La Tribune

Pollution de l'air. Le ballon qui va nous en faire voir de toutes les couleurs

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Copyright Reuters (Crédits : Jean Baptiste Epron)
Dominique Pialot  |   -  650  mots
Bien connu des Parisiens, le ballon captif implanté dans le parc André Citroën (Paris 15) depuis 1999 fait sa mue. Partenaire de Banque Populaire depuis plusieurs années, il vient d'être dégonflé et ne reprendra l'air qu'au printemps prochain, sous les couleurs de Generali. Le groupe d'assurances va en financer le fonctionnement, et notamment le laboratoire de mesure de la qualité de l'air. En partenariat avec la Mairie de Paris, Airparif, le CNRS et le groupe Aérophile qui l'exploite, le ballon de Paris devient ainsi l'Observatoire atmosphérique Generali.

2013, déclarée « année de l'air » par l'Union européenne, a débuté sous une avalanche de nouvelles alarmantes concernant la pollution atmosphérique. La plus spectaculaire - mais l'année est encore jeune - reste à ce jour la concentration de particules fines atteinte à Pékin au cours du week-end des 12 et 13 janvier, de 40 fois supérieure aux normes de l'OMS 755 sur une échelle qui ne dépasse pas 500...

42.000 morts prématurées en France dues à la pollution atmosphérique

Rien de tel en France, mais la situation n'y est guère brillante pour autant. Et la proportion de motorisations diesel dans le parc automobile français, en hausse constante, n'est pas de nature à améliorer la situation. Le rapport de la Commission des Comptes et de l'économie de l'environnement sur la santé et la qualité de l'air extérieur de juillet 2012, dont une synthèse a été publiée ce 16 janvier sur le site de l'Association santé environnement France (ASEF), liste les risques que fait peser la pollution de l'air sur la santé publique, notamment sur le système respiratoire, cardio-vasculaire et hormonal des enfants, femmes enceintes, personnes âgées, et certaines catégories sociales et professionnelles. Pour la France, cela représente 42.000 morts prématurées et six mois de durée de vie en moins pour les Parisiens.

Des données exploitées par le CNRS

Cela fait déjà cinq ans que le ballon de Paris, opéré par Aérophile, s'est donné pour vocation de sensibiliser les citoyens à la pollution atmosphérique, en affichant un code couleur reflétant la concentration des particules fines dans l'air, et en accueillant touristes et parisiens. Depuis 1999, ils sont 700.000 à avoir effectué en vol au-dessus du parc André Citroën.

Mais ce ballon nouvelle formule sera équipé d'instruments de mesures plus légers et performants alimentés en énergie par des capteurs solaires souples intégrés à la toile du ballon. Financé par l'agence nationale de la recherche (ANR), le LOAC (light optical aerosol counter) est développé par Environnement SA, en partenariat avec le CNRS qui utilisera les données récoltées pour étudier la façon dont les particules se répartissent en fonction de l'altitude. Le spectre des particules ainsi mesurées est très large, puisqu'il va de 0.2 microns à 10 microns, c'est-à-dire les particules fines et ultra-fines, les plus nocives pour la santé humaine. C'est l'entreprise Serge Ferrari, cliente de Generali primée pour ses performances environnementales, qui fournit la membrane photovoltaïque auto-adhésive positionnée sur la structure du ballon.

Un code couleur pédagogique et très lisible

Ces nouveaux équipements permettront d'afficher la qualité de l'air grâce à la couleur de différents pictogrammes dessinés sur le ballon : des voitures pour la qualité de l'air à proximité du trafic et des monuments parisiens emblématiques pour l'atmosphère. Ces informations seront visibles clairement jusqu'au périphérique, situé à moins d'un kilomètre de distance, soit un rayon englobant 400.000 personnes. Autant de citoyens qui viendront s'ajouter aux quelque 50.000 visiteurs annuels du ballon et aux élèves de trois classes primaires quotidiennes.

Remettre en cause la suprématie du diesel, un défi pour les pouvoirs publics

Cette sensibilisation au sujet constitue une étape indispensable pour obtenir l'adhésion des citoyens avant de prendre à bras le corps quelque sujet environnemental que ce soit. Mais, à l'inverse des économies d'énergies, par exemple, sur lesquelles ces derniers peuvent avoir une action, ils risquent de se sentir quelque peu démunis devant le sujet de la pollution...surtout si dans le même temps, le parc roulant français continue d'émettre autant de particules fines. Une véritable épine dans le pied des pouvoirs publics, que de devoir remettre en cause le poids du diesel alors que les destructions d'emplois dans le secteur automobile français se succèdent jour après jour...

 


 

 

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Commentaires

coco-rico  a écrit le 17/01/2013 à 19:18 :

Éternel grand écart entre la protection de notre environnement , donc de notre santé...et les impératifs économiques qui nous brident depuis que nous avons fait le choix du tout diesel...Ce n'est pas dans cette période de marasme économique que l'on va résoudre le problème. Il y a quelques années les "spécialistes" nous disaient que la pollution n'était pour rien dans le développement de l'asthme, des maladies cardiovasculaires, et du cancer....

Missiles  a écrit le 17/01/2013 à 9:51 :

Le Diesel, le nouveau tueur Français. Le monstre !! Voilà un beau sujet pour les écoles de commerces' comment essayer de faire monter le prix du gazole en mentant par omission. Tout le monde est au courant que les chinois n'aime pas les voitures roulants au diesel et pourtant Pékin est la ville ou il y a le plus de particules fines' particules fines qui proviennent du Diesel, bien sur. Ah non? Alors pourquoi en France ces particules fines viennent du diesel ? Réponse : parce que le Lobby pétrolier veut tuer le diesel qu'il ne raffine pas. CQFD. mais chut ! Il ne faut pas contredire le lobby prêt roulier, n'est ce pas Mr TOTAL. Au pire, mais vraiment c'est pour vous rendre service, augmentons les taxes sur le diesel. Le fait que les études européennes dates d'avant la mise ne place du FAP, c'est pas grave, le bon peuple français, n'en sait rien.

NukuHivaz  a répondu le 18/01/2013 à 21:01:

Vous confondez tout. Personne ne dit que les particules ne viennent que du diesel et toutes les études et articles sérieux citent les différentes sources de particules fines : industries, bâtiment (chauffage, cheminée), agriculture et transport routier (poids lourds et véhicules légers diesels). Chaque cas de pollution aux particules peut être différent. En chine, manifestement cela vient plutôt de l'industrie proches des grandes villes et des nombreuses centrales à charbon. En Ile de France, surtout pour ceux qui habitent proche du trafic, une part non négligeables vient des véhicules diesel. Face à ce problème, la solution existe : arrêter de privilégier le diesel en France. Voir la bonne simulation d'Airparif de l'amélioration de la qualité de l'air en remplaçant tous les véhicules légers diesel par des véhicules essences de normes euro équivalents : http://www.airparif.fr/actualite/detail/id/62
Alors vos fantasmes de complots des pétroliers, faut arrêter.

MLBRLyon  a écrit le 17/01/2013 à 9:01 :

Depuis le parc André Citroën, ça ne s'invente pas... les constructeurs français étant SEULS responsables du lobbying intense en faveur du diesel, scandaleusement défiscalisé. Les normes Euro-6, vite!