Conflit ouvert entre l'Italie et Bruxelles

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Le président du conseil italien a des rapports tendus avec Bruxelles.
Le président du conseil italien a des rapports tendus avec Bruxelles. (Crédits : Reuters)
Le gouvernement de Matteo Renzi s'est indigné que le seul Italien du cabinet de Jean-Claude Juncker ait été contraint à la démission et remplacé par un Britannique. Un épisode qui illustre les mauvaises relations actuelles entre Rome et la Commission.

En ce début d'année 2016, les relations entre l'Italie et l'Union européenne sont plus que jamais tendu. C'est un remaniement au sein du cabinet du président de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui a encore une fois mis le feu aux poudres. Le seul Italien de ce cabinet, l'expert juridique Carlo Zadra, a en effet démissionné de son poste en raison, semble-t-il, de désaccords fréquents avec le chef de cabinet du président, Martin Selmayr, un Allemand réputé très conservateur. L'ennui, c'est que Carlo Zadra a été remplacé par un Britannique, Michael Shotter. Et que, partant, il n'y a plus d'Italien autour de l'ancien premier ministre grand-ducal.

"Inacceptable"

Une décision qui a été très mal perçue à Rome où, fait notable, le sous-secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Sandro Gozi, s'est exprimé sur ces faits, jugeant l'absence d'un Italien au cabinet de Jean-Claude Juncker « inacceptable. » « Commencer l'année 2016 sans un Italien ne devrait certainement pas faciliter les rapports avec l'Italie », a-t-il affirmé. Et de poursuivre : « pour nous, il est essentiel qu'il y ait un membre italien dans le cabinet Juncker. » Sandro Gozi en aurait fait officiellement la demande à Martin Selmayr, mais rien n'oblige Jean-Claude Juncker à avoir un collaborateur du quatrième pays le plus peuplé de l'UE.

La bataille budgétaire contre Bruxelles

Cette démission, il est vrai, tombe mal alors que les relations entre l'Italie et l'UE ne sont pas vraiment au beau fixe. Au cours des mois d'octobre et de novembre, Matteo Renzi, le premier ministre italien, a mené un bras de fer avec la Commission sur le budget italien qu'il a voulu présenter comme un budget « de relance » alors que Bruxelles exigeait une correction plus nette de la trajectoire du déficit  public. Mieux même, au lendemain des attaques terroristes contre Paris le 13 novembre, le locataire du Palazzo Chigi a lancé un plan de « prévention » de 2 milliards d'euros qui incluaient des mesures « culturelles » : un véritable défi à Bruxelles et à sa logique qui consiste à limiter aux seules dépenses « sécuritaires » sa bienveillance face au terrorisme. Matteo Renzi est donc allé plus loin que François Hollande dans la prévalence du pacte de sécurité sur le pacte de stabilité.

L'attaque contre Angela Merkel de Matteo Renzi

Mais l'acmé de cette tension est arrivée lors du sommet européen des 18 et 19 décembre. A Bruxelles, Matteo Renzi s'est emporté contre les critiques de la Commission contre l'Italie dans la crise des réfugiés. Un dossier que suivait justement Carlo Zadra au cabinet de Jean-Claude Juncker. Le président du conseil italien a alors dirigé ses critiques contre Angela Merkel à la fois pour sa politique économique et sa politique migratoire. Dans une interview accordée le 22 décembre au Financial Times, il a accusé la ligne austéritaire menée par l'Allemagne de conduire au succès du populisme. Et d'accuser la chancelière de ne pas suffisamment prendre en compte l'intérêt général européen et celui de ses partenaires. « L'Europe doit être utile à ses 28 pays, pas à un seul », avait-il alors martelé. Derrière cette attaque contre Berlin, Bruxelles était également visée et, à Bruxelles, Jean-Claude Juncker et son chef de cabinet, le très merkélien Martin Selmayr. La riposte n'a donc pas tardé.

Le Parti Démocrate en nette baisse, talonné par les « 5 Etoiles »

La Commission joue cependant avec le feu en maltraitant l'Italie et en cherchant le rapport de force avec Rome. Matteo Renzi est, de plus en plus, dans une situation difficile sur le plan politique. Son parti, le Parti démocrate (PD) est en chute libre dans les sondages. Les 42 % des Européennes de mai 2014 ne semblent plus atteignables. Pire, les deux derniers sondages publiés ne lui donnent qu'une très légère avance sur le Mouvement 5 Etoiles (M5S), la formation eurosceptique de l'ancien comique Beppe Grillo. Selon l'institut IPR, le PD obtiendrait 30 % des voix, contre 29 % au M5S, du jamais vu pour ce parti. Selon l'institut Technè, l'avance des « Démocrates » serait de deux points (31 % contre 29 % aux « Grillistes. »). Mieux même, en termes de popularité, le jeune président du conseil est désormais dépassé par Luigi di Maio, 29 ans, la nouvelle vedette des « 5 Etoiles » : ce dernier dispose de 40 % d'avis favorables contre 39 % pour Matteo Renzi.

La très mauvaise image de l'Europe en Italie

 Le locataire du Palazzo Chigi tente donc de montrer les muscles contre Bruxelles et de se présenter comme le champion d'une « autre Europe », un peu comme au début de son mandat, en 2014. Si Bruxelles jette de l'huile sur le feu, ceci ne peut que l'inciter à aller encore plus loin dans son rôle de « défenseur des intérêts italiens face à la technocratie bruxelloise. »

Car l'euroscepticisme a le vent en poupe en Italie. Selon le dernier sondage Eurobaromètre de novembre, l'Italie est le deuxième pays de la zone euro, après Chypre, où le soutien à l'euro est le plus faible (55 % contre 67 % en France ou 70 % en Grèce). Les opposants à la monnaie unique sont estimés à 34 %, là encore le haut score de la zone euro, si on exclut Chypre où ils seraient 46 %. Pour comparaison : ils ne seraient que 28 % en France et 27 % en Grèce. Par ailleurs, c'est en Italie que le sentiment d'être « citoyen de l'UE » est le plus faible de toute l'Union (49 %), à l'exception de la Bulgarie.

L'affaire de la faillite de 4 banques, organisée à la hâte pour éviter les conséquences de l'union bancaire européenne, et qui a fait scandale en Italie après le suicide d'un retraité, n'a guère amélioré en décembre cette image. D'autant que les nouvelles règles de sauvetage des banques, qui impliquent désormais les déposants de plus de 100.000 euros, inquiètent les Italiens qui savent combien leurs banques sont fragiles.

Une majorité politique pour les eurosceptiques ?

Politiquement, ceci se traduit, comme on l'a vu par la montée du Mouvement 5 Etoiles, mais aussi de la Ligue du Nord qui, désormais, derrière son nouveau leader Matteo Salvini, a abandonné le discours séparatiste pour calquer son programme sur celui du FN français et qui gagne du terrain au centre et au sud de la péninsule. L'enquête IPR lui promet 14,5 % des voix, celle de Technè, 15,5 %. Des scores considérables pour un parti qui, entre 1992 et 2013, n'a dépassé qu'une fois et de peu les 10 % au niveau national. A cela s'ajoute le mouvement d'extrême-droite Fratelli d'Italia, qui, à 5 % des intentions de vote, est en pleine progression.

En tout, les eurosceptiques peuvent compter sur 48,5 % à 49,5 % des intentions de vote ! Or, la nouvelle loi électorale imposée par Matteo Renzi prévoit un ballotage si aucun parti n'a plus de 40 % des voix. Et, en cas de second tour, cette union eurosceptique pourrait se faire derrière le Mouvement 5 Etoiles qui tente, du reste, de plus en plus de gagner une image de parti de gouvernement. Dans ce cas, l'Italie pourrait, en 2018, avoir un gouvernement eurosceptique. Et peut-être même avant, car Matteo Renzi va soumettre ses réformes constitutionnelles à un référendum dangereux en octobre où il pourrait mettre son siège en jeu.

Stratégie suicidaire de Bruxelles

L'arrogance de Bruxelles et son envie d'en découdre avec Matteo Renzi est, de ce point de vue, assez suicidaire, car elle alimente ce mécontentement plutôt que de chercher à y répondre. Car l'Italie, troisième économie de la zone euro et pays endetté à hauteur de 130 % du PIB avec des banques plombées par des créances douteuses considérables et une croissance économique très faible, est une bombe à retardement pour la zone euro et l'UE.

Il est vrai que la Commission cherche avant tout à soigner son image auprès de Berlin, notamment depuis que le ministre fédéral allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a, cet été, indiqué qu'il souhaitait lui ôter la surveillance budgétaire au profit d'un « ministre des Finances » de la zone euro en raison de son trop grand « laxisme. » La présence à la direction du cabinet de Martin Selmayr ne joue pas non plus en faveur de l'apaisement. Bref, tout semble en place pour que la confrontation entre Bruxelles et Rome se poursuive.

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a écrit le 18/01/2016 à 23:30 :
Vis à vis de l'Europe ordo-libérale sous commandement allemand, Renzi a la nuque moins souple que Hollande. A-t-il complètement tort ?
a écrit le 10/01/2016 à 9:22 :
@La faute à qui ? 07/01/2016 8:00
Vous avez raison: c'est toujours la faute à la Commission Européenne (dont les membres sont désignés par les gouvernements élus de chacun des membres de l'UE) et qui tente de faire appliquer les décisions prises par les Etats de l'UE.
En ce qui concerne le référendum "à la Suisse", je doute.
Cordialement
a écrit le 07/01/2016 à 12:34 :
Carlo Zadra etait en charge de la politique migratoire, et ce sont donc les echecs sur le sujet que payent Zadra. Il n'ya rien d'autre derriere cela. C'est en l'occurence Renzi qui essaye de jouer un coup politique sur ce qui est en fait un non-evenement.

Additioner le M5S avec la Ligue du Nord fallait oser. Il ya beaucoup de chose a dire sur le M5S mais ce parti n'est certainement pas proche de la Ligue du Nord. La Ligue du Nord dispose principalement de deux alliés: Forza italia et Fratelli d'italia. Le M5S ne s'alliera pas avec la Lega, Godin devrait discuter davantage avec des italiens.
a écrit le 07/01/2016 à 10:29 :
Avec le combat que mène les états unis contre l'europe, parce que nous sommes en crise et que du coup il faut aller chercher l'argent où il se trouve, Juncker ne soit vraiment pas à la hauteur qui en plus a des liaisons étranges avec les réseaux de défiscalisation luxembourgeois.

Cependant Renzi n'est pas vraiment plus crédible, contre la machine de guerre économique américaine particulièrement bien huilée l'europe a mis des clowns à sa tête, au secours...
a écrit le 07/01/2016 à 10:28 :
Italiens sortez de l'Europe, montrez le signal qu'il existe une alternative à cette UE à deux vitesses,..... d'autres pays suivront, j'en suis certain.
a écrit le 07/01/2016 à 8:00 :
Même si je ne cautionne pas le comportement arrogant de la Commission, il faut quand même se rappeler qu'ils appliquent les textes entérinés par les États membres. Il est un peu simple de faire les beaux à Bruxelles et de revenir au pays en disant que l'on est contre ce que l'on vient de voter avant ... La Commission est sans doute une structure qui vie en vase clos mais elle est alimenté par des gouvernements tout autant hors sol. Et si les initiatives populaires, comme en Suisse, redonnaient un peu de réalisme à nos gouvernants.
a écrit le 07/01/2016 à 3:13 :
La commission cherche à tout prix à faire plaisir aux Britaniques avant le référendum.
Inutile et contre productif avec les italiens, il est de plus en plus probable que toutes ces concessions de dernière minute seront inutiles, le Brexit va avoir lieu avec des répercutions partout en Europe.
Peut être faut-il tout casser pour redonner envie aux européens de construire autre chose que cette techno structure incroyablement peu sympathique.
Qui peut avoir envie de plus d'intégration pour renforcer la main mise sur nos institutions de ces fonctionnaires.
a écrit le 06/01/2016 à 22:07 :
Encore une fois M. Godin inverse les rôles. Si les italiens portaient le M5S au pouvoir, ce serait une attitude suicidaire... de l'Italie, qui bien vite se trouverait en grande difficulté financière... et serait bien vite réduite, comme la Grèce avec Syriza, à devoir courber l'échine.
a écrit le 06/01/2016 à 22:07 :
Encore une fois M. Godin inverse les rôles. Si les italiens portaient le M5S au pouvoir, ce serait une attitude suicidaire... de l'Italie, qui bien vite se trouverait en grande difficulté financière... et serait bien vite réduite, comme la Grèce avec Syriza, à devoir courber l'échine.
Réponse de le 07/01/2016 à 0:19 :
L' Italie n'est pas la Grèce,60 millions d' habitants 8e puissance mondiale.
Réponse de le 07/01/2016 à 12:39 :
@mendes01: l'italie est TRES fragile economiquement dans le contexte actuel: avec une dette tres elevé, le moindre redressement prolongé des taux d'interets l'enverrait au tapis. C'est la raison premiere pour laquelle Draghi a adopté sa politique du "wahetever it takes" au moment ou les taux d'interets italiens ont dépassé les 6%.
Toute faillite d'un Etat entraine necessairement des consequences a courtt et moyen terme catastrophique pour les habitants de ce pays: qu'on soit un pays de 10 millions d'habitants oude 60 n'y change rien.
Réponse de le 11/01/2016 à 15:21 :
@ KidA

Sauf que toute faillite de la 8ème économie mondiale entraine toute les autres dans sa chute... le rapport de force n'est alors plus du tout le même qu'avec la Grèce!
a écrit le 06/01/2016 à 21:43 :
Communiqué de l'OMS :
La "bruxellose" est une maladie infectieuse épidémique hautement contagieuse, sans traitement curateur connue, résistant à tous les antibiotiques, touchant de préférence les moutons en troupeaux, et contre laquelle il n'y a pas de vaccin. Il faut au moins un bras de mer comme la Manche pour sans protéger ..C'est une maladie mortelle dont les premiers cas cliniques se sont déclarés en Belgique, après une erreur de manipulation d'une culture expérimentale, dans un laboratoire allemand à Berlin. Les germes retrouvés , ont été transportés hors d'Allemagne, dans les pneus d'une chaise roulante d'un ministre allemand paraplégique, en visite à Bruxelles.
La maladie progresse très vite en Pologne, en Hongrie, en France et en Italie. L'abattage et l'incinération des troupeaux contaminés est, à ce jour, la seule méthode permettant d'arrêter sa diffusion. L'OMS et le Center for Desease Control US d'Atlanta se déclarent impuissantes, car il ne s'agit pas d'une pathologie infectieuse tropicale et son vecteur viral ou bactériologique est encore inconnu. Les porteur sains situés en Allemagne sont difficile à contrôler car la maladie ne s'exprime que en-dehors des frontières du pays, le Luxembourg semblent cependant y échapper .
a écrit le 06/01/2016 à 19:35 :
Pour éviter la contamination de la dangereuse bruxellose, la France et l'Italie doivent sortir de cette europe qui affaiblit et plus, lamine, les Nations.
Réponse de le 07/01/2016 à 12:42 :
L'eclatement de l'Euro entrainerait inevitablement une crise economique bien plus puissante que celle que nous avons connu avec la faillite de Lehman brothers.

La zone euro est la premiere zone economique du monde, la deuxieme reserve de change du monde. Comparez avec ce que représentait Lehman et vous comprendrez l'onde de choc qui en résulterait.

Vous voulez donc reellement que la France se suicide economiquement?
a écrit le 06/01/2016 à 19:29 :
Les administratifs en place dans l'Europe se conduisent comme des membres du politburo de l'ex URSS, et cela se terminera de la même manière s'ils ne respectent pas plus la démocratie des pays de la zone euro. Ces gens là ne sont pas élus, et ne répondent que devant leurs protecteurs, ils n'ont aucune légitimité.
Réponse de le 07/01/2016 à 12:45 :
Juncker élu par le Parlement Europeen élu, comme dans n'importe quelle démocration parlementaire. Sa Commission élu par le parlement européeen et le Conseil Européen.
Le Conseil Européen constitué exclusivement de chefs de gouvernements élus.
Le parlement européen constitué exclusivement par des élus.

Comme vous voyez les décideurs européens sont bel et bien tous élus. Il me semble que votre argumentaire fait donc pchit
a écrit le 06/01/2016 à 18:54 :
Mais que ce soit la Françe ou l'Italie nous avons intérét a quitter cette Europe et l'Euro qui nous amènent a notre ruine.... (Je ne dit meme pas un mot de Hollande la carpette Renzi a certainement plus de cran)...
a écrit le 06/01/2016 à 18:39 :
ce qu'il y a de triste a cette histoire, c'est que la france en fait bcp moins que l'italie, et que personne ne lui dit rien
Réponse de le 06/01/2016 à 19:04 :
Parce que la France s'écrase, depuis Sarko et Hollande, devant Berlin. L'Allemagne n'a aucune raison de punir un vassal obéissant.
Réponse de le 06/01/2016 à 20:56 :
La France a divisé par deux son déficit budgétaire, la France va surement voir sa dette publique diminuer l'an prochain (en % du PIB), la France a commencé le rétablissement de ses soldes extérieurs...

Franchement, ils ont bien appliqué la leçon de la commission!

On a par contre un FN aux portes du pouvoir, un chômage et une précarité à son maximum, une désintégration de la société...
Réponse de le 06/01/2016 à 22:19 :
@gringo : avec une croissance qui pourra difficilement dépasser les 1,5% et un déficit qui excèdera encore les 3%, ne serait-ce que parce qu'il faudra certainement poursuivre la hausse des dépenses de sécurité et de défense, et alors que depuis 2012 la baisse des déficits publics se fait au train d'un sénateur cacochyme (à peine 0,1 à 0,2% par an), et malgré des circonstances exceptionnelles (pétrole peu cher et € faible), les soldes extérieurs sont très loin de l'équilibre, symptôme d'une compétitivité très profondément dégradée.
Quant au FN aux portes du pouvoir, c'est la conséquence des petites et grandes lâchetés des exécutifs qui se sont succédé depuis 1980 et qui ont conduit à une situation économique et financière désespérante.
Réponse de le 06/01/2016 à 22:23 :
@Jeff : c'est l'incapacité française à mettre ses comptes en ordre qui a rendu la France inaudible. Hollande et Sarkozy auraient pu vociférer à leur guise, personne ne les aurait écoutés ni pris au sérieux...

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