La Tribune

Le russe Yandex bat Google sur son propre terrain

Le moteur de recherche russe Yandex résite à Google malgré le lancement de Chrome. Copyright Reuters
Le moteur de recherche russe Yandex résite à Google malgré le lancement de Chrome. Copyright Reuters
par Emmanuel Grynszpan à Moscou  |   -  477  mots
Le leader de la recherche sur Internet en Russie lance une riposte au Goliath américain, grâce à son propre navigateur et à de nombreuses applications.

Dans le duel David contre Goliath de la recherche sur Internet, Yandex continue de prouver qu'on peut tenir tête au géant américain avec un bon produit. Le moteur de recherche russe (qui est coté sur le Nasdaq) voit augmenter le nombre de requêtes depuis le navigateur Chrome de Google jusqu'à 50,2% contre une régression de quelques points à 35% pour le leader mondial des moteurs de recherche. Ces résultats révélés par le site LiveInternet sont d'autant plus surprenants que Google est le moteur de recherche par défaut de Chrome depuis novembre 2011.

Parallèlement, Yandex a développé son propre navigateur, depuis lequel 89% des requêtes vont naturellement vers son moteur de recherche. Mais Chrome reste un terrain de bataille vital pour Yandex, car sa part de marché parmi les navigateurs progresse fortement (de 8,6% en janvier 2011 à 23,5% en décembre dernier). Chrome est aussi installé par défaut sur les smartphones Android (62,6% du marché russe). Autrement dit, le lancement de Chrome représentait une menace mortelle pour Yandex.

Selon une étude de Morgan Stanley publiée mercredi, Yandex devrait toutefois subir un léger effritement de sa part de marché au bénéfice de Google au cours de 2013, mais sans perdre sa position dominante. «Sa priorité doit être de mettre au point une stratégie internationale dans le développement et la distribution sur le segment des appareils portables», estiment les analystes de la banque, qui notent que Google fait une percée parmi les nouveaux et les jeunes internautes en province, particulièrement ceux disposant de revenus modestes.

La Turquie, l'autre front de la guerre entre Yandex et Google

L'une des explications de cette résistance efficace tient dans la politique commerciale agressive de Yandex auprès des concepteurs de programmes de la zone russophone, afin que ces derniers installent des modules Yandex dans leurs logiciels ou sur leurs sites Internet. Mais il y a d'autres explications. «Google est arrivé en retard de plusieurs années sur le marché russe», rappelle Adrien Henni, rédacteur-en-chef d'East-West Digital News, un site dédié aux industries numériques russes. «Yandex était déjà bien installé. D'autre part, Yandex est un excellent produit tenant la dragée haute à Google sur toute une série de technologies et notamment le traitement du cyrillique [l'alphabet russe]».

Yandex a été lancé en 1997, devançant Google de quelques mois. Sa part de marché tous moteurs de recherches confondus dépasse les 60% tandis que le géant américain n'atteint pas encore les 25%. Yandex est également leader dans d'autres pays de l'ex-URSS et a fait son entrée sur le marché turc, annonçant même des ambitions globales là où Google n'occupe pas encore tout l'espace. «Ils ont des résultats mitigés en Turquie et révisent leurs ambitions un peu à la baisse», remarque Adrien Henni.

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Commentaires

mig  a écrit le 17/01/2013 à 4:48 :

Bienvenu .

Bastien  a écrit le 16/01/2013 à 19:03 :

Les russes sont bien plus capables que ce que les médias français veulent nous le faire croire. Nous aurions tout à gagner à nous rapprocher d'eux car ils sont nos frères naturels.

ExaSpray  a écrit le 16/01/2013 à 18:31 :

Un des cofondateur de Google est d'origine russe. Les russes sont d'autant plus fort en mathématiques et en logique. Enfin, le Kremlin sait bien que Google est un formidable outil d'espionnage américain : commercial, mais pas que ... Il est anormal que l'Europe est loupé : les moteurs de recherche, un concurrent au GPS et in concurrent à Microsoft (même si cela n'est plus utile). Les avions, les voitures et les ponts autoroutiers, c'est très année 2000. Reste le téléphone mobile, l'internet porno et faire de la dette pour soigner les vieux, comme les pays africains.

Patrickb  a répondu le 16/01/2013 à 18:57:

@exaspray: merci de rappeler que le cofondateur (Serguei) est russe, avant que ne se déclenche la vague de commentaires anti-russe :-)

toccata  a répondu le 17/01/2013 à 0:00:

La guerre froide est finie... et depuis longtemps... Si des sociétés russes concurrencent google, c'est qu'il y a des investisseurs russes.