Le Web a 20 ans et pèse déjà très lourd dans l'économie

 |   |  569  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La "Toile" fête ses vingt ans. La filière Internet représente près de 3 % du PIB mondial. Un poids qui devrait s'accroître, au regard des évolutions attendues, comme le développement des objets connectés.

Le Web "grand public" a vingt ans. Le 6 août 1991, le scientifique londonien Tim Berners-Lee ouvrait la première page Web, dans laquelle il expliquait son invention : basé sur le système d'interconnexion informatique Internet, le World Wide Web, par la suite surnommé Web, devait d'abord permettre l'échange d'informations entre les membres de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire, à laquelle appartenait Berners-Lee. Ce dernier a ensuite étendu ce système de partage d'informations au monde entier et à tout type de sujet, et ce gratuitement.

Vingt ans plus tard, la percée et l'apport du Web sont phénoménaux. Le nombre de sites Web s'élève aujourd'hui à quelque 463 millions dans le monde, selon l'enquête réalisée ce mois-ci par le site spécialisé Netcraft. Il y a dix ans, ils étaient 30 millions "seulement", ce qui représentait déjà une explosion par rapport aux 26 sites que comptait le monde en 1992. Et le nombre d'internautes dépasse désormais les 2 milliards à l'échelle mondiale, selon l'Union internationale des télécommunications, soit près de 30% de la population de la planète. Sites de commerce électronique, d'informations, agences Web, publicité en ligne... Le Web a rapidement essaimé dans l'univers du business. Vingt ans après sa création, la filière Web pèse 1.672 milliards de dollars, soit près de 3% du produit intérieur brut (PIB) mondial, selon le cabinet McKinsey. En France, le Web a permis la création de 700.000 emplois, au cours des quinze dernières années, soit le quart des emplois créés dans l'Hegaxone sur cette période.

Nul doute que le poids du Web dans l'économie va s'accroître encore, au regard de ses évolutions attendues. Après le Web 1.0 statique des années 1990, qui permettait essentiellement de consulter des informations et d'effectuer des achats sur Internet, le Web 2.0 apparu début 2000 avec les blogs, l'encyclopédie en ligne Wikipedia et les réseaux sociaux comme Facebook, a transformé la Toile en un espace collaboratif, social. Que sera le Web 3.0 ? Pour certains, il s'agira d'un "Internet des objets". Voitures, compteurs d'eau, etc. communiqueront entre eux sans intervention humaine, grâce, entre autres, à une carte SIM. Pour le moment dominé par les GPS et par les liseuses électroniques comme le Kindle d'Amazon, ce marché de la connectivité a représenté 3,1 milliards d'euros dans le monde en 2010, et devrait quasiment doubler en quatre ans, selon l'Idate.

CYBER-CRIMINALITE

Reid Hoffman, président et fondateur de LinkedIn, voit, lui, le Web 3.0 comme « l'ère des données ». Il cite en exemple LinkedIn Skills, une nouvelle application permettant aux recruteurs à la recherche de compétences spécifiques de trouver sur le réseau social toutes les personnes et les sociétés dotées de cette compétence. Cette analyse pointue d'énormes quantités de données, c'est la technologie du "Big data", un marché qui s'élève déjà à 1 milliard de dollars, et qui devrait croître de 50% par an, pendant les cinq prochaines années, selon la SSII Ysance. Revers de la médaille, l'exploitation de ces données pose le problème de la protection de la vie privée. Tout comme l'essor des sites de e-commerce a favorisé le développement de la cybercriminalité. Mais la lutte contre ces deux dommages collatéraux de ce fantastiques boom constituent elle aussi un très gros...marché.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/08/2011 à 12:08 :
Le web et en particulier les nouveaux moyens de (télé)communication ont permis à la mondialisation de s'accroitre de manière exponentielle. Les ravages, nous les prenons aujourd'hui en pleine tête (délocalisation, chômage, .... ). Avec notre beau pays lesté d'une politique sociale handicapante pour la concurrence mondiale, fait que nous avions le plus à perdre ... et nous finissons par tout perdre. Je suis pour le progrès lorsqu'il est utile à l'humain, pas pour lui nuire lorsqu'on s'en sert pour de l'argent mais que voulez-vous la morale fout le camp aussi.
Réponse de le 10/08/2011 à 17:23 :
Il ne faut pas le prendre comme ça, ces nouveaux moyens de communication constituent la 3 ème révolution industrielle qui apporte croissance et prospérité,
alors biensur cela remet en cause certains business et certains métiers,
mais il faut s'adapter, tout le monde en est capable individuellement.
Réponse de le 11/08/2011 à 12:27 :
Et NON et c'est bien là le problème, les caissières que vous supprimer dans les hypermarchés ne pourront jamais retrouver un autre job. Regarder leur nombre et comparer le au nombre d'emploi généré par ces nouvelles technologies, vous verrez que la balance n'est pas à l'équilibre. Et c'est comme ça partout ou l'automatisation est apparue. La suppression des emplois soit disant "ingrat" permettait quand même à des familles de vivre et de consommer.
Réponse de le 11/08/2011 à 12:30 :
Tout le monde n'a pas bac+5, il faut du boulot pour tous, sinon vous cotiserez d'avantage ..... pour notre chômage, notre CMU, .... Est-ce ça le progrès ?
a écrit le 09/08/2011 à 6:21 :
Le problème, c'est pas vraiment le Web, ce sont juste les 97% restants qui inquiètent un peu ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :