrit le 28/07/2017 à 22:06 :
Etre le pays recevant le plus de touristes !
On le constate à Paris. Les parisiens donc les habitants sont les malvenus.
Ils ne doivent pas déranger les touristes, même s'ils sont impolis, sales etc...
Ils doivent rester chez eux ou partir loin.
Paris a perdu sa qualité de vie, devient une ville musée. Et c'est cela que les touristes recherchent ?
a écrit le 28/07/2017 à 16:01 :
Comme d’habitude des grandes idées sans mettre en place le minimum dont LA PROPRETE. La France dans certaines régions est plus proche de pays qui ont des difficultés de développements que de pays dits riches. Pour notre pays la région qui pour ma part porte le pompon de la saleté le sud est. Pour exemple le Pays de Fayence agréable avec son beau lac mais dès la sortie de l’autoroute nous commençons par faire la connaissance de la prostitution puis à quelques centaines de mètres une déchetterie qui a une fonction méconnue la décoration de l’environnement grâce aux papiers, plastiques et même pneus. Puis à 1 ou 2 km le long de ce beau lac une décharge à ciel ouvert où se mélangent gravats, palettes et autres. D’ailleurs dans cette période de sécheresse , une question se pose des produits inflammables stockés dans des bidons ne sont-ils dans cette décharge et quel en seraient les dégâts si par la chaleur ces produits s’enflammaient question qui ne semble pas inquiéter les autorités locales. Puis après plusieurs km nous arrivons dans ce Pays et là stupéfaction deux magnifiques ronds- points qui donnent une autre image mais avant nous sommes passés devant une sorte de jungle qui n’a pas du être défrichée depuis des lustres.
Nous arrivons sur la départementale dont les abords sont d’une propreté douteuses, sans possibilité de pouvoir marcher pour les petits croissants du matin ……
Je pense à nos amis étrangers mais également à nous citoyens de cette France qui viennent dans cette région et qui se retrouvent dans ce mélange de beaux paysages mais doivent marcher ou rouler tête haute pour éviter de voir la saleté au risque pour les piétons de marcher sur une poubelle. Alors les réunions aux sommets devraient d’abord passer par la case locale pour un minimum LA PROPRETE c’est-à-dire le respect de ceux qui viennent œuvrer à l’économie locale.
a écrit le 28/07/2017 à 12:10 :
L'outre mer.... Tout un roman. Allez passer une ou deux semaines dans un Beach-Comber en polynesie. Vous allez payer un max pour un fare prive mais sans restauration. A cela ajouter un personnel local souvent "fiu" qui en langage local signifie tres las, fatigue, vivement le week-end et son corollaire le petit dimanche, a savoir le lundi matin, on reste a la maison pour recuperer de ce week-end tres fatigant. Des vacances dont vous vous souviendrez longtemps. Je choisis desormais les iles americaines, elles aussi en plein Pacifique. Moins cheres avec un service a la hauteur.
a écrit le 28/07/2017 à 10:20 :
1- l'accueil,
2- le sourire,
3- l'Anglais,
4- la disponibilité, (horaires d'ouverture)
5- la propreté, (les toilettes, les rues)
6- l’honnêteté (les bons prix, on ne facture pas la bouteille pour une demi)
7- arrêter de ne voir le touriste que comme une carte bancaire !
a écrit le 27/07/2017 à 20:05 :
A défaut d'avoir des emplois industriels et pérennes, nous serons transformé en un immense parc d'attraction pour touristes avec des emplois précaires peu payés et souvent à faible valeur ajoutée ..l'avenir en marche!
a écrit le 27/07/2017 à 16:43 :
Bel exercice de com avec les outils du precedent gvt. Développer un tourisme de masse qui coûte et pollue plutôt que soutenir grandement sciences dure innovation et recherche.
a écrit le 27/07/2017 à 14:26 :
Cet article devrait d'abord soulever les points importants suivants :
1. le tourisme représente 8.6% du PIB de la France
2. 1.8 million d'emplois directs et au moins le double en indirect

Et savez vous de quel ministère dépend le tourisme ? des Affaire étrangères...il est confiée à une direction qui n’apparaît qu'en dernier dans l'organigramme du ministère...C'est dire l'importance que ce gouvernement accorde à ce secteur. Quant aux DOM TOM cette activité est complètement oublié alors qu'il représente l'essentiel de leur activité. On continue à laisser de petits chefs locaux profiter des subventions pour faire travailler les copains et la famille et leur comptes en banque.
a écrit le 27/07/2017 à 12:51 :
Avec un million de français en moins qui ne peuvent plus partir en vacances chaque année (chiffre de l'année dernière) il va de soi que le tourisme a des soucis à se faire.

"A moins de faire chuter le coût du travail, la France est donc désarmée."

Si les mobil home et les hôtels sont chers aux bords des mers et océans sont si chers en France cela ne vient pas du "koutdutravail", cela vient essentiellement que c'est la mafia qui gère directement les établissements aussi bien placés. Et la mafia ça a besoin de beaucoup de marge bénéficiaire, comme les actionnaires milliardaires, tiens tiens...

Sinon, pour garder plus de touristes plus longtemps c'est facile: Développer avant tout l'art et la culture, conserver le patrimoine immobilier historique et également, très important, développer un tourisme culinaire liè à la bonne bouffe qui avec ces trois premiers éléments finirait de retenir les touristes toute l'année.

C'est facile à faire mais ça impose de bouger de puissants lobbys et donc irréalisable en néolibéralisme.
a écrit le 27/07/2017 à 12:29 :
Le Gvt ne peut rien pour faire des français et des parisiens particulièrement des gens chaleureux, sympas, ouverts. Et surtout dans le domaine des services : je voyage bcp et la différence de qualité de service dans les magasins, restaurants, cafés avec l'étranger est flagrant.
a écrit le 27/07/2017 à 12:10 :
Le mot "vélo" n’a pas été prononcé une seule fois. Pourtant, permettre de visiter nos merveilleux paysages et monuments à vélo serait également un atout majeur pour notre attractivité.
Réponse de le 27/07/2017 à 12:37 :
Oui en théorie, car il ne faut pas oublier que le réseau routier secondaire du pays est digne des routes Russes ou de la Roumanie, je veux dire par là désastreux.
Réponse de le 27/07/2017 à 15:07 :
C'est une excellente remarque, il y a plusieurs années de cela un texte a été voté allant dans ce sens, toutes les communes de France devaient se rejoindre via des pistes piétonnes et cyclables et quand on voit le succès des "voix vertes" en France on se doute du succès que cela rencontrerait.

Maintenait, purges d'austérité néolibérale imposées, c'est le premier projet à rester dans les cartons alors que pourtant pouvant générer une nouvelle forme d'économie mais bon en néolibéralisme ce sont les lobbys qui font les Lois pas les citoyens.

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