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Quatre ans, c'est le temps estimé pour que le paiement mobile s'impose massivement à l'échelle mondiale auprès du grand public. Depuis ces derniers mois, les solutions technologiques tout comme les initiatives se multiplient en France pour développer des systèmes de paiement alternatifs via le mobile, dans un contexte de défiance des consommateurs qui, au-delà de la crainte d'une fraude sur les données personnelles, s'interrogent encore sur la praticité de ce service et sa valeur ajoutée réelle. Les nouvelles alliances qui s'annoncent devraient ouvrir la voie et accélérer le développement de cette pratique jusqu'à présent embryonnaire, dans des délais plus réduits qu'attendu.
Faible bancarisation, forte pénétration du téléphone mobile considéré comme un moyen de communication incontournable... Il est clair aujourd'hui que ces deux facteurs ont permis de généraliser l'usage du paiement mobile dans des pays comme le Kenya, où les infrastructures de télécommunications sont peu développées, ou comme en Inde également, où le paiement mobile représente un véritable potentiel de développement pour ce pays qui compte trois fois plus de mobiles que de comptes bancaires. En France, les consommateurs ont des exigences particulièrement fortes en termes de sécurité, tant pour la fiabilité des paiements effectués que pour la protection des données personnelles. Les freins sont encore nombreux et leurs usages conditionnés par une mise en confiance importante. C'est précisément à ce niveau que doivent intervenir les acteurs de la finance, des télécommunications et des technologies, appelés à bien conjuguer leurs objectifs respectifs pour pouvoir proposer à leurs clients une solution de paiement sécurisée clés en main, facile d'utilisation et d'accès. Rappelons qu'entre la banque et l'utilisateur on trouve potentiellement différents maillons de la chaîne de paiement avec leurs contraintes spécifiques : les développeurs de solutions technologiques, les opérateurs de télécommunications et les distributeurs.
Les banques et groupements de cartes bancaires doivent reconsidérer leur « business model », et dans le contexte économique actuel, alléger leurs coûts de traitement ; les sociétés technologiques voudraient tirer profit de leurs innovations et de leur R&D ; les opérateurs, face à la croissance exponentielle des flux de « data » recherchent des relais de croissance leur permettant d'absorber des investissements de réseau considérables ; les distributeurs quant à eux visent une meilleure qualité de services et un passage en caisse facilité, moins coûteux. Le paiement mobile représente pour chacun un levier de croissance et de conquête des plus jeunes consommateurs, issu d'une génération numérique, connectée, mobile qui, déjà, achète et paie en ligne.
Selon les pays, la maturité des marchés et des infrastructures de paiement, le paiement mobile conduit chaque partie prenante à revoir son modèle économique : un écosystème riche et complexe est en train de se construire dans ces nouvelles solutions mobiles. Les banques, pour 82 % des personnes interrogées dans le cadre de notre dernière étude internationale, et les réseaux de cartes bancaires, pour 77 %, joueront un rôle primordial dans le développement du marché mondial du paiement mobile. En revanche, les sociétés high-tech et les distributeurs devraient exercer une influence moindre, même si, pour ces derniers, le paiement mobile constitue un enjeu de différenciation auprès de leur clientèle.
Pour que le paiement mobile prenne véritablement son essor et se développe massivement en France, il est plus que jamais impératif de consolider les standards technologiques et de mettre en place des partenariats commerciaux entre opérateurs télécoms, réseaux bancaires ou de distribution, adossés à des solutions sécurisées. Ce sont des partenariats majeurs qui ont permis à ce nouveau mode de paiement de conquérir les marchés de la zone Asie-Pacifique, Japon, Corée, Chine... et trouver un modèle économique au point de convergence des objectifs des acteurs. En parallèle des applications de paiement mobile, qui prolongent en mobilité les usages de paiement en ligne sur les sites marchands, les solutions de paiement sans contact NFC devraient également être prometteuses comme en témoignent les alliances qui ont récemment vu le jour. Sans plus attendre, banques, télécoms et distributeurs doivent concilier leurs enjeux et déployer une stratégie de paiement mobile conquérante sur le marché français !
frelin a écrit le 28/12/2011 à 11:45 :
Il faudrait réfléchir à l'échec total de Monéo, initialement prévu pour être largement utilisé dans le petit commerce, 'pour acheter sa baguette de pain' et qui n'a jamais pu démarrer en raison de l'avidité des banques qui ont demandé trop de contributions financières aux commerçants et les a complètement dissuadés de jouer le jeu. Résultat ! seuls quelque grandes chaînes ou services publics ont tenté le coup, pas assez pour aboutir à une masse critique.
Journal independent a écrit le 28/12/2011 à 11:37 :
Et le piratage des donnees informatiques ca vous dit quelque chose ? C'est marrant ce lobby du paiement par mobile, qui s'installe dans les medias et qu ine parle que des effets "positifs" ...
Laurent a répondu le 28/12/2011 à 12:00:
Il n'y aura pas plus de piratage des données qu'avec la CB. Ce sera même plus sécurisé en réalité. Pour le reste, l'essor arrivera quand Apple l'adoptera sur l'iPhone et si et seulement si les banques ne sont pas trop gourmandes. Si elles font comme avec le Monéo à prendre autant de commission aux commerçants et de frais au client, ça ne décollera pas.
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On pourra aussi utiliser le mobile NFC pour les transports, les parkings, le péage etc. Les usages seront importants.
par Laurent le 28/12/2011 à 12:44
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muscadet a écrit le 28/12/2011 à 12:09 :
On comprend très bien qu'il peut y avoir un intérêt pour les entreprises, mais pour le consommateur, il faudrait qu'on nous explique ? Si c'est juste pour ne plus avoir à sortir ma CB de mon portefeuille, la valeur ajoutée est proche de 0.
Laurent a répondu le 28/12/2011 à 12:43:
L'intérêt ? Ne pas avoir à avoir de la monnaie dans sa poche, de retirer l'argent au distributeur etc. Mais aussi de mieux gérer son budget (avec l'informatisation, on peut facilement faire son budget, connaître ses dépenses, même avoir une alerte pour nous dire que l'on dépasse). La CB n'est pas prise pour les petits achats et elle coûte cher aussi, tout le monde n'en a pas une.
Laurent a répondu le 28/12/2011 à 12:44:
On pourra aussi utiliser le mobile NFC pour les transports, les parkings, le péage etc. Les usages seront importants.