Effondrement d'Altice en Bourse : ce n'était donc pas fini

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Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice, la maison-mère de SFR.
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice, la maison-mère de SFR. (Crédits : Reuters)
Le titre du géant des télécoms et des médias a une nouvelle fois lourdement chuté de 13,17% à 8,90 euros ce mardi, dans le sillage des baisses d'objectifs de cours de deux intermédiaires financiers.

[Article publié à 16:05 et mis à jour à 18:02]

« Et ce n'est pas fini. » L'ancien célèbre slogan publicitaire de SFR semble, pour le pire, s'appliquer aujourd'hui au cours de Bourse d'Altice, sa maison-mère. Le groupe, qui a vu son cours dégringoler la semaine dernière - dans le sillage des résultats jugés préoccupants de l'opérateur au carré rouge publiés le 2 novembre - continue de susciter la défiance des marchés. Ce mardi, le titre du géant des télécoms et des médias a plongé de 13,17% à 8,90 euros à la Bourse d'Amsterdam. Il a donc perdu environ 45% de sa valeur depuis le 2 novembre, où il valait encore 16,2 euros. Sur cette période, ce sont plus de 10 milliards d'euros de capitalisation boursière qui sont partis en fumée. Le titre passe aussi largement sous la barre symbolique des 10 euros et évolue au plus bas depuis avril 2014.

Cette chute intervient dans la foulée de l'abaissement des objectifs de cours de deux intermédiaires financiers. Kepler Cheuvreux reste ainsi à « conserver » sur la valeur, mais avec un objectif de cours de 11 euros contre 18 euros auparavant. « Le plongeon de l'action n'offre pas d'opportunité claire d'achat, de notre point de vue », écrivent les analystes selon Reuters. « Nous voyons les tendances d'exploitation évoluer bien plus négativement que ne le suggère un consensus très optimiste, notamment aux Etats-Unis, où la compétition se renforce et où les coûts des contenus grimpent », poursuivent-ils. Morgan Stanley, de son côté, abaisse son objectif de cours de 20,50 euros à 13,50 euros. Ses analystes précisent qu'ils ont besoin de garanties sur la réduction de la dette d'Altice - qui s'élève à plus de 50 milliards d'euros - pour réviser leur opinion.

Chambardement managérial

Concrètement, les marchés ne semblent pas rassurés par le chambardement du top management d'Altice et de SFR, qui a été annoncé jeudi dernier, après une nouvelle lourde chute du titre. Pour rappel, Michel Combes, jusqu'alors DG d'Altice et PDG de SFR a été remercié et remplacé à la tête de l'opérateur au carré rouge par Alain Weill, jusque-là à la tête de SFR Medias (BFM TV, RMC, L'Express, Libération...). Quand à Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice, celui-ci a choisi de reprendre les rênes de son groupe, en tant que président du conseil d'administration.

A noter qu'Altice a aussi fait l'objet d'une critique très sévère de son rival Orange ce week-end. Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur historique, a carrément estimé qu'Altice avait « un problème de modèle », ce dimanche, lors de l'émission « Le Grand Jury » sur RTL-LCI-Le Figaro. « On ne peut pas tout faire, a lancé le patron en campagne pour son renouvellement à la tête de l'opérateur historique. On ne peut pas investir massivement dans la fibre optique et investir massivement dans les contenus. » Avant d'en remettre une grosse couche : « Je ne veux pas jouer un peu les Cassandre [mais] franchement, j'ai des doutes sur le modèle. Parce que le modèle financier est difficilement soutenable tel qu'il est aujourd'hui. Il supposerait qu'il y ait effectivement des performances opérationnelles, qui, aujourd'hui, ne sont pas tout à fait au rendez-vous. »

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Commentaires
a écrit le 17/11/2017 à 0:48 :
En clair, Altice va arrêter d’acheter, ce qui tombe bien car je ne vois pas aujourd’hui quel serait l’inconscient de banquier qui lui ferait un crédit, et va même revendre des actifs non-essentiels… Bon, cela sent le sapin et la casse sociale sans précédent dans le groupe qui emploie des milliers de salariés en France.

Dernière question, le scandale policitico-financiaro-bourso-bancaire aura-t-il lieu, car avec l’effondrement du cours de bourse, c’est quelques grandes banques qui vont devoir passer quelques provisions assez conséquentes dans leurs comptes au 31 décembre 2017 !
a écrit le 15/11/2017 à 23:08 :
Non seulement Drahi a construit sur du vide mais il a construit du vide... Je me réjouirai profondément en cas d'échec total de sa part...
a écrit le 15/11/2017 à 13:20 :
Malgré tout le dégraissage, optimisation fiscale, la délocalisation.. .bref tout le mal qu'il a fait aux employés, à l'Etat français, aux clients ... le modèle (vendu aux banques) ne semble pas viable
Il paraît que la fortune de Drahi s'élève à plus de 10md d'euros et que, sage précaution de sa part, elle n'est pas dépendante du destin d'Altice
Il paraît que les banques françaises BNP et SG sont lourdement impliquées dans les prêts octroyés à Altice
Le jour où ce géant de papier va s'effondrer, le contribuable français sera amené d'une manière où d'une autre à combler le trou. Soit par le manque à gagner fiscal (pertes des banques se traduisant par un manque à gagner pour l'Etat sur l'IS) soit par le renflouement de l'établissement financier qui aura prêté au delà du raisonnable.
Je ferai un point d'honneur à mener la fronde citoyenne jusqu'au bout pour que nous n'ayons ni à payer quoi que ce soit ni à permettre au roi de l'évasion fiscale de s'en sortir indemne. S'il faudra pour cela poursuivre les préteurs français, nous les poursuivrons sans relâche et révélerons les réseaux d'influence. S'il faudra pour cela aller dans un pays étranger, nous irons débusquer l'argent où il est.
a écrit le 15/11/2017 à 12:36 :
J'ai lu que le groupe de Drahi, qui comprend beaucoup de strates opaques pour raisons fiscales et de délocalisations, a une telle dette globale que cette dernière coûte chaque année plus chère en intérêts que les bénéfices. A ce moment là, il ne faut pas attendre la banqueroute et directement "restructurer". Je ne comprends pas comment les gouvernements on pu laisser un type pareil( on avait le précédent messiers) prendre autant de pouvoir, et donc causer autant de dégâts quand il chutera. Gouverner c'est prévoir, c'est ne pas attendre.
Réponse de le 15/11/2017 à 23:09 :
D'autant qu'il n'est pas français... et qu'il a un pays qui n'extrade pas où se réfugier, comme tant d'autres, en cas de problème...
a écrit le 15/11/2017 à 10:34 :
C'est la bourse: cela doit shorter à mort.
Cordialement
PS: dans le passé (2000 ?) Orange (ex FT) valait environ 200, aujourd'hui 14,
EDF privatisé à 32 vaut 10, Vivendi 90 à 21, General Electric a perdu USD 100 Mlds de valorisation en quelques mois, toutes les banques européennes au tapis par rapport à 2007, etc...
a écrit le 15/11/2017 à 10:07 :
Un nouvel avatar d'Aristide Saccard, chaque époque produit le sien (JM Messier et consorts). Je me demande juste si c'est typiquement français ou si on en rencontre autant à l'étranger.
a écrit le 15/11/2017 à 9:35 :
SFR c'est devenu catastrophique pour les clients qui sont obligés d'en partir à l'arrache on se doute du coup que toute la chaine "alimentaire" est touchée.
a écrit le 15/11/2017 à 7:34 :
En tous les cas une consigne a été donnée : harceler les clients SFR pour leur proposer des forfaits plus chers. Un appel par jour me concernant pour me vendre un "meilleur plus gros forfait" dixit le telemarketeur étranger missionné par SFR
a écrit le 15/11/2017 à 6:59 :
Altice, c'est plie.
La confiance a disparue.
Qui, aujourd'hui est pret a investir dans cette Cie ? Personne.
C'est terrible pour tous les personnels, qui vont perdre leur boulot.
a écrit le 14/11/2017 à 23:52 :
Une tempête dans un verre d’eau ! Ne pas oublier que Patrick Drahi détient plus de 60% des actions et des droits de vote qui vont avec et donc qu’il est chez lui et le mieux placé pour remettre la machine SFR en marche.
a écrit le 14/11/2017 à 20:19 :
Il me fait penser a Messier
a écrit le 14/11/2017 à 18:55 :
oui, avec la dette qu'il a aux fesses, vaut mieux cracher rapidement quand on ne veut pas aller au tas...
a écrit le 14/11/2017 à 18:36 :
Tout ça est inquiétant pour l'emploi....et les requins de la finance prêts à dépecer la "bête"!
"La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf": Les Fables de la Fontaine sont toujours d"actualités....
a écrit le 14/11/2017 à 18:33 :
Chronique d'une chute plus que prévisible...
a écrit le 14/11/2017 à 18:31 :
Le principal problème c'est que son modèle télécom ne fonctionne pas :
- il a parié sur le câble contre la fibre : perdu ;
- Il a pris l'engagement de dégager de l'Ebitda de manière massive grâce à des économies énormes, mais si lui et copains sont forts en finance, ils sont nuls en management et en télécom. Ils sont arrivés chez SFR fleur au fusil et pistolet à la ceinture et le bilan c'est qu'ils ont fait partir les meilleurs éléments et quasiment tout pété dans les systèmes et réseau en prenant des décisions irrationnelles et court-termistes.
- tout sans dire que la stratégie des contenus est hasardeuse et sans doute davantage guidée par la mégalomanie que par la raison.
Réponse de le 15/11/2017 à 14:09 :
Tout à fait d'accord avec vous.
Réponse de le 15/11/2017 à 16:13 :
j'ai fuit SFR il y a deux et sans regrets quand neuf a etait absorbé par SFR sa commençait a etre la pagaille!!!!!
a écrit le 14/11/2017 à 18:02 :
Chevalier ou capitaine d'industrie??? 😂😁😁
a écrit le 14/11/2017 à 17:51 :
Pinocchio va t-il nous faire des chèques en bois ? Moi il m' a déjà augmenté de deux euros mon tout pt' tit forfait ...
a écrit le 14/11/2017 à 17:50 :
En tant que client de base, je suis très mécontent des services SFR, avec une facturation opaque et même à la limite du vol, un service client nul, et des offres pléthoriques et incompréhensibles incluant pour certaines de la vente forcée.
a écrit le 14/11/2017 à 17:45 :
Il n'y a guère que ce "journal" pour qualifier de géant une boite dont le cours de Bourse dévisse de 50 % en 2 semaines :ça fait amateur .
Réponse de le 15/11/2017 à 2:05 :
Leon, celui qui ne sait que critiquer.
Cessez par consequent d'ecrire sur ce blog.
Ca nous fera des vacances.
a écrit le 14/11/2017 à 16:44 :
et il descendra encore et encore, et après ce sera la fuite en Israël, et les banques pleureront leurs milliards...... et qui va payer?????
Réponse de le 14/11/2017 à 16:51 :
Devinez ?
Réponse de le 14/11/2017 à 17:36 :
Pour une fois, çà ne sera pas nous, Raté !
Réponse de le 14/11/2017 à 17:37 :
Pour une fois, çà ne sera pas nous, Raté !

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