Tribune

"Bisphénol A : quand le gouvernement "sabote" la sécurité alimentaire"

Valentin Petkantchin | 11/10/2012, 11:18 - 560 mots

Valentin Petkantchin est chercheur associé à l'Institut économique Molinari.
Valentin Petkantchin /Copyright Claudio Calligaris
Valentin Petkantchin /Copyright Claudio Calligaris

Imaginez que les couteaux de cuisine, les voitures ou les parachutes soient interdits parce qu'ils seraient susceptibles de causer des coupures, des accidents de la route ou des défaillances lors des sauts dans le vide. Vous conviendrez sans doute qu'il serait absurde d'ignorer leurs nombreux bénéfices, en se focalisant sur leurs seuls risques théoriques potentiels. Pourtant, c'est ce qui vient de se passer dans le cas du Bisphénol A ou BPA.

Regardez autour de vous. Votre niveau de vie dépend de nombre de produits en contenant : boîtes et vaisselle micro-ondables, bonbonnes d'eau réutilisables, équipements médicaux, DVD, CD, téléphones portables, appareils photos, ordinateurs, TV, automobiles, etc.

Mais le BPA est aussi utilisé depuis plusieurs décennies dans des résines époxy afin de protéger nos aliments et nos boissons sous la forme de vernis. Ces résines, c'est à l'heure actuelle notre « parachute » en matière de sécurité alimentaire !

Ils recouvrent, en effet, les cannettes et autres contenants alimentaires en métal, mais aussi les couvercles des bocaux ou les capsules des bouteilles en verre. Ils sont le seul « rempart » pour lutter contre les intoxications alimentaires, liées à des bactéries comme l'E. Coli ou le botulisme, une maladie paralytique grave pouvant causer la mort.

Or, voilà que le gouvernement a décidé de supprimer ce « parachute » sous prétexte qu'il pourrait aussi théoriquement présenter des dangers : le Sénat a ainsi décidé d'entériner l'interdiction du BPA de tous les contenants alimentaires pour le 1e janvier 2015.

Peu importe que sa dangerosité n'ait pas été confirmée par une évaluation rigoureuse des risques et que les autorités dans les autres pays confirment régulièrement son innocuité dans les conditions d'utilisation réelle. C'est d'ailleurs ce qu'a fait en septembre dernier l'autorité sanitaire du Canada - pourtant le premier pays à avoir interdit le BPA des biberons. Pendant, ce temps, les autorités françaises prévoyaient son interdiction.

Le BPA vient d'être interdit alors qu'on ne sait pas exactement par quel autre produit il sera possible de le remplacer dans des conditions de sécurité au moins identiques. En effet, la mise au point de A à Z d'un nouveau vernis prendrait, en cas de succès à tous les niveaux, entre 5 à 8 ans. Par quoi remplaceriez-vous les parachutes, s'ils tombaient sous le coup d'une interdiction brutale ?

Certes, des solutions de rafistolage existent, et encore pas pour la totalité des usages du BPA si on veut maintenir le niveau de sécurité alimentaire actuelle. Un retour massif en arrière vers, par exemple, les oléorésines - la norme avant les années 1960 et l'arrivée des résines époxy - est aussi possible, mais n'oublions pas qu'elles adhèrent moins bien au métal, sont moins résistantes à la corrosion et réduisent la durée de vie des produits conservés. D'autres substituts au BPA ont été essayés mais il n'est pas sûr que les dangers pour la santé soient moindres.

Il s'agira de compromis, inférieurs d'un point de vue économique et industriel. Quant à leurs effets sanitaires, ils sont moins connus, à la différence du BPA, si on venait à les utiliser à grande échelle et sur de longues périodes.

Bref, avec cette interdiction, nous risquons, en tant que consommateurs, d'y perdre largement sur le prix et sur la qualité des produits, mais, aussi en matière de sécurité alimentaire.

Retrouvez l'étude de l'Institut économique Molinari : "Les risques du « précautionnisme » : le cas de l'interdiction du Bisphénol A."
 

Commentaires

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ahl7 a écrit le 14/10/2012 à 09:02 :

Un scientifique ? Détenteur d'une thèse en histoire de la pensée économique en 1996 (domaine de prédilection des économistes libéraux). Aucun article dans des revues d'économie "référencées" depuis, mais des prises de position libérale en utilisant le script fourni par les industriels qui achètent des études à l'Institut Molinari. Précédents articles de l'Institut Molinari sur ce site : l'un défendant l'huile de Palme et l'autre le tabac !

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Marc12 a écrit le 12/10/2012 à 11:18 :

Encore un scientifique totalement lié (vendu) à l'industrie agro-alimentaire...

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Pol75 a écrit le 12/10/2012 à 11:17 :

Ne vous reste plus qu'à trouver une solution. C'est comme ça que le monde évolue... et puis il est faux de dire que c'est le seul « rempart », il y en a d'autres. Cela va juste faire perdre un peu d'argent à vos actionnaires, c'est bien le seul problème.

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T137 a écrit le 11/10/2012 à 22:36 :

Avant le bisphénol A il n'y avait pas de boites de conserves? il est fort cet expert en boni-mensonges

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Ju' a écrit le 11/10/2012 à 19:13 :

«Valentin Petkantchin est chercheur associé à l'Institut économique Molinari.» Chercheur en quoi ? En arguments branlants et en excuses bidons ?

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BOB a écrit le 11/10/2012 à 16:40 :

Encore une décision prise par les amateurs qui nous gouvernent. Si le produit est aussi dangereux pourquoi ne pas l'interdire avant 2015? Le principe de précaution appliqué à tous les domaines, nous coute des dizaines de milliards chaque année

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PIC SOUS a écrit le 11/10/2012 à 15:31 :

Voila le genre de réflexion sans queue ni tete : on n'interdit pas le parachute, mais bien le fait qu'il puisse s'emberlificoter s'il est mal conçu. La réaction adéquate eu été plutôt du genre : oui, il faudra un peu de temps avant de trouver un produit de remplacement réputé inoffensif. La recherche et l'innovation, car c'est bien la le c?ur de la réflexion, sont toujours en cause : comment pouvons nous faire confiance à une personne attachée à un institut économique qui ne prêchera que par la rentabilité et donc l'immobilisme ? Aux industriels d'inventer les emballages de demain, en innovant.

Coalition a répondu le 12/10/2012 à 12:57:

Pour que le parachute ne s'emberlificote pas, sa fabrication est soumise à des normes très strictes; pour que l'utilisation du bisphénol A ne pose pas de problèmes, on le soumet à des normes d'exposition très strictes, régulièrement revues par les autorités sanitaires à travers le monde. Pas plus tard que fin septembre, les autorités canadiennes ont confirmé l'innocuité de l?exposition au BPA par voie alimentaire (http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/securit/packag-emball/bpa/bpa_hra-ers-2012-09-fra.php), et l'Agence européenne pour la sécurité alimentaire est en ce moment entrain de revoir ces normes pour l'Europe (http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/120424.htm). Donc, oui, c'est une question de recherche et d'innovation, mais c'est également la rigueur scientifique ET politique dans l'évaluation des risques qui est en jeu ici: on est loin du compte avec une interdiction "point barre" du BPA, qui ne se soucie ni des bénéfices réels de ce produit pour la sécurité de la chaîne alimentaire, ni des inconnues techniques, sanitaires et économiques des alternatives à un produit qui a fait ses preuves depuis plus de 50 ans...

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Hervé a écrit le 11/10/2012 à 15:30 :

L?institut Molinari, encore eux! Après avoir défendu l'huile de palme dans un précédent article, maintenant, ils volent au secours du BPA : incorrigibles ces libéraux... À quand un article éreintant l'étude de Séralini?

carracas a répondu le 11/10/2012 à 19:04:

L' étude de Seralini est une daube scientifique. Allez sur les forums scientifiques et vous en verrez les explications. ce monsieur est un militant anti ogm reconnu qui publie une étude déplorable pour la science et qui en profite pour sortir un bouquin et une reportage en même temps...

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UN homme scandalisé a écrit le 11/10/2012 à 15:26 :

Ce monsieur tient des propos absolument scandaleux .

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charlib a écrit le 11/10/2012 à 14:26 :

Ce n'est pas parce que la FDA américaine n'a pas encore interdit le BPA dans les contenants alimentaires, que la France n'a pas le droit d'être en avance. Ce n'est pas parce que l'industie n'a pas de solution de rechange immédiate que la France doit continuer dans l'erreur.

@charlib a répondu le 11/10/2012 à 14:50:

tout à fait, mais le probleme c'est qu'on peut mettre sur le marché un produit de substitution sans avoir la moindre iddée de son inocuité et se rendre compte dans 30 ans que c'est pire que le BPA

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consommateur a écrit le 11/10/2012 à 13:21 :

mangeons davantage de produits frais (ou surgelés) : les boîtes n'ont de toute façon aucun goût. les bocaux en verre pourraient utiliser la technique du "vide" qui fonctionne très bien pour les conserves artisanales blague à part j'ai rarement vu une démonstration par l'absurde...aussi absurde que celle de ce "chercheur"' dont le lobbying est vraiment nul.

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Pente fatale a écrit le 11/10/2012 à 12:36 :

Encore une preuve parmi tant d'autres que l'Etat français, aveuglé par le socialisme, est en train de ruiner la France, son économie, sa santé, son développement, son dynamisme, son potentiel de progrès, avec une obstination remarquable. Si nous ne réagissons pas rapidement pour renoncer à cette pente fatale, nous allons assister à un recul de civilisation majeur dans notre pays.

Pol75 a répondu le 12/10/2012 à 11:20:

C'est ça ! Et il y aura bientôt des loups dans les villes ?

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tony a écrit le 11/10/2012 à 12:32 :

Tiens, encore un payé par des firmes. L'amiante avait toutes les vertus (pas cher, isolant, facile à poser, à floquer...). Si ça continue ils vont aussi l'interdire alors ? et le sang contaminé ? mieux vaut du sang bien pourri que pas de sang du tout ! Le Bisphénol n'est pas comparable au parachute, mais à l'amiante (cancérogène certain) ou au diesel.

Yves a répondu le 11/10/2012 à 13:30:

tony, oui au fait, on ne parle déjà plus du Diésel ?

Tony a répondu le 11/10/2012 à 13:42:

Euh non, en France on ne parle plus du diesel, c'est interdit... Sinon faudrait expliquer pourquoi les gouvernements ont incités les constructeurs français à utiliser un carburant plus polluant en le défiscalisant par rapport à l?essence, alors que le même carburant est interdit dans la plupart des pays pour les véhicules particuliers (il en est de même pour l'eau de javel au passage). A noter que l'explication donnée par ce monsieur est d'autant plus stupide qu'un parachute n'est pas réputé cancérogène ou mutagène (cas du Bisphénol), ni un couteau... De plus on a des substituts puisque le Bisphénol est interdit dans les jouets enfant et les biberons, et à ma connaissance on en trouve encore dans les magasins.

candide a répondu le 11/10/2012 à 16:23:

peut etre pourrez vous me répondre: on m'a signalé que le diesel actuel était moins polluant que l'essence. Il y a semble-t-il un probleme de particules fines qui persiste mais à un taux bien inferieur à l'essence avec les filtres. Par ailleurs la consommation étant moindre= moins de CO2

@candide a répondu le 11/10/2012 à 22:49:

1/ Le CO2 n'est pas un polluant, encore moins un GES notable. Ce n'est donc pas le sujet. 2/ Les moteurs diesel même filtrés émettent beaucoup plus de particules que les moteurs essence. Les prochaines normes européennes vont achever le diesel car, pour les respecter, le coût des moteurs diesel va flamber à l'achat mais surtout à l'entretien, sans parler de la fragilité liée à la complexité de la dépollution. Sauf pour les usages industriels où il n'a pas d'équivalent, le diesel est condamné. 3/ Compte tenu du nombre de décès qu'il engendre (40000 morts par an rien qu'en France), il n'est pas impossible qu'il soit rapidement interdit d'usage au niveau européen, au moins dans les villes. A votre place, j'éviterai désormais d'acheter un véhicule équipé en diesel : s'il est interdit, non seulement vous ne pourrez plus l'utiliser mais sa valeur chutera au niveau du prix de la ferraille. 4/ Ne plus acheter de diesel est un acte citoyen, un acte patriotique.

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M92 a écrit le 11/10/2012 à 12:21 :

Et ou... c'est ce qui se produit quand ont met des guignols au gouvernement...

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