Allemagne : le climat des affaires se dégrade notablement

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Les patrons allemands sont moins optimistes
Les patrons allemands sont moins optimistes (Crédits : © Kai Pfaffenbach / Reuters)
L'indice Ifo du climat des affaires a nettement reculé en janvier, revenant sous son niveau de mars dernier. Les chefs d'entreprises se montrent préoccupés par l'avenir, principalement.

Jusqu'à présent, les enquêtes allemandes de conjoncture, auprès des chefs d'entreprises, semblait devoir démentir les données statistiques « dures » qui montraient une certaine résistance à la première économie européenne au ralentissement des émergents. Ce paradoxe est peut-être terminé en janvier. L'indice IFO du climat des affaires en Allemagne pour le mois de janvier - rendu public le 26 janvier - a ainsi brutalement chuté de 1,3 point à 107,3 contre 108,6 en décembre.

Baisse marquée des anticipations

Cette deuxième baisse consécutive de l'indice ramène ce dernier sous son niveau de juin dernier. L'estimation de la situation actuelle recule de 0,3 point seulement, à 112,5, son plus bas depuis avril, tandis que l'indice des anticipations, lui, accuse un recul de 2,2 points, passant en un mois de 104,6 à 102,4, revenant sous son niveau d'août dernier. C'est donc bien principalement le futur qui commence fortement à inquiéter les chefs d'entreprise outre-Rhin, même si la situation actuelle commence à se dégrader légèrement.

Coup d'arrêt dans le secteur industriel

En termes sectoriels, c'est principalement le secteur manufacturier qui voit son climat des affaires se dégrader le plus notablement, atteignant son plus bas point depuis un an. La baisse des anticipations dans ce secteur, très sensible aux exportations, est particulièrement marquée. Il en va de même dans la construction, où les anticipations des acteurs économiques repassent dans le rouge, autrement dit ceux qui attendent une dégradation de la situation sont plus nombreux que ceux qui envisagent une amélioration. Le secteur de la vente au détail résiste mieux, notamment en raison d'une modeste amélioration des anticipations, mais la situation actuelle se dégrade notablement.

Ralentissement dans les services

Le peu de dynamisme de ce secteur de la vente au détail est, du reste, inquiétant, car on sait que l'économie allemande dépend largement à présent de la consommation des ménages. C'est elle qui a permis à la croissance allemande d'atteindre 1,7 % en 2015 et c'est elle qui parvient à effacer la modeste contribution de la demande extérieure et de l'investissement. Or, elle semble perdre en dynamisme. Voilà qui est préoccupant alors même que le secteur des services connaît aussi un coût d'arrêt en janvier, même s'il reste en meilleure forme que celui de l'industrie. L'indice du climat des affaires dans ce secteur passe ainsi de 33,8 à 27,9, un plus-bas depuis juillet. Le sous-indice des anticipations recule de 24,9 à 19,1. Voilà qui pose problème, car si la croissance des services et de la vente au détail ralentit, la croissance allemande risque de s'essouffler.

Préoccupant

Cet indice IFO est donc préoccupant. Mais il s'agit sans doute avant tout d'un « rappel à la réalité. » Le niveau des indices depuis septembre semblait surévalué et en décalage avec la réalité. Il y a donc là une correction naturelle. Il confirme cependant un ralentissement notable de la conjoncture et la naissance de sévères inquiétudes pour l'avenir dans la foulée du ralentissement chinois et des turbulences sur les marchés.

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a écrit le 02/02/2016 à 12:33 :
Le climat serait moins bon, on parle en Europe d’usines à gaz, existe-t-il une gestapol, une stasi et des camps d’extermination ?
a écrit le 26/01/2016 à 11:55 :
Depuis quand un " indice" de climat fait-t-il le printemps ??
Attendez de voir les chiffres. Les années passées tous les indices ont été remballés par des résultats très confortables à tous les échelons.
Certes la conjoncture actuelle n est pas folichonne : chute des prix du petrole, " quasi " recession" en Chine etc. etc mais en fin de compte il ne faut pas compter sur un recul du PIB en Allemagne. Deja la consommartion interieure assurera une petite croissance comme cela a ete le cas en 2015.
a écrit le 26/01/2016 à 11:55 :
Depuis quand un " indice" de climat fait-t-il le printemps ??
Attendez de voir les chiffres. Les années passées tous les indices ont été remballés par des résultats très confortables à tous les échelons.
Certes la conjoncture actuelle n est pas folichonne : chute des prix du petrole, " quasi " recession" en Chine etc. etc mais en fin de compte il ne faut pas compter sur un recul du PIB en Allemagne. Deja la consommartion interieure assurera une petite croissance comme cela a ete le cas en 2015.
a écrit le 26/01/2016 à 10:20 :
Le monde subit la plus grave crise économique de son histoire due à la chute de la consommation mondiale depuis la crise de 2008 et le choix des politiciens de sauver les banques coupables plutôt que de soutenir les peuples victimes.

Les décideurs ont pu pendant un moment en jouant sur les effets leviers que fournissent nombre d'institutions publiques et privées cacher cette réalité mais au bout d'un moment on fini tous par la subir, ce qui en effet n'est pas prêt de leur arriver à eux ce qui est certainement le plus important pour ces gens là.

L’Angleterre rincée par les logiques stupides néolibérales en est la preuve la plus flagrante, tandis qu'on nous dit que la libéralisation du travail lui a redonné un coup de fouet économique, la population anglaise est en train de connaître le problème de la faim, oui je dis bien de la faim:http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/04/07/malgre-la-reprise-economique-le-royaume-uni-touche-par-la-faim_4609782_3214.html

D'un côté l’irréalisme d'un petit milieu de gens ultra riches, possédants la totalité des outils de production et donc les médias qui nous inondent de désinformation en permanence, de l'autre la cruelle réalité touchant la plus grande partie de la population, majorité qui n'a jamais son mot à dire.
a écrit le 25/01/2016 à 23:25 :
Nous entrons dans l'ère de la précarisation de l emploi pour la très grande majorité des citoyens. Une conséquence immédiate, c'est la dégradation de la motivation au travail et corollairement de la dégradation de la qualité du travail fourni et des services rendus aux consommateurs. Les rapports avec les entreprises deviennent difficiles : il faut tout contrôler, les conflits se multiplient. D'un point de vue plus général, cette precarisation amènera violence, corruptions, incivisme. Les classes influentes ont beau nous répéter que c'est la modernité, on peut quand meme en douter.
a écrit le 25/01/2016 à 23:19 :
Ne nous avait-on pas dit que l'arrivée de réfugiés et de migrants par millions en Allemagne garantissait des perspectives économiques radieuses à ce pays ? On nous aurait menti... Sans croissance et avec un ou deux millions de de convives en plus, les parts du gâteau vont sérieusement diminuer...
a écrit le 25/01/2016 à 17:19 :
L’Europe est-elle gouvernée par un FUHRER chômage de type du con-la-joie dictateur en pantoufles ? On entend dire qu’après crise le PIB de nombreux pays baisse et il monte en Allemagne, l’Europe agit-elle dans l’intérêt des différents pays, ne devrait-on simples citoyens examiner la situation comme dans un Think Tank diplômé ? L’Europe est-elle un bourreau anti jeune et anti croissance qui détruit la société et le PIB, on parle d’un vieillissement, l’Europe est-elle une fabrique de vieilles peaux ? L’Europe a-t-elle mis en place des camps d’exterminations alors qu’on parle d’usines à gaz, ne devrait-on certifier cette information hors administration ? Existe-t-il un fascisme bureaucratique alors qu’on parle de tracas, d’antisémitisme et de barbarie ? Existe-t-il une impéritie européenne ?
a écrit le 25/01/2016 à 15:59 :
Ça ne peut que mal aller. L’Allemagne exporte beaucoup, et surtout en Europe.

Pas de chance, les politiques austéritaires qu’elle impose aux autres se retournent contre elles, puisque les autres pays ne peuvent plus rien leur acheter du fait des poliques austéritaires qui ne profitent qu’aux riches esclavagistes capitalistes.

De même, elle ne peut guère compter sur sa consommation intérieure puisqu’elle a construit son avantage compétitif sur ses bas salaires. Avec 1€ par heure, difficile de consommer.
Réponse de le 26/01/2016 à 8:05 :
L'Allemagne n'impose de politique austéritaire à personne ; cessons de confondre une réalité et son messager.
Quand la dette publique d'un pays atteint et dépasse les 100% du PIB, sans aucune volonté réelle de faire quoi que ce soit pour inverser la tendance, qu'il ne peut plus actionner le levier fiscal parce que son taux de prélèvements obligatoires est déjà quasiment au top mondial et que les hausses d'impôts qu'il décide rapportent systématiquement moins qu'anticipé (et que donc ce pays découvre à ses dépens le principe de Laffer : trop d'impôt tue l'impôt), que sa dépense publique est la première au monde à 57% du PIB sans satisfaire vraiment personne et qu'on ne cesse d'y entendre des revendications pour toujours plus de dépense publique, c'est la réalité et non l'Allemagne qui impose l'austérité. Pour son économie l'Allemagne serait ravie d'avoir une France mieux portante et non un pays qui tombe du 200è étage et qui, arrivé au 10è étage se rassure en disant "jusqu'ici tout va bien". Et tout ira bien tant que la BCE maintiendra la drogue dure qu'est le quantitative easing qui fait que les titres de dette française continuent à trouver facilement preneur. Après...
a écrit le 25/01/2016 à 15:55 :
Les voyants économiques de l'Allemagne passent à l'orange
Les économies de certains pays émergents se transforment (Chine notamment) et atteignent des taux de croissance beaucoup plus raisonnables....

La fête est finie, tout le monde descend...
Pendant ce temps là, deux millions de réfugiés sont attendus en Allemagne et l'extrême droite allemande pulvérise des records depuis 1945 (10% selon les derniers sondages)
Un grand merci à Merkel et au patronat allemand....
ca va mal finir....
a écrit le 25/01/2016 à 15:53 :
D'abord, il y a l'affaire VW, qui va coûter à elle seule 1.1% de croissance, sans compter les dégâts collatéraux dans l'ensemble de l'industrie (qui pèse 30% du PIB en 2014). Das Auto en a pris un méchant coup sur le capot, et sachant qu'un emploi sur sept dépend de l'automobile en Allemagne, ça va faire mal.

Ensuite, c'est la première banque allemande, la Deutsche Bank, qui est en perte de 6 milliards d'Euros au troisième trimestre 2015 et qui va devoir licencier 10% de son effectif.
Elle symbolisait la toute puissance financière germanique (et tous ses excès) et se retrouve impliquée dans plus de 6000 litiges . En plus des amendes record (2.5 miliards) déjà versées, elle a du provisionner encore 1.2 milliards d'Euros pour parer aux prochaines condamnations.

Et pour terminer, le modèle économique de l'Allemagne reposait sur une prédation efficace sur les marchés extérieurs. Maintenant que les émergents n'ont plus autant de dynamisme, les exportations allemandes stagnent, en attendant de chuter.
a écrit le 25/01/2016 à 15:01 :
Je ne comprends pas j'ai cru lire que l'afflux de réfugiés était une chance pour la croissance et pour l'Allemagne!
Réponse de le 25/01/2016 à 16:14 :
probablement une bouffée d'oxygène pour le pays.la consommation va beaucoup plus tirer l'économie,les allemands n'étant pas habitués a consommer mais a produire.le modèle Allemand s'équilibre et redevient vertueux!
Réponse de le 25/01/2016 à 23:28 :
@elu ps : "les allemands n'étant pas habitués a consommer"...
Lieu commun ! Allez voir en Allemagne le parc automobile et la qualité et la taille des logements... Les allemands consomment sans modération mais ne jettent pas l'argent par les fenêtres. Le seul effort qu'on serait légitimement en droit de demander aux allemands serait d'accroitre significativement leur effort de défense.
a écrit le 25/01/2016 à 14:54 :
les migrants ne veulent pas rester (dixit le WSJ). le programme "make it in Germany" n'a attiré que 170 candidatures de gens qualifiés non-européens. les européens du sud ne veulent pas rester (dixit l'OCDE). et ils s'inquiètent aussi d'un "brain drain" (rapport remis à A. Merkel début 2014).
cela doit être du à l'austérité allemande.
si la population décline et que les étrangers ne veulent pas venir ou rester, c'est pas encourageant pour la consommation (comme pour la production).
a écrit le 25/01/2016 à 14:29 :
La population européenne sera-t-elle contrainte de voter contre l’euro dans les années à venir ou au FRANCEXIT, l’euro est-il un détritus qui détruit le PIB et l’emploi ? Est-ce qu’un boomster c’est con et paresseux de nature ? L’euro est-il Jack l’Eventreur social ?
a écrit le 25/01/2016 à 12:52 :
Si notre premier client et premier fournisseur qu'est l'Allemagne passe au rouge, la fameuse mirobolante reprise électorale française va en prendre un coup, même avec le bien heureux sondage de l'organisme aux ordres qu'est la BPI. La Pravda gouvernementale en forme de radios et de journaux va devoir sérieusement revoir son discours pour éviter un ridicule achevé. Il ne suffit pas de bêler tous les matins que "la France a tout pour réussir", encore faut-il que cela soit vrai, particulièrement au sommet de l'Etat.
Réponse de le 25/01/2016 à 15:26 :
Ne vous inquiétez pas, dans un an on connaîtra le paradis d'avant 2012 : pas de déficit, pas de chômage, une France hypercompétitive, en excédent commercial, des gens honnêtes et compétents, garants de l'indépendance de la justice etc.

On sait bien que Hollande, 1 heures après son élection avait déjà fait un trou dans les finances, rendu la France non compétitive et fait un déficit commercial.
Et ce sont le PS, le PC, le MODEM, l'UDI qui sont en faillites. Pas les LR...
Réponse de le 25/01/2016 à 18:41 :
mais n'était ce pas votre idole qui hurlait le changement c'est maintenant?? me trompé-je? or depuis l'élection de mollande TOUT EXPLOSE, navré mon cher mais OUI TOUT, CHOMAGE. DETTE, DEFICITS, IMPOTS ET TAXES. FAILLITES. etc, etc... certes avant l'arrivée de ça il y avait des "dérapages" mais il y avait UNE CRISE MONDIALE ET LA FRANCE N'AVAIT RIEN A ENVIER vs TOUS LES AUTRES PAYS EUROPEENS mais depuis mai 2012 TOUS LES AUTRES PAYS FONT BEAUCOUP.BEAUCOUP BEAUCOUP BEAUCOUP.. donc l'autre nul et sa clique valls, sapin, touraine, etc..COULENT LE PAYS.
a écrit le 25/01/2016 à 12:34 :
Bien fait pour Merkel
a écrit le 25/01/2016 à 11:39 :
Heureusement que tous les voyants sont au vert selon notre "cher Président" et ses ministres! Sommes-nous dans un trou d'air dans les affaires? Ou au début d'une nouvelle Crise?
Réponse de le 25/01/2016 à 12:16 :
@ Benoit ,
Je ne sais si c' est ma vue , mais le sujet traite de l' Allemagne....
Cordialement .
Réponse de le 25/01/2016 à 13:06 :
@ Roro, non votre vue ne baisse pas, ni la mienne. Ils nous disent que tout va bien. Mais comme les économies européennes sont liées, ainsi que celles des autres parties du monde. Si l'Allemagne baisse, la France baissera pas aussi par ricochet. Et ainsi de suite.


Cordialement.
Réponse de le 25/01/2016 à 14:02 :
"ils nous disent que tout va bien" : t'as vu ça ou, Benêt ?

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