L’Euro 2016, un filet à clients pour Orange

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Pour Stéphane Richard, l'Euro 2016 sera « le tournoi le plus connecté de l’histoire, toutes compétitions confondues ».
Pour Stéphane Richard, l'Euro 2016 sera « le tournoi le plus connecté de l’histoire, toutes compétitions confondues ». (Crédits : Reuters)
De la retransmission de matchs en Ultra-HD au déploiement d’antennes 4G dans les stades, l’opérateur historique assurera tous les services de communication fixe et sans fil du tournoi. L’occasion pour le leader français des télécoms de montrer ses muscles à la concurrence après l’échec de son mariage avec Bouygues Telecom.

Retour au quotidien pour Orange. Près de deux semaines après l'échec de son mariage avec Bouygues Telecom, l'opérateur historique a remis son nez dans ses affaires courantes. Ou presque. Ce jeudi, le leader français des télécoms a dévoilé un vaste dispositif pour l'Euro 2016 de football, dont il est un partenaire. Lors de cet événement sportif majeur, qui se déroulera en France à partir du 10 juin, l'objectif d'Orange est triple : gagner des clients (en affichant au grand jour son savoir-faire industriel), promouvoir le très haut débit (sur lequel il mise pour doper ses revenus). Mais aussi, l'occasion est trop belle, glisser quelques tacles à ses concurrents SFR, Free et Bouygues Telecom.

Parce qu'évidemment, si Orange est « l'opérateur officiel de télécommunications » du tournoi, « et pas un autre », cela « s'explique », bombarde Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur. Lequel embraye : « Cette compétition se déroulera dans 10 villes importantes en France. Or Orange est très ancré dans les territoires, et a la capacité d'y apporter en même temps ses technologies... » Traduction : « Jamais SFR, Free et Bouygues Telecom n'auraient pu faire de même. » Ces derniers apprécieront cette première pique officielle post-consolidation avortée.

100.000 km de fibre optique

Et pour enfoncer le clou, ses communicants lui ont glissé « une idée simple » à marteler à la presse : « l'Euro 2016 sera [grâce à Orange, bien sûr, Ndlr] le tournoi le plus connecté de l'histoire, toutes compétitions confondues » ! Lors de la compétition, l'opérateur historique aura en charge toutes les communications fixes et mobiles de l'ensemble des sites concernés. « Nous allons mettre en œuvre des moyens exceptionnels », claironne Stéphane Richard. Le grand patron égrène : « Nous allons déployer à peu près 100.000 km de fibre optique, soit un peu plus de deux fois le tour de la Terre. En termes de débit de transmission de données, nous allons atteindre les 2 térabits par seconde. » Côté effectifs, 1.000 ingénieurs et techniciens d'Orange seront mobilisés pour l'organisation de l'Euro - dont 200 dédiés notamment à la gestion des services mobiles dans les stades, qui seront tous équipés de dizaines d'antennes mobiles.

Pour éviter une saturation du réseau dans les arènes de l'Euro, l'opérateur promet « une 4G boostée ». En outre, Orange va installer 680 points d'accès en WiFi (dont 270 pour Paris), dans les sites réservés aux supporters, les stades, les hôtels des équipes participantes et leurs lieux d'entraînement. En outre, Orange s'occupera de la transmission des matchs aux chaînes de télévision. Concrètement, des autoroutes de fibre optique relieront les caméras des stades à un centre basé Porte de Versailles, à partir duquel les images seront envoyées à travers le monde.

Zidane en mascotte

Pour se rapprocher davantage des individus (et futur clients ?), dont beaucoup ignorent tout de ces prouesses techniques, Orange va lancer courant mai « une plateforme de sponsoring ». Baptisée « Orange Sponsors You », elle a vocation à promouvoir les « meilleurs fans », dixit un communiqué, en les « mettant en lumière » à travers des opérations de communication. Pour l'occasion, l'opérateur s'est payé une star, Zinedine Zidane, qui endossera « le rôle de 'sélectionneur' des meilleurs supporters dans le monde entier ».

Orange ne pipe mot du montant de ses investissements dans l'Euro. « C'est confidentiel », dit Stéphane Richard. Mais « les retombées [sont] évidentes », précise le PDG. Avec le foot, « sport populaire par excellence », Orange bénéficiera d'une grande « vitrine pour nos technos » pour accroître son aura. Outre la France, le géant des télécoms est présent en Espagne, en Pologne ou encore en Roumanie, dont les populations auront les yeux rivés sur les stars du ballon rond. Orange est aussi en pleine offensive en Afrique, avec une présence dans plus de 20 pays. Un continent où là-encore, les fans de foot sont légions. Excepté la Coupe du monde ou les Jeux olympiques, peu d'événements offrent à une marque une telle exposition... Pour l'opérateur aux 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'Euro ressemble donc à un vaste et rentable filet à abonnés.

Monétiser le très haut débit

Dans un marché mature comme la France, ce tournoi constitue aussi l'occasion de vanter les mérites du très haut débit fixe et mobile. Pour Orange, l'enjeu est crucial. La fibre optique et la 4G doivent lui permettre de vendre toujours plus de contenus et de services aux abonnés (des films à la demande, des jeux vidéo, etc...) pour augmenter ses revenus et se démarquer de la concurrence. Le mois dernier, Orange a dégainé une nouvelle box pour démocratiser ces usages gourmands en bande passante. Pendant l'Euro, ses utilisateurs pourront d'ailleurs visionner huit matchs en Ultra HD. Sous ce prisme, l'implication d'Orange dans l'Euro 2016 s'apparente à une étape-clé pour monétiser les déploiements de fibre optique, dans lequel l'opérateur investit des milliards d'euros dans plusieurs pays.

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Commentaires
a écrit le 17/04/2016 à 9:09 :
Au fait, il est toujours mis en examen pour escroquerie en bande organisée ?
a écrit le 15/04/2016 à 1:17 :
Parlons-nous de l’euro ou de l’Eurlope ? La France est-elle en DECLIN ? Le FMI prédit une croissance pour 2016, évaluée à 1,1 pour la France, ce qui correspondrait à la prédiction des haruspices de Bruxelles qui cherchent la croissance dans les chômeurs… étranges institutions. Dans les années 30, faute de reprise des dictateurs n’ont-ils pas fini pendu par les pieds ? La zone qui porte bien son nom serait à 1,5 et l’Allemagne également, sommes-nous dans les normales saisonnières ? Si on redoute une crise, ne doit-on pas redouter l’Europe et ses réponses efficaces ? La population n’est-elle pas en droit d’exiger une croissance forte et stable après deux ans de crise avec le plein-emploi ainsi que l’amélioration du produit par habitant ? Si nous considérons les publications numériques de la Banque Mondiale en termes de croissance en constant ou celles d’Eurostat, que constatons-nous ?
Selon ces publications numériques, la ZE définie à 12 rassemble : Allemagne, France, Italie, Espagne, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Irlande, Luxembourg, Portugal, Finlande, Grèce, et l’OCDE à 24 sur 36 en rajoutant USA, Japon, Angleterre, Canada, Australie, Danemark, Suède, Suisse, Norvège, Islande, Nouvelle-Zélande, Israël, tous pays de niveau proche en PIB par habitant selon Eurostat en 1970, on trouve :
Pour les années 81-07 puis 10-14, la première période montre pour l’OCDE 24 une croissance annuelle en constant de 2,88 pour 2,84 pour la ZE 12 et 3,16 aux USA. Le niveau de l’Europe est donc proche de celui des USA. Pour la période après 2 ans de crise, l’OCDE hors Europe à 12 pays est à 2,02 contre 0,39 pour la ZE 12… l’Europe n’a-t-elle pas une performance anormalement faible en croissance et en emplois, les citoyens se poseront-ils la question ?
Pour les données Eurostat, en PIB par habitant en constant et ppa, on relève pour nombre de pays d’Europe une valeur 2014 inférieure à 2007…
Si on relève la valeur française rapportée à une moyenne OCDE 24, en 1970 on obtient 96,1%, les français ont un produit par habitant de 96,1% de la moyenne des 24 pays de l’OCDE. En 1982 on obtient 101,5, en 1990 : 97,1, en 2000 : 91,3, en 2007 : 86,4, en 2012 : 88,5, en 2014 : 87,2, avons-nous un déclin ?
Le PIB par habitant rapporté au niveau italien donnerait de 1970 à 1983 une valeur supérieure à 100%, 104,1 en moyenne, puis de 1984 à 2007 une valeur inférieure à 96,8 de moyenne. Puis dans la crise, la situation française serait meilleure mais pas dans les périodes de croissance avec 201,3 en 2008 et 112,2 en 2014. Pour l’Angleterre, en 1970 : 89,6 puis en 1981 : 82,9 puis en 1988 : 91,1, en 2014 : 90,8 pour une moyenne 70-14 de 88, la France serait 8% sous sa moyenne 70-14. Pour les USA, on trouve en 1970 : 126,3 puis en 1982 : 117,6 le rattrapage de l’Europe s’opère, puis en 1990 : 121,8, en 2000 : 121,0 puis en 2007 : 117,2 puis en 2014 : 121,5 pour une moyenne de 121,3. La ZE 12 passerait en 1970 de 91,8 de l’OCDE 24 à 94,8 en 1980, puis 96,9 en 1990 puis 100,2 en 2000 puis 99,9 en 2010 puis en 2014 : 97,6. L’Europe décroche-t-elle ? La France rapportée à la ZE 12, ferait une moyenne de 97,6, serait en 1970 à 104,7 puis en 1982 : 107,5 puis en 1990 : 100,2 puis en 2007 à un minimum de 85,7, nous serions bons dans la crise avec 89,3 en 2014 en considérant la disparité des situations des pays d’Europe. L’Allemagne passerait de 101,5 en 1970 à 101,9 en 2014 avec une moyenne de 100,7, et une baisse de 1992 à 2005 de 107,6 à 93,0 et aurait augmenté ensuite. La France a-t-elle un déclin alors qu’il existerait des diplômés en déqualification et l’Europe décroche-t-elle ?
a écrit le 14/04/2016 à 22:18 :
C'est bien la preuve qu'il ne faut pas réduire le nombre d'opérateurs de télécommunications en France, le poids de Orange est anormalement trop important, l' Etat devrait intervenir et veiller davantage à ce que la concurrence s'exerce dans de meilleurs conditions ( partage équitable des réseaux détenus par Orange et récupérés de France Télécom...).

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