Origine, bilan, enjeux... Trois choses à savoir sur l'Aléna

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Entre 1993 et 2016, le commerce régional entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique a plus que triplé - en passant de 290 milliards de dollars à plus 1,1 trillion de dollars.
Entre 1993 et 2016, le commerce régional entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique a plus que triplé - en passant de 290 milliards de dollars à plus 1,1 trillion de dollars. (Crédits : Reuters/Chris Wattie)
Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sont de nouveau autour de la table pour renégocier l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna). Retour sur l'origine de ce traité, régissant la plus grand zone de libre-échange au monde.

Round 4. La quatrième session de renégociation de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna) s'est ouverte mercredi. Elle devrait durer jusqu'au 17 octobre. Cette révision a été souhaitée par le président américain Donald Trump dans la foulée de son investiture.

■ Qu'est-ce que c'est ?

Entré en vigueur en 1994, l'Aléna est un traité de libre-échange conclu entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. L'objectif initial : stimuler les échanges entre les trois Etats membres grâce à la suppression de la plupart des droits de douane - notamment pour le textile, l'agriculture et l'automobile. Les pays développés que sont le Canada et les Etats-Unis souhaitaient ainsi développer de nouveaux marchés, via une levée des barrières aux investissements. Ils espéraient aussi voir le Mexique consolider sa croissance, afin de dissuader l'immigration illégale. Entre 1993 et 2016, le commerce régional a plus que triplé - en passant de 290 milliards de dollars à plus 1,1 trillion de dollars.

■ Pourquoi réviser l'Aléna ?

L'initiative vient de Donald Trump, qui qualifie régulièrement ce traité de "pire accord commercial" jamais signé par les Etats-Unis. Le président américain accuse le Mexique d'être responsable en partie de la désindustrialisation de son pays, alors que le coût du travail est plus bas de l'autre côté de la frontière. Environ 600.000 emplois américains auraient été supprimés depuis l'entrée en vigueur du traité, selon un rapport de mai 2017 du service de recherches du Congrès américain. Le secteur le plus touché serait celui de l'automobile. Les Etats-Unis auraient perdu encore 350.000 emplois depuis 1994 - quand le secteur automobile mexicain est passé de 120.000 à 550.000 emplois, selon le Peterson Institute for International Economics.

Washington veut aussi s'attaquer au déséquilibre de sa balance commerciale avec le Mexique, qui, depuis la signature du traité, est passée d'un excédent de 1,6 milliard de dollars à un déficit de près de 64 milliards de dollars. Les Etats-Unis auraient pourtant bénéficié d'un impact modeste, mais positif, pour son PIB avec une augmentation de 0,5% grâce à l'Aléna, toujours selon le service de recherches du Congrès américain.

| Lire aussi : Aléna : ce que les Etats-Unis veulent renégocier avec le Mexique et le Canada

■ Quels sont les enjeux ?

Le Mexique est le pays qui a le plus à perdre. Mexico est très dépendant des Etats-Unis, son premier partenaire commercial. Environ 80% des importations mexicaines sont adressées à son voisin américain - soit un tiers de son PIB. Conséquence : une sortie de l'Aléna pourrait faire entrer le Mexique en récession, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) citée par Le Monde. A terme, une sortie de l'Aléna pourrait conduire à une contraction de 2,7 % du PIB mexicain, a annoncé mi-décembre la Cepal.

Le retrait d'un des Etats membres est prévu dans le traité. Si l'un des pays souhaite quitter l'Aléna, il doit le notifier aux deux autres membres. Une période de 180 jours s'ouvre pour de nouvelles négociations. Si aucun accord n'est trouvé, alors l'ancien traité sera dissous.

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Commentaires
a écrit le 15/10/2017 à 7:35 :
On se calme Jean Luc
a écrit le 13/10/2017 à 8:55 :
"Le retrait d'un des Etats membres est prévu dans le traité."

Bref l'ALENA plus démocratique que notre UE qui n'a jamais envisagé la sortie d'un de ses membres alors que l'ALENA c'est trois pays et l'UE c'était 27.

Le Mexique a laissé foisonner la mafia, pays devenant une arrière court bien sale de l'oligarchie américaine, avec tous les milliardaires qui trempent dans des affaires dégoutantes il était évident que cela allait couter de plus en plus cher aux états unis.

Le Mexique aurait du utiliser cette manne financière pour développer son pays mais il n'a fait qu'enrichir sa mafia, on ne peut que comprendre trump qui souhaite se séparer de ce panier percé, les riches ça coutent trop cher et du coup ceux qui ne sont pas ses alliés vont payer.

De moins en moins d'oligarques détenant de plus en plus de richesses mondiales, la concurrence entre oligarchies pour savoir laquelle dirigera le monde dans 20 ans commence, Trump en est le déclencheur.

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