Il y a une vie après le capitalisme

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La gauche et la droite doivent comprendre que le capitalisme n'est plus productif. Il faut changer notre rapport au travail. Par Michel Santi, économiste

L'économie n'est plus une pourvoyeuse d'emplois ! Ce paradigme est désormais révolu car, à l'ère de la globalisation et de la financiarisation de nos économies, croissance ne rime plus avec travail honorable et correctement payé que pour une minorité. La crise des subprimes fut fondamentalement provoquée par des prêts massifs accordés aux ménages de la classe moyenne afin de leur donner l'illusion qu'ils pouvaient maintenir leur niveau de vie.

Plus de croissance stable

Depuis, nous avons compris qu'il n'est désormais plus possible de vivre sur l'illusion selon laquelle l'augmentation progressive de nos revenus nous autoriserait à vivre mieux que nos parents, et nos enfants mieux que nous. Depuis, nous nous sommes rendus compte que la classe moyenne -pilier de nos démocraties modernes- croulait sous les coups de boutoir de ces dettes illégitimes encouragées par les politiques pour maintenir la paix sociale et prodiguées par la finance pour gonfler ses profits. Le capitalisme, aujourd'hui, se fissure de toutes parts et n'est plus capable de produire une croissance stable, tout au plus des épisodes mortifères jalonnés d'implosions de bulles spéculatives.

Quelle alternative?

Il est donc plus que temps de lui trouver une alternative et, ce, d'autant plus que nos économies sont désormais de plus en plus construites sur l'échange gratuit de l'information, totalement incompatible avec le capitalisme classique dont la raison d'être est le profit et le moyen d'y parvenir la compétition. Il est donc urgent d'édifier une économie qui ne soit plus basée -ou que basée- sur le marché et sur le prix. Qui n'empêcherait pas ceux qui veulent travailler de le faire, mais qui épargnerait à un nombre de plus en plus important d'accomplir des tâches que de plus en plus de robots sont désormais capables de remplir. Cette valeur travail, profondément ancrée dans notre identité, doit désormais être désacralisée.

Une ère de collaboration entre les acteurs économiques?

Qu'il ne soit plus obligatoire d'accepter les tâches dégradantes. Que le volontariat soit ardemment promu. Que l'épanouissement personnel ne soit plus redevable au travail. Que l'insécurité matérielle soit enfin éradiquée. Que la robotisation profite à toutes et à tous, et pas qu'à un nombre infime. Que la gauche et que la droite comprennent que le capitalisme n'est plus productif. Qu'il n'est en fait carrément plus nécessaire de produire dans cette économie post-capitaliste qui est la nôtre, où l'argent a perdu sa centralité et où les biens comme les informations peuvent désormais être échangés.
Est-il naïf d'émettre le vœu que le capitalisme sauvage soit progressivement remplacé par une ère de collaboration entre les acteurs économiques ?

 Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique" et de "Misère et opulence", préface rédigée par Romaric Godin.

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Commentaires
a écrit le 21/03/2016 à 23:46 :
''''.....La crise des subprimes fut fondamentalement provoquée par des prêts massifs accordés aux ménages de la classe moyenne .......''''''Hummmm ! Il est connu de tous que ces prets furent accordés aux classes inferieures bien trop fragiles elles ,et non les classes moyennes,pour faire face aux moindres à coups économique pour rembourser leurs mensualités .......Une telle erreur dans l'écrit d'un économiste le discredite totalement .....
a écrit le 21/03/2016 à 18:36 :
excellente analyse , la gauche et la droite ne répondent plus au monde actuel il faut inventer une nouvelle voie ; il sera difficile de réformer tant nos élus s'accrochent à leurs privilèges
a écrit le 21/03/2016 à 17:45 :
Et comment on fait? L'article ne le mentionne pas... C'est pourtant le plus dur... Trouver la méthode après avoir présenté l'idéologie. Qui fabrique les robots? Qui les installe ? Qui fait le pain ou ramasse les ordures? Qui enseigne et soigne? Et puis pourquoi travailler si je touche la même chose? Et si je travaille, pourquoi arriver à l'heure ? Ou faire des choses difficiles ?
a écrit le 21/03/2016 à 16:09 :
il faut surtout en finir avec les déséquilibres du marché provoqué par l'intervention tout azimut des états.

Ainsi ceux qui produisent auront intérêt à produire quand les états en finiront avec cette politique dites de relance keynésienne et de redistribution sauvage( car déstabilisatrice) qui abouti à toujours plus de dettes pour toujours moins d’épanouissement personnel dans le travail et toujours plus de chômage.
a écrit le 21/03/2016 à 15:01 :
Cette brève argumentation est courageuse, parce qu'elle dit simplement la vérité. Cette vérité chiffonne les sommités (!) de la "science" économique qui hantent tous nos médias, presque tous plus proches de l'idéologie que de la réalité, cette réalité qui commence à se faire jour dans l'esprit des gens lucides et intellectuellement honnêtes.
a écrit le 21/03/2016 à 13:37 :
Ce qui est naïf est de croire que les gagnants du système, qui sont les plus puissants, vont renoncer à la source de leurs fortunes. Les entrepreneurs politiques, issus en grande partie de cette même caste ou aspirant à y entrer (d'où leurs petits tours dans les conseils d'administrations), ne pourraient tenir compte des avis de leurs électeurs que ci ceux-ci ont la possibilité de leur enlever le Pouvoir. Ce qui est de moins en moins le cas en union européenne puisque tout est organisé pour que les décisions des citoyens ne soient pas pris en compte (les élites ayant construit l'union européenne actuelle de manière à ce que les décisions qui favorisent leurs castes ne leur soit plus imputées et ainsi continuer à être élus).
a écrit le 21/03/2016 à 11:41 :
Analyse très discutable et plutôt Rousseauiste et post-communisme que post-capitalisme. Par exemple, le travail c'est l'apport de l'individu à la prospérité d'une société humaine qui en contrepartie le reconnaît et le gratifie. Les tâches degradantes dont il est question : lesquelles ?? et il faudra bien que quelqu'un s'en charge.....
a écrit le 21/03/2016 à 11:28 :
En gros ce que propose se monsieur c est le revenu de base. Pourquoi pas ? mais il devrait quand meme en voir les limites. par ex il parle des travaux degradants (mais necessaire comme par ex vider les ordures). Qui les fera si tout le monde a assez pour vivre sans devoir les faire ?
De meme il evoque le decouplage production/revenu. Mais comment faire si la population explose alors que les revenus eux ne suivent pas (rappel la population mondial a pris 2 milliards d habitant en un peu plus de 20 ans. il a fallu presque 150 ans pour passer de 1 a 3 milliards (de 1800 a 1960))
a écrit le 21/03/2016 à 10:55 :
Le problème du capitalisme c'est qu'il thésaurise et fabrique l'argent avec les intérêts. C'est un cercle vicieux qui freine la circulation de la monnaie et donc l'économie réelle!
a écrit le 21/03/2016 à 10:49 :
Il faut et il suffit de prendre en compte le role de l'énergie: on a le travail, le capital, ET l'énergie. L'énergie remplace le travail en permettant au capital (l'outillage) de produire des richesses. Il faut répartir les charges sociales sur le travail, sur le capital et sur l'énergie.
a écrit le 21/03/2016 à 10:20 :
Merci, monsieur pour ce nouvel article très convaincant . je suis une de vos plus grande fan. Continuez de nous éclairer de vos idées visionnaires en espérant qu'elles aient un jour un retentissement dans nos sociétés malades.
Bravo!

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