Macron, un bilan calamiteux

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Emmanuel Macron se présente comme le candidat du renouveau. Il est en fait issu du système, et comptable du bilan de François Hollande. Un bilan économique catastrophique. Par Julien Barlan, économiste, chroniqueur et membre du parti Les Républicains, co rédacteur du programme économique du parti Les Républicains

Voilà plus de dix jours qu'Emmanuel Macron a présenté sa démission du gouvernement pour reprendre sa liberté de parole en vue de 2017. Passés les commentaires et élucubrations sur son avenir politique et le faux suspens sur ses ambitions, l'heure est venue de prendre du recul et de se pencher sur le bilan de l'ex-ministre de l'économie mais aussi ex-conseiller de François Hollande à l'Elysée en charge des affaires économiques. Alors que Macron se veut le chantre de la croissance par l'innovation et l'investissement, force est de constater que les paroles n'ont pas été suivies par les actes. Ce moment est aussi l'occasion de mettre en avant des propositions de réformes économiques pour la France pour enfin faire repartir la croissance.

En tant que conseiller de François Hollande, Emmanuel Macron est responsable des mesures économiques décidées en début de quinquennat. Le bilan économique de 2012 à 2014, c'est forcément le sien. Il a contribué à la rédaction du programme du candidat Hollande avant d'en tirer les ficelles une fois installées à l'Elysée.

Hausses d'impôts en rafale

Il y a eu les hausses d'impôts : hausse de l'ISF, hausse de l'impôt sur le revenu et accentuation de l'injustice face à l'impôt (10% des contribuables s'acquittent de 70% de son produit), alignement de l'impôt sur le capital sur celui du travail faisant fi des raisonnements économiques élémentaires qui veulent que sans capital il n'y a pas de travail, hausse de l'impôt sur les successions décourageant encore l'entrepreneuriat, et enfin taxe 75% pour achever ce qui restait à la France comme compétitivité. La « refonte de la fiscalité » promise par le gouvernement d'alors devant le ras le bol fiscal qui s'était installé ne verra jamais le jour. Au total, 103 nouveaux impôts ont été créés depuis 2012, pour une hausse de 90 milliards d'euros.

D'autres mesures défavorables à la croissance économiques ont aussi été mises en place comme la loi « Alur » instaurant l'encadrement des loyers et ayant, par effet pervers sur l'offre, rendu plus compliqué la vie des Français qui cherchent à se loger. Sur les retraites, abaisser l'âge de départ à 60 ans plombera les comptes publics, préfigurant des impôts à venir, et l'instauration du fumeux compte pénibilité n'encourage pas les entreprises à embaucher. Face à un tel échec, le gouvernement n'eut d'autre choix que de s'en remettre au très couteux placébo des emplois d'avenir, avec la création de 150.000 postes dans le secteur non marchand, soit celui qui ne contribue pas à la croissance.

Petites phrases...

Enfin, il y eu le Macron ministre de l'économie de 2014 à 2016. Deux ans marqués par des petites phrases applaudies mais par très peu d'action ou en tout bien trop peu de ce que l'on pourrait attendre d'un ministre médiatiquement intronisé comme « ayant compris » ou « sachant ». Je reste sur ma faim : les réformes économiques se sont arrêtées à l'ouverture de 12 dimanches par an au bon vouloir des maires et à une libéralisation du marché des autocars. Impact : 0,05% du PIB...

Il est le père d'une loi qui va certes dans le bon sens mais qui malheureusement reste à mille lieux de toucher aux blocages structurels de notre économie : fiscalité, coût du travail, organisation sclérosée du marché du travail. Pour preuve, plus d'un an après son adoption, les grands magasins parisiens ne sont toujours pas ouverts le dimanche, faute d'accord avec les syndicats. C'est une loi vide, qui ne pourra avoir d'effet sur l'emploi car elle ne s'attaque pas aux vrais sujets.

Ce bilan économique calamiteux, qui s'illustre par l'implacable hausse du chômage ces quatre dernières années avec 500.000 chômeurs en plus rien qu'en catégorie A, Emmanuel Macron en est comptable et devra en répondre dans les urnes devant les Français s'il choisit cette voie.

 Une baisse globale fiscalité

L'économie française a besoin d'être réformée en profondeur pour lui donner la possibilité de croitre et d'exprimer son talent. Il est l'heure de faire des propositions tangibles et de sortir des phrases toutes faites. Pour gagner la bataille du chômage, il faut gagner celle de la compétitivité dans un monde économique en concurrence féroce.

Il faut instaurer une baisse globale de la fiscalité car la France taxe 120 milliards d'euros par an de plus que le reste de l'UE. Le total des prélèvements obligatoires et de la fiscalité s'élève désormais à 45% du PIB, contre 39% reste de l'UE. Seuls le Danemark et la Belgique taxent plus

Il faut baisser les charges qui pèsent sur l'emploi et l'embauche car la France souffre d'un écart de 80 milliards d'euros en matière de coût du travail avec le reste de l'Union Européenne. Par ailleurs, alors que le travail est mis en danger par l'automatisation et le digital, faire peser notre système fiscal sur la production est une aberration.

S'inspirer du capitalisme familial allemand

Il faut baisser les coûts de transmission d'entreprise, s'inspirer du capitalisme familial allemand qui assure la pérennité de l'activité et des emplois dans le temps. La France socialiste a abaissé le seuil d'exonération des transmissions à 100 000 euros contre 400 000 euros en Allemagne. Les successions d'entreprises en France sont taxées à hauteur de 40% dès 900.000 euros tandis que le taux maximum pratiqué en Allemagne est de 30%, et ce à partir de 26m€.

Il faut baisser de l'impôt sur les sociétés pour regagner en compétitivité. France possède le taux d'imposition sur les sociétés (IS) le deuxième plus élevé de l'OCDE, avec un taux total de 34,43% des bénéfices. Il est pratiquement 3 fois plus élevé que ce qui se pratique en Irlande (12,5%), qui se permet un tel taux grâce à une base plus large.

Il faut supprimer l'alignement dogmatique de l'imposition des revenus du capital sur celui du travail car il décourage la prise de risque. Alors qu'Emmanuel Macron a justement déclaré qu'il était « plus risqué d'être entrepreneur que salarié », c'est le moment de mettre cela en musique pour relancer notre industrie. Il y a aujourd'hui 4 500 entreprises de tailles intermédiaires en France, soit deux fois moins qu'en Grande Bretagne et 2,5 fois moins que l'Allemagne qui en compte 10 000. Or on sait qu'en France les 100 premiers créateurs nets d'emplois sont à 63% ETI.

Voilà autour de quoi doit tourner le débat de 2017 : les réalités économiques.

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Commentaires
a écrit le 13/09/2016 à 15:23 :
On dit de la gauche qu'elle a augmenté le coût du travail alors que c'est justement elle qui a supprimé l'exonération sur les heures supplémentaires et qui, à travers la loi Travail, contribue à baisser la majoration de celles-ci.

Idem pour la hausse des impôts : elle était malheureusement nécessaire vue l'état des finances publiques. Or, c'est Sarkozy qui n'avait pas appliqué la rigueur budgétaire pratiquée par exemple en Allemagne.
a écrit le 13/09/2016 à 13:30 :
" 4 500 entreprises de tailles intermédiaires en France [...] 2,5 fois moins que l'Allemagne qui en compte 10 000" : cette personne est très forte en division (et je ne parle là que des divisions mathématiques).
Ca ne sait pas compter, mais ça donne des leçons d'économie...
a écrit le 13/09/2016 à 11:41 :
Deux possibilities suite a cet article :
1. L'auteur a touché de l'argent de la part du PS pour décrédibiliser le programme économique du parti LR
2. L'auteur est un imbécile fini

=> Attaque bête pour ne rien dire
=> Programme LR compeletement regressif : il faut arreter de proteger les petits rentiers / propriétaires / retraités. Il faut privilégier ceux qui travaillent, qui montent leur boite
- oui aux impots sur l'héritage
- oui aux taxes foncieres qui devraient augmenter
- ou iaux baisses massives des charges patronnales (voire disparition pure et simple)

Marre de ce parti (LR), qui ne s'interesse qu'aux petits vieux qui cherchent a proteger leur bas de laine et à conserver la valeur excessive de leur appartement achete une bouchée de pain avant la bulle immobiliere
=> On devrait reflechir a supprimer le droit de vote au dessus d'un certain age (80ans ? 70 ans ?). Les papy boomers continuent de privilegier la dette (qu'ils ne rembourseront pas) aux depends des jeunes
a écrit le 13/09/2016 à 4:58 :
Ce qui est drole dans les divers commentaires, c'est tjrs apres que l'on se rend compte de l'innanite de l'action de ces pretendus economistes.
Cette "science" reservee aux "elites" qui ne savent pas compter, mais depenser .
a écrit le 12/09/2016 à 17:23 :
J'espère que ce monsieur ne fera pas partie des "conseillers économiques" du prochain président.
A part l'accumulation de critiques facilement transposables aux ministres prédécesseurs, ses approximations et la confusion de ses concepts laissent augurer le pire.

Mais son but est clair, favoriser la conservation et l'accumulation du capital par les héritiers. En fait il partie ou est-il inconscient ?
Il faut des riches très riches pour donner un peu d'argent aux pauvres. Rengaine connue et de plus en plus largement pratiquée. C'est une doctrine politique et parfois religieuse, pas un contrat républicain.
a écrit le 12/09/2016 à 16:37 :
Quel titre purement politique accrocheur et campagne électorale de cet auteur à l'endroit de E.MACRON.
Parler de bilan économique pour un conseiller qui n'était pas président , ministre qui est loin d'avoir eu non seulement les mains assez libres ni le temps de mettre en oeuvre ses idées, ne serait-ce que du fait de sa place hiérarchique dans les organigrammes.
Qu'on parle du bilan du Président, de ceux du parti socialiste qui le soutenait et du gouvernement... mais pas du recruté qui n'était même pas au parti socialiste.
Alors ambitieux, arriviste, à voir, mais assez sur cette victime expiatoire trop facile...qui n'a pas rien fait comme beaucoup de barons indéboulonnables de la politique dont je tairais les noms, mais que tout le mode connaît, et qui essaient de se refaire une virginité pour durer, la paye est bonne et la gloire médiatique douce.
a écrit le 12/09/2016 à 16:09 :
Ils n'arriveront jamais à appliquer un programme de relance en France.
Trop d'attache à la morale et au social dans ce pays.
C'est impossible.
Cela fait 40 ans qu'ils nous bassinnent, à gauche et à droite, avec leurs ETI allemandes mais ils s'en foutent carrément en fait. La fiscalité sur le capital, avec la CSG, a totalement détruit l'envie d'entreprendre et de transmettre.

Le but ultime du Francais restent de devenir propriétaire d'un pavillon, d'avoir une retraite correcte, d'aller chez le médecin comme au boulanger et de beugler sur les politiques. Certainement pas d'investir dans des actions, encore moins sur des ETI.
Et si c'est un entrepreneur, de robotiser au maximum.
Réponse de le 12/09/2016 à 20:34 :
Les français se foutent de la finance, ils veulent le retour de la démocratie ..
a écrit le 12/09/2016 à 16:06 :
C'est vrai que le bilan de MACRON n'est pas bon , mais l faut le remettre dans son contexte :

- En 2011, la FRANCE possédait un déficit public de 5.2 % du PIB, et l'ALLEMAGNE de 1 % du PIB. Et l 'ITALIE de 3.9 % du PIB.
Si la FRANCE avait disposé d'un déficit de 1 % du PIB, HOLLANDE n'aurait jamais fait de hausses d'impôts.
C'est bien à cause de l'incompétence de SARKOZY, qui a fait un trou dans les comptes, et qui n'a pas eu le courage de prendre des mesures, qu'il y a eu ces hausses d'impôts.

D'autre part, à cause SARKOZY qui a laissé dérivé les coûts salariaux, depuis 2010, la FRANCE avait des coûts salariaux supérieurs à ceux de l'ALLEMAGNE.
Là encore, à tort ou à raison, MACRON a suivi les vœux du MEDEF et a fait de fortes baisses de charges.à tort ou à raison. Mais c'est bien ce qu'a demandé LR depuis l'élection de HOLLANDE, non, je me trompe ?
Mais baisses de charges qu ont été compensé par des économies, afin de ne pas faire exploser le trou public, ce qui au final, a eu un effet récessif.

Quoi qu'il en soit HOLLANDE laisse une situation beaucoup plus saine qu'il ne l'a trouvé., comme JOSPIN, Et que LR va pouvoir gaspiller, comme ils l'ont fait de 2001 à 2011.

En 2001, le déficit public de la FRANCE était de 1.6 %, et celui de l'ALLEMAGNE de
2.4 %. du PIB.

Et nous ne parlons même pas des commandes militaires qui ont explosé sous HOLLANDE, alors qu'elles ont dégringolé sous NS, qui ne se gênait pas pour annoncer régulièrement à grands coups de trompettes , avoir vendu des RAFALES. Il devait les
confondre avec des MIRAGES.
a écrit le 12/09/2016 à 15:10 :
Il faut taxer la consommation d'énergie des ménages; mais les Français y sont opposés. Ce serait pourtant favorable à la réduction du chomage et au retour de la croissance. Qui le fera comprendre aux Français? Tout ça est écrit dans la note n°6 du conseil d'analyse économique, page 12.
a écrit le 12/09/2016 à 14:11 :
C'est vrai que Macron n'a pas un bon bilan mais celui de Sarkozy est bien pire (sauf quand son cabinet d'avocats conseille son ami Balkany et sa famille pour leurs investissements...), de même avec Bygmalion et Copé, ou Guéant, ou Buisson et la liste est longue à tel point qu'il est obligé d'être de nouveau candidat pour bénéficier de l'immunité présidentielle, contrairement à ses intentions initiales et alors que plus de 74% des français n'en veulent pas, juste pour échapper à la Justice. Le problème c'est que dans la sphère de Sarkozy ils confondent trop souvent leurs poches avec celles de la France. Et puis avec plus de 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires lors de son mandat dont une bonne part n'était pas liée à la crise, on peut dire qu'en gestion Sarkozy est au top...si l'on à la tête en bas et les pieds en l'air pour regarder les graphiques, mais on se lasse très vite de la position !
a écrit le 12/09/2016 à 13:59 :
de la propagande LR de base, helas. On peut etre LR et etre un peu plus subtil non ?
Par exemple reconnaitre que la hausse d impot de hollande a ete amorcee par un certain Sarkozy. Sinon j aime le passage ou on lit que c est taxer les heritages qui decourage l entreprenariat ... C est bien connu, c est avec des flis a papa qu on fera la france de demain :-(

Sinon, cher monsieur, dans 1 an votre parti sera au pouvoir. Que proposez vous donc ? Car on a deja vu le resultat avec Sarkozy (2002-2007), Juppe (1995-97) et ca donne pas franchement envie.
a écrit le 12/09/2016 à 13:25 :
Déjà, apprendre à faire des phrases ce serait pas mal, que de fautes de syntaxe dans ce papier... Ca rend le texte difficile à lire.
Il y a de belles approximations. "Alignement de l'impôt sur le capital sur celui du travail", outre le fait que la syntaxe laisse à désirer, cela n'a pas de sens, c'est bien un alignement de l'impôt sur le REVENU du capital, et pas sur le capital lui-même dont il est question... D'ailleurs, ce propos est très discutable, le travail n'engendrerait-il pas le capital ? Paraît-il même que le capital serait du travail accumulé (le travail des autres bien entendu car il est difficile d'accumuler et de travailler en même temps !). Le capital est donc issu du travail... Votre proposition privilégie de fait la rente sur le travail, belle valeur de droite, mais bon bref...

Après l'habituelle rengaine sur les prélèvements obligatoires. Comme vous le dîtes, le Danemark fait "pire" que nous ! J'ai une nouvelle pour vous, la Roumanie et la Bulgarie font "mieux" que nous ! Ca laisse songeur sur la profondeur de votre réflexion.

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