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Gérard Longuet, ancien Ministre de la Défense et Sénateur de la Meuse | 05/10/2012, 19:58 - 538 mots
Le risque d'une fuite dans les médias a accéléré un mouvement industriel ambitieux qui aurait mérité une plus complète mise en forme. Les délais sont courts. L'intention de fusionner EADS et BAE doit être confirmée par ses dirigeants le 10 octobre, soit mercredi prochain. Je souhaite que le Gouvernement, au nom de l'Etat premier actionnaire d'EADS, s'exprime clairement avant cette date. Volontariste quand il s'agit de l'argent des autres et de la gestion des entreprises privées, on ne peut pas imaginer que le Gouvernement soit suiviste dans une affaire qui le concerne triplement.
. D'abord parce qu'elle concerne la construction européenne entre le maintien de la relation franco-allemande, la mise en œuvre des accords de Lancaster House et le respect d'un partenaire minoritaire mais estimable l'Espagne.
. Ensuite parce qu'elle concerne la pérennité de notre industrie de défense, de la dissuasion aux hélicoptères de combat en passant par les missiles et le transport militaire est en cause. BAE et EADS fusionnées, ce ne sont plus tout à fait les mêmes règles de gouvernance, tant pour l'Etat que pour les autres clients de la nouvelle entreprise, comme d'ailleurs pour Dassault détenu aujourd'hui à 46 % au nom de l'Etat. Si l'on ajoute les chocs THALES-BAE et la concurrence Rafale versus Eurofighter, le gouvernement doit s'exprimer sur sa conduite et ses préférences.
. Enfin il s'agit d'une forme de privatisation. Cette dernière ne me choque pas en principe. Mais c'est à l'autorité politique d'en fixer les règles. En l'espèce, le Gouvernement court après un management audacieux dont on aimerait savoir ce qu'il propose à ses actionnaires et à la République Française tout d'abord.
Voilà qui nous éloigne d'une procédure « normale » que nous aurions souhaitée en l'espèce.
En économie capitaliste, ce sont les actionnaires qui décident, et souvent même ce sont eux qui imaginent et proposent. Tel n'est pas le cas aujourd'hui. La balle est chez les managers. Les actionnaires s'expriment en désordre. Le groupe Lagardère dit « Oui, si » à la fusion mais Daimler-Benz veut toujours vendre sa part. L'Allemagne s'inquiète des nouvelles règles. L'Etat français est silencieux. On avait connu le gouvernement plus bavard, comme s'il était plus facile de condamner PSA sans s'exprimer sur les entreprises dont on a la charge.
La France n'est pas seule. Les trois puissances publiques nationales ont le devoir de s'exprimer par respect pour les 49,35% de capitaux flottant. Les partenaires privés du pacte originel eux l'ont fait, Daimler-Benz et Lagardère. Que l'Etat français prenne position à son tour. Pour leur part, l'Angleterre et les Etats Unis attendent sereins. La première a fixé les règles strictes pour la gouvernance de BAE depuis longtemps et elle s'efforcera de les garder. Les seconds ont la puissance que donne le fait d'acheter du matériel et de commander les partenariats industriels décisifs.
Là encore la France doit nous dire son attitude à l'égard de notre grand allié américain, qui est si souvent notre grand concurrent au plan des exportations.
Tout est encore possible, y compris le meilleur. Mais cela mérite une analyse et une décision. Rendez vous au 10 octobre 2012. Mais ce qui sera dit aux marchés doit être compatible avec les intérêts de long terme de la France et de l'Europe de la Défense.
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danger écarté a écrit le 10/10/2012 à 17:50 :
Cette fusion était dangereuse pour l'indépendance européenne vis à vis des Etats Unis, on sait bien que le royaume Uni est le porte avion des Etats unis dans le domaine de l'armement. C'était une fusion industrielle inconsidérée dans ces temps d'instabilité économique, je pense que l'Allemagne encore une fois nous a évité de faire une bétise de plus.
Souvenirs a écrit le 09/10/2012 à 10:55 :
Je me souviens du refus britannique de nous céder les hélicoptères Westland en faillite. Du refus de British Airways d'acheter Airbus. De la tentative britannique de se rapprocher de l'Allemagne pour prendre le contrôle d'EADS. Du choix, finalement, d'un tandem franco-allemand. Je me souviens des efforts du gouvernement français pour augmenter la part de production civile dans l'ensemble constitué et donc de dévulnérabiliser le groupe. Qu'apporteraient les Britanniques ? Leur industrie de Défense ? Dans une période de budgets contraints ? A défaut d'informations sur sa stratégie, je vois donc un groupe (EADS) qui veut tout à la fois s'affranchir de la tutelle des Etats tout en augmentant sa dépendance vis à vis d'eux ! Les marchés ne s'y sont pas trompés.
Cession de patrimoine ? a écrit le 08/10/2012 à 22:15 :
Accepter la fusion BAE-EADS reviendrait á céder l'industrie aéronautique aux marchés qui convoitent le patrimoine public á travers des pressions sur la dette.
Faiblesse budgétaire ? a écrit le 08/10/2012 à 21:52 :
Le problème du gouvernement est qu'il est acculé par la dette. Doit-il pour autant céder un siècle de construction aéronautique francaise. Peut-être est-il même tenté de faire pression par ce biais sur l'Allemagne pour obtenir des euro-bonds, lesquels signifient encore une dépendance par rapport aux marchés financiers ? Ne serait-il pas plus sage de se mettre d'accord avec l'Allemagne sur une discipline budétaire qui permettrait de revenir au financement direct auprès de la banque centrale?
gerardc27 a écrit le 08/10/2012 à 11:16 :
A la place de celui qui a fait capoter jadis la fusion RENAULT/ VOLVO pour délit de langue trop bien pendue, je me tairais (en comptant les coups) comme le fait intelligemment l'Etat français d'ailleurs.
massachute a répondu le 11/10/2012 à 08:04:
bon rappel d'un fiasco qui continue à se faire sentir (fermeture Camiva : camions de pompiers , un marché vraiment difficile )...
Tony Meuter a écrit le 07/10/2012 à 23:09 :
Les accords de Lancaster ont été conclus pour l'opération en Libye et ne correspondent pas à l'Europe de la défense. L'EuroCorps, notre véritable système de défense doit être remis sur pied sans tarder. Une simple Joint Venture comme celle de Boeing/Loockheed est nettement préférable pour approfondir la coopération avec les Britanniques. Viser, selon Enders, le marché américain de la défense dont le secteur en surcapacité se reconvertit dans l'aéronautique civile au grand dam d'Airbus est un leurre. La grille 60/40 proposée entrainera la suppression du droit de regard des actionnariats publics et privés actuels de manière à les exclure de l'exécutif (EADS 40% + 10% du flottant et Goldman Sachs prend la direction effective), càd une multinationale dont le pouvoir de décision nous échappera comme le dit très bien le message ci-dessous. L'objectif non avoué de ce projet est de rompre la coopération franco-allemande. En outre, il y a un risque réel de démantèlement pour EADS. Il n'y a aucun avantage dans ce projet de fusion. Aucun.
ben voyons a écrit le 07/10/2012 à 11:51 :
Monsieur Longuet , l'un de nos meilleurs AristoTechnocrate est vraisemblablement pour une multinationale de plus , une réelle multinationale c'est à dire avec les anglo-saxons (faire entrer les Anglais , c'est faire entrer les américains dans EADS). Une multinationale qui pourra contraindre nos gouvernements a acheter ses produits et qui d'ici quelques mois expliquera qu'il faut délocaliser encore plus les salariés en zone a bas couts ou zone dollar ...
Democratix a écrit le 06/10/2012 à 23:33 :
L'analyse de l'industrie par ce monsieur, roi du conflit d'intérêts, me fait bien rire. Aucune crédibilité. J'invite chacun à aller voir son CV sur wikipédia. Il faut virer Lagardère pour lui laisser le temps de roucouler avec Jade.
Hercule Poivrot a écrit le 06/10/2012 à 21:00 :
Le problème m'apparaît ne se situer ni en France, ni en Allemagne, mais bien en Angleterre. La fusion EADS - BAE donnerait en effet naissance au premier avionneur mondial, globalement mais aussi militairement. Voilà donc les Anglais au pied du mur : soit le continent avec la fusion, soit le grand large avec un rejet qui complairait aux Américains. L'intérêt porterait vers l'Europe, mais le réflexe pavlovien du caniche vers l'Atlantique.
çàcmoi a écrit le 06/10/2012 à 06:01 :
comme l'a fait remarquer M. Montebourg, habituellement classé à l'aile gauche du Parti socialiste. l'Etat n' est pas un très bon gestionnaire",
Glycol a écrit le 05/10/2012 à 23:13 :
J'ai l'impression que la France vendait mieux lorsqu?il y avait Aérospatiale, Matra et j'en oublie. Airbus est de plus en plus allemand dans les faits.
Sub a répondu le 06/10/2012 à 13:12:
La majorité des Airbus sont assemblés à Toulouse.
patex a répondu le 06/10/2012 à 13:38:
Le problème n'est pas en allemagne. Il s'agit d'une fusion avec un groupe britannique. D'ailleurs, le fait qu'Airbus est aussi allemand est une chance. La performance des méthodes de gestion allemandes n'est sans doute pas étrangère au succès d'airbus. Ne l'oublions pas.... Pour le reste, la fusion n'impacte pas airbus, mais la filière de défense, là où les allemands ont très gros à perdre. Les activités de défense d'EADS comptent peu d'emplois en France par rapport à l'Allemagne ou le RU.
Truk a répondu le 06/10/2012 à 20:13:
Les méthodes de gestion allemandes ont justement failli tuer Airbus. Les bêtises des ouvriers et des ingénieurs de Hambourg ont flingué le programme A380. Il a fallu envoyer des Français de Toulouse pour rattraper l'amateurisme des Allemands. Lesdits Français ayant été accueillis à coups de boulons. Assembler des avions est plus compliqué que de fabriquer des voitures pour vieux selon des méthodes quasi centenaires dans leurs grands principes. Les Allemands sont des assembleurs de génie, très sérieux et précis - ce qui est parfait dans la Chimie, l'Automobile, les machine-outils - mais dans l'informatique, l'aéronautique, où il faut plus de savoir-faire, ils sont largués. D'ailleurs, leur Eurofighter est un machin sérieux, mais dont la conception fut trop entravée : le résultat est raté.
Blabla a répondu le 08/10/2012 à 14:24:
Oh le vieux cliché...
coucou a écrit le 05/10/2012 à 22:32 :
La fusion c' est NEIN ! La France ne peut qu'y laisser des plumes .
pigeon a répondu le 06/10/2012 à 17:30:
Tant mieux, les Allemands n'ont rien à gagner avec une fusion.
Voui a répondu le 07/10/2012 à 11:54:
Les Allemands rien a gagner ... c'est un peu normal vu la faible mise qu'il mettent réellement sur la table , budget de la défense minable , réduction des commandes (après avoir négocier une répartition industrielle sur la base des commandes d'origine) .
Truk a écrit le 05/10/2012 à 21:50 :
M. Longuet se trompe je pense. Le gouvernement français a bien fait de laisser les Allemands sortir du bois. Après des propos lénifiants, ceux-ci furent obligés de dévoiler ce qui était si évident dans leur jeu : faire des positions françaises dans EADS la variable d'ajustement de l'équilibre à venir entre Britanniques et Germains. D'abord, ils veulent monter au capital, ce qui n'a rien de nouveau, puis, forcés par le silence français à en dire plus pour provoquer une réaction, les voila qui exigent d'avoir le siège d'EADS à Munich, et non plus à Paris comme aujourd'hui ni à Toulouse comme il est prévu. La France n'a rien à gagner à cette fusion, qui se fait sur son dos : les Allemands ont déjà pillé beaucoup chez Airbus, il est hors de question qu'ils s'allient aux Anglais pour dépecer le reste. Jean Pierson, ancien dirigeant d'Airbus a suffisamment averti sur la stratégie allemande au sein de l'avionneur : piller les technologies qu'ils n'ont pas.
simple citoyen a répondu le 05/10/2012 à 22:41:
Et je soupçonne Enders, qui a travaillé dans les think tanks anglo-saxons et allemands sur ces sujets stratégiques de n'être que le missi dominici d'intérêts qu'il serait bon de faire également sortir du bois, afin que tous comprennent bien de quelle Europe on parle (traité transatlantique germano-américain et ses objectifs de 2015). Par ailleurs, il semble clair a posteriori, que la décision de transférer le siège à Toulouse n'était qu'une manoeuvre d'endormissement, destiné à masquer la suite. Une manoeuvre à pas cher probablement, ayant déjà l'idée du coup d'après. Là encore, nous sommes des naïfs. Si on regarde les faits plutôt que le story-telling, on s'aperçoit qu'un allemand indéboulonnable par un français a viré les français de la tête de la branche, puis afin de parfaire son image d'équité, le nouveau dirigeant allemand le congédie sous les vivas français, émus devant tant de justice, etc... Si nos gouvernants acceptent ce mariage forcé, il ne restera plus rien de notre industrie de défense. Comme Hollande cherche des sous pour payer ses dépenses électoralistes, les allemands ont compris que la défense serait sacrifiée et en ont tenu compte. La prochaine étape sera la dissuasion et le siège à l'ONU, au nom des grands principes entre pays frères et égaux, et économies budgétaires et règle d'or. Et le précédent gouvernement n'est pas indemne de reproches à ce titre. Beaucoup de nos dirigeants à droite font preuve d'un aveuglement atlantiste et européiste (les deux vont ensemble si on veut bien regarder) qui les a poussé à ignorer ces problèmes, voire pousser dans le même sens.
Voui a écrit le 05/10/2012 à 21:34 :
Blablabla ... blablabla ...