Production pétrolière, on est bien loin du peak oil !

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Le scenario du peak oil est bien oublié !
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, production pétrolière, on est bien loin du peak oil !

Les années 80 commencent par une baisse brutale de la production mondiale de pétrole qui passe de 64 millions de barils jours à moins de 58 en 1983. Le détonateur, c'est l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeini et l'institution d'une république islamique en Iran. Très vite un conflit se déclenche avec l'Irak, ce qui déstabilise la production pendant deux ans. L'impact sur le prix du baril est terrible : il est multiplié par 3 pour atteindre 35$. Ce choc pétrolier casse la croissance mondiale. Conséquence, la demande de pétrole se fige.

L'offensive des pays consommateur

Les pays consommateurs organisent la riposte face à l'Opep qui fournit 40% du pétrole mondial. Les contre-offensive prend trois directions :

  • 1- limiter sa demande en encourageant les économies d'énergie,
  • 2- miser sur d'autres sources d'énergie, notamment le nucléaire pour produire de l'électricité.
  • 3- varier les sources d'approvisionnement en pétrole par une diversification de la prospection, notamment en mer du Nord.

La réplique de l'Opep ne se fait pas attendre. Elle vient de l'Arabie Saoudite qui coupe ses approvisionnements : son offre passe de plus de 10 millions de barils/jour en 1981 à moins de 4 en 1985. La chute des prix enrayée : le baril se stabilise à 30$.

Un accord tacite entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite en 1986 va rechanger la donne : la sécurité des routes du pétrole et de la région est échangée contre une hausse massive de la production pour faire baisser les prix. C'est bon pour le consommateur américain. C'est aussi une arme décisive pour déstabiliser l'économie soviétique très dépendante comme aujourd'hui du pétrole.

On connait la suite...

La production mondiale remonte, et retrouve en 1988 son niveau de 1980. La conjonction de l'effondrement de l'Union Soviétique et de la guerre du Golfe provoque un plateau de la production pétrolière. Elle reprendra son ascension qu'à partir de 1995, mais la crise financière de 1998 marque un coup d'arrêt à 75 millions de barils jours

Après l'explosion de la bulle internet, le volume de production va rester hésitant jusqu'à la fin de la crise de la nouvelle économie. Mais en sortie de crise, en 2003, tout se précipite. L'accélération de la mondialisation, l'entrée de la Chine dans l'OMC, sa croissance spectaculaire, et la montée des autres émergents fait exploser la demande.

Dans un premier temps, l'offre va suivre. Mais la production cale à partir de 2006 alors que la consommation continue de s'envoler.

La grande peur du « peak oil »

Les experts relayés par les médias et certaines banques d'affaires nous rejouent le scénario de grande peur du « peak oil » : celui du pic de production maximum. Certains prétendent même qu'il est déjà atteint et que la production ne peut plus que baisser. Le baril atteint 150 $. Certains le prédisent déjà 200 voire à 250.

Effectivement, cette manipulation des marchés sera auto-réalisatrice : conjugué avec la crise des subprimes, la flambée du pétrole accélère le déclanchement de la récession. La consommation baisse en 2008, la production aussi. Puis contre toute attente, malgré la rechute des prix, la production s'envole de nouveau.

A la manœuvre les Etats-Unis dont les choix radicaux en matière d'énergie fait exploser son offre de pétrole non-conventionnel : sa production s'envole de plus de 57% entre 2008 et 2014 et dépasse l'Arabie Saoudite ! Dans un contexte de croissance mondiale ralentie, la chute des prix s'accélère. Dans la tourmente, plusieurs grands pays producteurs augmentent leur production pour préserver leurs parts de marché.

Bilan la production s'envole et atteint 91,4 millions de baril, un record historique. Le scenario du peak oil est bien oublié !

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 07/02/2015 à 10:52 :
Très amusant
on se retrouve ici dans 18 -24 mois et on en reparle.
les aléas économique le boom du schiste ne font que masquer la réalité du pétrole conventionnel
a écrit le 01/02/2015 à 16:31 :
normal qu'on n'ait pas atteint le peak oil, car on a subi une crise en 2008, qui a fortement ralenti la consommation mondiale, donc les réserves ont moins été touchées ! mais on y arrive doucement ! un peu ras le bol de lire n'importe quoi ici de gens qui n'y connaissent rien...
a écrit le 01/02/2015 à 15:20 :
donc on a trouvé de nouveaux gisements (autre que schiste)? et donc on la technologie pour aller les cherche?
a écrit le 31/01/2015 à 15:26 :
Chouette , on peut continuer a faire monter la température !
a écrit le 31/01/2015 à 14:19 :
Les marchés démontrent surtout leur incapacité à déterminer des prix rationnels intégrant réellement l'information disponible. En quelques mois, le cours est passé de 110 à 50 $, au moins l'un des deux prix est aberrant. Il y a déjà un pic pour les hydrocarbures conventionnels. Les autres n'ont pas les mêmes caractéristiques en termes de qualité finale et de coût d'extraction. Le pétrole est devenu abondant alors que l'Europe stagne, mais l'abondance était liée à des extractions développées à cause des prix élevés... Si l'on arrête de forer de ce côté-là, pour peu qu'il y ait agitation en Arabie, le yoyo va remonter très vite.
a écrit le 31/01/2015 à 12:04 :
Je trouve étrange l'affirmation "Les experts relayés par les médias et certaines banques d'affaires nous rejouent le scénario de grande peur du « peak oil »" Les compagnies pétrolières n'ont jamais dit cela au grand dam des écologistes. Et si des écologistes le disent, je leur dénie le droit de s'appeler experts.
Réponse de le 06/02/2015 à 11:30 :
C'est faux. Tous les pétroliers savent que la production passera forcément par un maximum et finira par décliner. C'est inéluctable. Seul la période de déclin fait débat.
Si vous pensez que ce sont des écologistes qui ont mis sur la table la théorie du pic pétrolier, c'est que vous n'y connaissez rien.
a écrit le 31/01/2015 à 11:39 :
le scénario du peak oil n'est pas du tout oublié vu que ce n'est pas un scénario mais une évidence mathématique. Ce n'est pas parce que les acteurs tirent la production pour des raisons tactiques ou politiques que cela change la donne. (quand au pétrole abiotique vous devriez relire l'article de wikipedia)
a écrit le 31/01/2015 à 11:32 :
> 1- limiter sa demande en encourageant les économies d'énergie,

En France, pays sans aucune énergie fossile, on renchérit sans cesse le coût du voyage en train et on encourage dorénavant les voyages en autocar. Bravo.

> 2- miser sur d'autres sources d'énergie, notamment le nucléaire pour produire de l'électricité.

Le pétrole n'est quasiment plus utilisé dans le monde pour produire de l'électricité. L'électricité aujourd'hui dans le monde, c'est 40% avec du charbon 25% avec du gaz, et les 35% restant sont produits à l'aide de barrages, c'est 10%, nucléaire 10% et les 15% restant, c'est éolien, solaire, pétrole, etc.

https://en.wikipedia.org/wiki/Electricity_generation#Production

> 3- varier les sources d'approvisionnement en pétrole par une diversification de la
prospection, notamment en mer du Nord.

Les gisements de la Mer du nord ont atteint leur pic vers 2000, ce qui veut dire que l'Europe, qui était déjà très dépendante du pétrole importé, devient chaque jour encore plus dépendante.

À part ça, on va encore pouvoir continuer pendant des décennies à consommer du pétrole au même rythme que maintenant, avec le même EROEI que maintenant et au même prix que maintenant…

"A quand le pic de production mondial de pétrole ?"
www.manicore.com/documentation/petrole/pic_futur_petrole.html
a écrit le 31/01/2015 à 10:04 :
Il n'y a pas eu de peak oil tout simplement parce que le pétrole est en réalité d'origine abiotique. Il n'est pas formé à partir de plantes ou de fossiles d'animaux, mais à partir d'éléments chimiques minéraux se trouvant loin dans les profondeurs (dans les 100 km). Et il y a donc au minimum 100 fois plus de pétrole accessible à faible cout que ce qu'on nous fait croire.

Les compagnies pétrolières nous vendent cette légende du pétrole d'origine biologique pour faire croire à sa rareté et donc justifier des prix élevés. Sans ça, le baril de pétrole vaudrait 10 euros.

Tapez "pétrole abiotique" dans Google, il y a des blogs qui parlent du sujet.
Réponse de le 31/01/2015 à 11:22 :
Le pétrole abiotique est un mythe soviétique.

www.theoildrum.com/node/727
Réponse de le 31/01/2015 à 15:35 :
C 'est vrai ,les blogs conspirationistes parlent du sujet !
Mais on est pas obligés d'adhérer aux théories du complot , hein !
Le pétrole est composé de minéraux ,maintenant ?
Merci d'égayer mon après midi !
Réponse de le 31/01/2015 à 22:42 :
Quelle stupidité !! Ou alors humour que je ne comprends pas...
a écrit le 31/01/2015 à 6:17 :
Bon article, sur le Peak Oil!, j'ajoute que la politique guerrière des USA peut s'expliquer aussi par leur avidité pour l'or noir! Que fabrique le royaume-Uni pour être aussi riche, réponse rien ou presque, ils ont la City et les magouilles bancaires! Russie, et oui, il faut éviter de s'endetter sinon on enrichit les pays banques et préteurs, rien a changé depuis l'antiquité. Pourquoi, on ne parle jamais de la dette des USA?

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