SNCM : le calendrier de nouveau repoussé

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(Crédits : reuters.com)
Le conseil de surveillance de la compagnie maritime marseillaise, qui devait se prononcer mardi 25 février sur la commande de nouveaux bateaux, éléments essentiels du plan de relance de la société, n’a pas abouti à une décision ferme. En s’abstenant, l’État a figé le processus. Un nouveau rendez-vous a été fixé au vendredi 7 mars.

La compagnie maritime marseillaise attendait le feu vert de ses actionnaires (Transdev, filiale de la Caisse des dépôts et de Veolia pour 66%, l'Etat pour 25% et les salariés pour 9%) et espérait sortir du conseil de surveillance de ce mardi 25 février avec une lettre d'intention pour la commande de nouveaux bateaux lui permettant d'entamer les négociations avec le constructeur lauréat. Elle sort bredouille de la réunion qui a néanmoins passé en revue les offres des différents chantiers en lice (le Français STX, l'Italien Fincantieri et l'Allemand FSG).

Si celle des chantiers STX est ressortie comme la plus techniquement et économiquement aboutie, l'État, qui dispose de trois voix, s'est néanmoins abstenu, bloquant le processus. Veolia et Transdev, qui possèdent six voix, ont, sans surprise, voté contre tandis que les trois voix des personnels et la voix du président du conseil Gérard Couturier (qui compte double en cas d'égalité) n'ont pas permis d'établir le rapport de force espéré. Avant même d'entrer dans les discussions, la direction et les salariés savaient que de la décision de l'État dépendait le sort des commandes.

Rendez-vous le 7 mars

L'État s'abstient mais demande aux actionnaires de revoir la copie et repousse sa décision au 7 mars, date de la tenue d'un nouveau conseil de surveillance à Paris, où le directoire est prié de présenter un plan de financement après s'est rapproché des chantiers STX. En somme, il est demandé à la direction d'entamer des négociations avec le constructeur sans avoir de lettre de mission et d'étudier un plan de financement sur lequel planche aussi, selon l'équipe gouvernementale, un groupe de travail commun à la Caisse des Dépôts et à Bpifrance.

« Attitude dilatoire »

« L'État est dans une attitude dilatoire en repoussant sans cesse le débat à plus tard. Il est impératif que toutes les composantes de ce dossier soient traitées simultanément », a réagi le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

« Les atermoiements du gouvernement vont aboutir à l'impossibilité de réaliser ces objectifs et conforter les actionnaires Veolia, Transdev dans leur volonté de déposer le bilan de l'entreprise », a commenté Roland Blum, le maire-adjoint en charge du Développement économique à la Ville de Marseille, qui accuse l'État de préparer la liquidation de la compagnie et, en attendant, de jouer la montre avec de fausses promesses dans le contexte électoral.

15 avril : la fin de la procédure de conciliation

A l'issue d'une semaine de conflit social début janvier, Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, s'était engagé auprès des organisations syndicales à trouver les financements nécessaires au plus tard le 15 avril. Les échéances ont de nouveau glissé, dénonce Maurice Perrin : « L'État se sert du fait que l'étude de la BPI n'est pas terminée sur la question du financement pour repousser toute décision concrète. »

Dans un communiqué, Frédéric Cuvillier déclarait avoir demandé « à la BPI et à la Caisse des dépôts de (lui) faire des propositions sous deux mois, afin qu'elles soient présentées au conseil de surveillance de la SNCM le 15 avril au plus tard, pour une commande avant le 30 juin 2014. » Le 15 avril, date à laquelle la compagnie maritime sera également parvenue au terme de sa procédure de conciliation. Ensuite, tout peut arriver, y compris une mise en règlement judiciaire, voire une mise en liquidation par le Tribunal de Commerce.

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