L'État se prépare à la vente d'une partie des mines d'Areva

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Lancé cette semaine, le processus de filialisation des mines d'uranium du groupe, exigé par l'Élysée en février dernier, doit être bouclé fin juillet. Le gouvernement travaille à l'ouverture de son capital, « si nécessaire », au 1er janvier 2012.

L'État continue à chercher de l'argent pour recapitaliser Areva. Après l'augmentation de capital laborieuse de la fin de l'année dernière, Bercy étudie toutes les pistes pour renflouer les fonds propres du constructeur nucléaire. En premier lieu, la vente de 40 % minimum du capital de la future filiale mines d'Areva, en cours de constitution. « La décision n'est pas prise mais il faut être prêt au 1er janvier 2012 au cas où cette ouverture du capital serait nécessaire », ont déclaré des membres de l'Agence des participations de l'État (APE) aux représentants du personnel d'Areva la semaine dernière.

L'APE a également évoqué deux autres pistes « plus compliquées » pour poursuivre le désendettement d'Areva : la cession des 26 % d'Eramet détenus par le groupe nucléaire (valorisés 1,5 milliard d'euros en Bourse), et l'émission de titres hybrides, ces instruments financiers à mi-chemin entre des titres de créance et des actions. La cession d'une partie du capital de la filiale mine, dont la création a été exigée par l'Élysée en février dernier, soit à des investisseurs, soit par mise en Bourse, semble plus simple aux services de Bercy. La récente levée de fonds n'a rapporté que 900 millions d'euros (dont 300 millions de l'État) sur les 3 milliards escomptés. « L'État n'a pas les moyens de garder les mines, nous ont-ils expliqué », déclare Maureen Kearney, secrétaire du comité de groupe européen d'Areva, farouchement hostile à ce projet. « Tous les représentants du personnel d'Areva sont opposés à ce qui serait une poursuite du démantèlement du groupe, après la vente de l'activité T&D en 2010. Des investisseurs purement financiers dans les mines seraient en rupture avec l'approche industrielle », affirme-t-elle.

Impératifs de sécurité

Les mines d'uranium d'Areva, devenu en 2009 premier producteur mondial, sont, plus que jamais après Fukushima, le joyau du groupe dirigé par Anne Lauvergeon. « C'est l'activité où le groupe réalise ses plus fortes marges », souligne un analyste. Ce qui n'avait d'ailleurs pas échappé au fonds souverain du Qatar qui avait fini par renoncer à participer à l'augmentation de capital d'Areva fin 2010, faute d'avoir obtenu l'accord du gouvernement pour prendre, à terme, une part de ces mines. À l'époque, l'État avait mis en avant les impératifs de sécurité d'approvisionnement pour le parc nucléaire français. « Les Qatari ne proposaient pas assez cher », glisse un connaisseur du dossier.

Aujourd'hui, EDF serait intéressé mais valoriserait environ 3 milliards d'euros la future filiale, dont la création devrait être approuvée par le conseil de surveillance d'Areva du 21 juillet prochain. En interne chez Areva, on évoquait plutôt 7 milliards, en tablant sur la renaissance du nucléaire... avant Fukushima.

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Commentaires
a écrit le 16/06/2011 à 9:59 :
le départ de Madame Lauvergeon va permettre à l'Etat de démanteler Areva progressivement et faire absorber le groupe par EDF qui deviendrait leader dans le nucléaire.Ceci étant, Areva compte tenu de l'abandon progressif du nucléaire par les principaux pays utilisateurs , va rencontrer des difficultés pour vendre son EPR.
il faut aussi rappeler que l'uranium est une énergie fossile épuisable et qu'il n'y a , a consommation égale que 80 ans de réserves connues.
a écrit le 03/06/2011 à 10:35 :
N S a été élu pour réduire les dépenses.
Il n'a rien fait, et de se fait brade les actifs stratégiques.
C'est criminel pour l'abvenir de nos enfants.
Réponse de le 16/06/2011 à 22:26 :
et avec un cynisme total !!!
a écrit le 31/05/2011 à 5:56 :
Voilà une formidable opportunité pour tous les défendeurs du tout nucléaire. Vous avez là l'occasion de soutenir et surtout faire fructifier vos gains tout en restant avec la tendance de la maison.

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