Corinne Lepage : "Les fabricants d'OGM ont organisé leur irresponsabilité"

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Corinne Lepage, fondatrice et présidente d'honneur du CRIIGEN (Comité de recherche et d'information indépendante sur le génie génétique), qui a commandité l'étude sur le maïs Monsanto NK 603 menée sur des rats pendant deux ans, dont les conclusions ont été publiées mercredi 19 septembre par la revue scientifique à comité de lecture « Food and Technology ».

 

Dans quel but avez-vous fait faire cette étude ?
Jusqu'à présent, les fabricants d'OGM ne font faire que des études sur des durées de 90 jours, dont les résultats sont par ailleurs le plus souvent tenus secrets. Suite au combat que nous avons mené, certaines ont été rendues publiques sur décision de justice, mais cela n'a encore rien de systématique. Ces mêmes lobbies OGM, qui ont obtenu que ces études sur 90 jours suffisent pour l'autorisation de mise sur le marché de leurs produits, se battent d'ailleurs maintenant pour ne plus avoir à en mener du tout. Les résultats de l'étude rendue publique mercredi montrent au contraire les effets à plus long terme d'une ingestion d'OGM NK 603 sur des rats, et on observe que la plupart des tumeurs apparaissent au cours de la deuxième année (qui correspond à la deuxième moitié de vie des rats, ndlr).
 

Dans votre ouvrage « La vérité sur les OGM, c'est notre affaire » qui paraît ce vendredi 21 septembre, vous expliquez comment les producteurs d'OGM ont « organisé leur irresponsabilité ». Qu'est-ce que cela signifie ?
Le principe de responsabilité du producteur le rend responsable s'il met sur le marché des produits défectueux et nocifs, à une exception près : lorsque l'état des connaissances ne permet pas de connaître les risques. Quelle meilleure manière de ne pas les connaître, que de ne pas faire effectuer d'études d'impact suffisamment poussées ? Après cette étude, plus personne ne pourra prétendre ne pas savoir que ces risques existaient.
 

Qu'attendez-vous du gouvernement français et des autorités européennes ?
La France a saisi l'agence nationale de sécurité sanitaire et demandé à Bruxelles de prendre toutes les mesures nécessaires en termes de protection de la santé humaine et animale, mesures qui pourront aller jusqu'à suspendre en urgence l'autorisation d'importation dans l'Union européenne du maïs NK 603. C'est exactement ce que je demandais. Mais je souhaite maintenant que Bruxelles impose de telles études sur deux ans pour tous les OGM, et dans le même temps, que l'on évalue sérieusement les avantages réellement apportés par les OGM aux agriculteurs. Dans certains pays comme le Burkina Faso, tête de pont des OGM en Afrique, ils y recourent de moins en moins car ils sont déçus des rendements, qui ne sont pas à la hauteur des promesses faites par les fabricants.
 

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Commentaires
a écrit le 26/09/2012 à 18:56 :
Qui se souvient d' Arpas Pusztai?
Lui, qui avait fait des tests pour prouver l'inocuité d'OGM, et qui avait été mis à la porte, avec saisie du résultat de ses tests, de ces ordinateurs, et pression pour qu'il ne publie pas les résultats, ceux ci se révélant négatifs pour la culture des OGM.Regardez sur wikipédia ,c'est terrifiant. ou sur
http://www.ogmdangers.org/enjeu/alimentaire/Pusztai.htm
a écrit le 21/09/2012 à 0:32 :
Très bons commentaires, je suis étonné.
Comment financer les études que l'état orchestrerais, c'est simple, c'est au fabriquant de les financer, et d'attendre 2 ans (ici dans le cas d'OGM terminant dans nos estomacs ou même pour nourrir le bétail). Une fois cette mesure mise en place au niveau de l'europe, croyez-moi, il ne proposeront plus n'importe quoi sans avoir fait une réel bonne étude sur leur produit. Idée à faire passer.
Réponse de le 23/09/2012 à 10:33 :
Les OGM's de Monsanto sont du business et il fallait vendre avant tout. Maintenant qu'il y a des problèmes sérieux qui sont mis en évidence, ils se taisent et savent que tous leurs montages finaciers vont s'effondrer. Pire, Monsanto doit certainement être entrain de provisionner son bilan pour payer les innombrables plaignants qui vont tôt ou tard se manifester. Une crise sanitaire mondiale se profile doublée d'une crise du marché des céréales qui va se transmettre à la production de viande bovine et de volailles qui est contaminée par les OGM. Eviter de manger de la viande contaminée par les OGM's deviendra la préoccupation majeure des consommateurs. FL/diplômé en économie
a écrit le 20/09/2012 à 13:34 :
cette étude est tres interressante mais n'allons pas trop loin dans son interpretation. Actuellement si je comprend bien, ce mais est surtout utilisé dans l'alimentation animale. Rien ne prouve que la consommation de ces animaux en question soit néfaste. Si on compare l'alimentation riche en beurre à une alimentation riche en huile d'olive, on trouve moins de maladie cardiovasculaire: ce n'est pas pour autant que le beurre est interdit ou que sa consommation raisonable soit néfaste. Ceci dit je ne suis pas certain que ce mais transgenique presente un interet important, justifant son utilisation, malgré les doutes à son sujet
Réponse de le 20/09/2012 à 15:34 :
Il faut regarder les tests en détail car rares sont les humains qui mangent du maîs au roundup leur vie durant .
.Pauvres rats !
OGM n'est pas synonyme de maîs . Si le maîs Monsanto est malsain celà ne signifie pas que toute opération transgénique le soit . Gare aussi aux ayatollahs écolos !!!
D'autre part , ras le bol d' entendre les toubibs nous annoncer que nous pourrions perdre 3 mois d'existence pour un oui ou un non ...3 mois de gagner dans ces horribles maisons de retraite machines à sous , quel bonheur !
Réponse de le 20/09/2012 à 23:16 :
Ouvrez les yeux, seul l'argent compte.
Cela fait bien longtemps que la santé public n'interresse plus les laboratoires, les multinationales et les états.
Je n'ai aucune solution à proposer, mais tout cela me donne envie de vomir
Faudra t il attendre le début d'une extermination massive du monde du vivant, pour commencer à réagir ?
a écrit le 20/09/2012 à 12:20 :
En matière de test, il y a des procédures connues et reconnues, inutile de réinventer la roue, les spécialistes le savent très bien. En revanche, en ce qui concerne le financement de ces organismes, il est vrai que la question de l'indépendance est importante, mais également l'impartialité : l'Afassaps est l'exemple flagrant des dysfonctionnements de ces soit-disant agences indépendantes mais qui osera remettre de l'ordre ? pourquoi cette question ? tout simplement parce qu'il faudrait donner un cadre juridique au conflit d'intéret, et la, on entre de plein pied dans la politique... et ses embrouilles/magouilles
a écrit le 20/09/2012 à 11:02 :
Pourquoi personne ne suggère que c'est le boulot de l'Etat (voire de groupes d'Etats, genre l'Europe) que de faire des études officielles, financées par les Etats, et indépendantes des laboratoires sur les nouveaux produits : OGM, médicaments, produits chimiques, pesticides, ... ? Comment simplement faire confiance aux fabricants, qui sont évidemment juges et parties ??? Dur en effet pour un labo, qui a bossé des années et investit bcp d'argent dans un produit, de rester objectif et de ne pas passer sous silence (ou plus simple encore, de refuser de voir !) qques effets secondaires désagréables du produit en question. Il FAUT donc des études indépendantes si l'on veut sortir de l'approche actuelle extremement malsaine.
Réponse de le 20/09/2012 à 11:26 :
C'est le bon sens même ce que vous dites, mais les caisses sont vides, alors l'Etat laisse faire!

C'est la même chose dans l'agroalimentaire, la pharmacie... Et on ne parle même pas des conflits d'intérêts, des lobbies et de la corruption organisée.
Réponse de le 20/09/2012 à 11:50 :
L'Etat peut faire payer les fabricants : ils financent les études indépendantes, gérées par l'Etat, sous peine de ne pas recevoir d'autorisation de mise sur le marché de leur produit. Et l'Etat utilise cet argent en partie pour financer ses propres labos d'analyse, et en partie pour payer des labos indépendants (en vérifiant les conflits d'intérêts ...)
a écrit le 20/09/2012 à 10:46 :
Les OGM de maïs sont récents (première autorisation en 1995) et il n'y a aucun suivi des effets de leur consommation sur la santé des millions d'individus qui les consomment.
Souvenons-nous que les effets de la dioxine ont été démontrés par le hasard d'un accident industriel à Sevezo en 1976. Avant cette date il n'y avait aucune étude sur la toxicité humaine de ce produit.
a écrit le 20/09/2012 à 10:41 :
nk 603 est mais ogm d'origine syngenta et non monsanto
Réponse de le 20/09/2012 à 12:36 :
Monsanto
a écrit le 20/09/2012 à 8:34 :
Le résultat de cette étude est sensiblement affaibli par le fait qu'elle a été commandée et menée par des opposants déclarés aux OGM mais également parce qu'elle est isolée. La méthodologie étant nécessairement reproductible, si les résultats sont probants non pas seulement pour les rats mais pour l'homme, nul doute que de nombreuses études similaires vont confirmer la dangerosité de l'OGM en question, cas particulier parmi les nombreux OGM inoffensifs. On n'oublie pas en effet que des milliards d'humains à travers le monde mangent des OGM depuis des décennies sans qu'aucun problème de santé n'ait été mis en évidence, ce qui constitue la meilleure expérience qui soit.
Réponse de le 20/09/2012 à 9:02 :
je suis assez d'accord avec vous mais avouez que l'université de Caen est de bonne foi... à quoi servirait un étude erronée pour ces chercheurs? je pense qu'on ne peut pas être aussi catégorique en disant que c'est absolument dangeureux mais un bon principe de précaution prévaudrait.... Après on parle OGM en général mais une pêche plate est un OGM et je n'ai pas l'impression qu'elle soit mortelle... il vaut mieux ingérer des pesticides ou des OGM???
Réponse de le 20/09/2012 à 9:02 :
PArce que vous n'avez pas l'impression justement que depuis un certain temps on constate des augmentations de maladies divers, pas terribles, et dont on cherche les causes ? Sans prétendre que les OGM en sont la cause, il n'est pas inconcevable qu'ils y contribuent. Mais comme on refuse de chercher réellement les causes, on ne le saura jamais. Et il est évident qu'une étude ne pourra toujours être menée que par un opposant; je ne connais pas beaucoup de gens prêts a se tirer une balle dans le pied par plaisir...
Réponse de le 20/09/2012 à 9:29 :
A quoi servirait une étude erronée ? A justifier l'application du principe de précaution, le temps qu'on démontre l'erreur, ce qui prendra plusieurs années. Pour les activistes anti-OGM, c'est toujours ça de gagné. Quand bien même il y aurait des milliers d'études précédentes aux résultats négatifs, quand bien même on note l'absence absolue de constat pathogène dans le monde entier, une seule étude suffit à mettre en branle les interdictions politiciennes liées au catastrophique principe de précaution. Il y a une forte probabilité que cette étude, au lieu d'être scientifique, soit purement politique.
Réponse de le 20/09/2012 à 9:40 :
Possible. En tous cas elle vient à point (comme par hasard!) pour conforter les écolos et leur faire digérer les couleuvres du gouvernement. Et en plus de voter le traité européen ! Donnant/donnant! Après les nombreuses études de non-toxicité, celle-ci, réalisée en secret, leur donne du grain à moudre et fait la joie de la presse. Tout ceci mérite des études supplémentaires!
Réponse de le 20/09/2012 à 10:28 :
Pour ou contre les OGM, la question reste toujours la même : l'ethique et le profit ne sont pas compatibles. Le monde de l'industrie agro est opaque ! Une minorité s'enrichie toujours plus au dépend de la majorité qui peine à se nourrir. Des solutions comme la permaculture, l'agro écologie, sont ignorées et maintenues dans la marginalité, hors il s'agit plus de sauver l'Homme que de sauver la planète. La planète, elle, elle nous survivra, mais l'humanité ???
Réponse de le 20/09/2012 à 10:46 :
Dans une économie socialiste pseudo-démocratique qui pratique le socialisme de connivence, telle que la France, l'éthique et le profit ne sont pas compatibles puisque les tarifs (et non les prix) y sont déterminés par le marché politique au bénéfice exclusif d'une petite caste oligarchique, contre la majorité de la population. Dans une économie libre, où domine l'échange volontaire, les prix (et non plus les tarifs) sont déterminés par la satisfaction des besoins au service du plus grand nombre. Dans une économie libre, le profit et l'éthique sont indissociables : le profit y est la preuve de l'éthique.
Réponse de le 20/09/2012 à 11:29 :
@OGM.
"des milliards d'humains à travers le monde mangent des OGM depuis des décennies sans qu'aucun problème de santé n'ait été mis en évidencece qui constitue la meilleure expérience qui soit." Sauf erreur de ma part, jusqu'à la puiblication du rapport en question sur le mais NK 603, aucun problème de santé n'avait été concrètement mis en évidence
Réponse de le 20/09/2012 à 11:53 :
@Oui, du bon sens : sans rire, l'ultralibéralisme rend compatible l'éthique et le profit ? Le profit se moque pas mal de l'éthique, il suffit de voir comment se comportent les multinationales anglo-saxonnes. Faire travailler des enfants, polluer en faisant appel aux fournisseurs les moins-disant, défiscaliser dans les paradis fiscaux, financer des dictateurs pour stabiliser le marché du travail... la liste noire est longue.
Réponse de le 20/09/2012 à 12:12 :
@oui du bon sens : sans oublier nos amis les banquiers qui pour augmenter leurs bonus spéculent sur les taux qui touchent des millions de particuliers et d'entreprises...
Réponse de le 20/09/2012 à 13:25 :
@pas OGM : Non la pêche plate n'est pas un OGM ! Il y a une différence fondamentale entre :
- la sélection génétique ou les procédés de croisements (ou hybrides) qui peut être un phénomène naturel ou provoqué par l'homme et :
-les modifications génétiques faites pas les entreprises qui "développent" ou créent des OGM ! la différence réside dans le fait que le résultat obtenu ne peut l'être que par des procédés de "génie génétique" et la difficulté étant d'obliger une cellule a accepter un gène étranger que la plante n'accepterait jamais a l?état" naturel" il faut donc bombarder la cellule avec un "canon a gène" en ayant au préalable placé le gène que l'on veut intégrer a la plante sur de l'or.
Il existe une confusion entre sélection génétique, pratique qui existe depuis que l'agriculture existe, soit plus de 10 000 ans et les modifications génétiques des entreprises produisant des OGM. Cette confusion a largement contribué a faciliter l'acceptation des OGM par le public (heureusement limitée en Europe et plus spécifiquement en France.) cette "acceptation" a facilité la modification de l'appareil législatif pour permettre d?accélérer et de faciliter la commercialisation des OGM grâce notamment au principe d'équivalence en substance.
Réponse de le 20/09/2012 à 13:45 :
L'imaginaire ultralibéralisme n'existe que dans l'esprit de Democratix ou de berti49. La réalité est à l'opposé de leur aveuglement : ce sont les Etats qui autorisent le travail des enfants, ce sont les Etats qui pratiquent le moins-disant sur leurs appels d'offre, ce sont les Etats qui favorisent les paradis fiscaux en étant eux-mêmes des enfers fiscaux pour les populations, ce sont les Etats qui contrôlent les "champions nationaux" profitant de ces scandales, ce sont les Etats qui manipulent les monnaies monopoles, ce sont les Etats de nos démocraties qui financent les dictateurs des pays pauvres quand ça les arrangent. Partout dans le monde, à divers degrés, les Etats spolient leurs populations pour financer des oligarchies complices et brident la liberté économique tant qu'ils le peuvent, afin de rendre les individus dépendants. Les crises, les cycles économiques destructeurs, résultent, non d'un libéralisme abusivement qualifié d'ultra, mais d'un trop plein d'étatisme, d'un trop plein de collectivisme, d'un trop plein de socialisme mâtiné de mercantilisme modernisé. Le cycle apparemment perpétuel des crises économiques destructrices sera terminé le jour où on aura compris que les Etats doivent être fermement réduits et limités à leurs fonctions régaliennes. La crise actuelle marque la fin des Etats providentiels obèses, derniers avatars des collectivismes violents qui, tout au long du XXe siècle, ont plongé l'humanité dans la guerre totale et les massacres de masse.
Réponse de le 20/09/2012 à 14:23 :
je penses que les personnes qui parle à tout bout de champ d'ultraliberalisme alors qu'il y a effectivement de mon point de vue, de plus en plus d'étatisme, parlent de l'ouverture des frontieres. Ils veulent sans doute vivre replié sur eux-memes.
Réponse de le 20/09/2012 à 15:42 :
@Aveugelment. En un sens vous avez raison. C'est de la faute des états. Un indivividu tout seul agit indépendamment (et même parfois intelligemment). Mais dans une foule, il arrive souvent que l'individu, dépassé, se contente de suivre. Il en va de même pour nos états. Qd ils vont tous dans une direction donnée, il est difficile pour un état en particulier de prendre un autre chemin surtout dans le domaine économique. Exple: tout le monde parlait de réforme du système bancaire il y a 3 ans: force est de constater que le progrès sont maigres, très maigres. Il en est de même pour les OGM: de nombreux états se sont mis à les cultiver. Bref, oui les états sont de plus en plus présents, mais c'est pour suivre les autres états.Concernant le OGM, heureusement, que nous avons pu tout de même résister en France... Au moins sur ce point: Cocoricco!
Réponse de le 20/09/2012 à 18:03 :
@aveuglement : c'est bien connu chaque individu pense d'abord à l'intérêt collectif avant de penser à son intérêt personnel... si l'Etat ou la justice n'étaient pas des garde fous, où en serions nous aujourd'hui ? alors oui l'Etat est certainement trop interventionniste dans de nombreux domaines... mais non on ne peut pas laisser au "marché" dicter ses lois...

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