Le déremboursement des médicaments inquiète l'UFC-Que Choisir

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(Crédits : DR)
Le directeur des études, de l'association UFC-Que Choisir, Grégory Caret, revient sur le souhait des mutuelles de rembourser les médicaments sur leur efficacité et non sur la base des grilles de la Sécu. La Mutualité française, de son côté, calme le jeu.

En remettant sur le tapis la question du remboursement des médicaments par les mutuelles selon leur efficacité dans les colonnes du « Parisien », la Mutualité française a mis le feu aux poudres. L'association UFC-Que Choisir a réagi vendredi. Les explications de son directeur des études, Grégory Caret.

En quoi consiste concrètement la proposition de la Mutualité française ?

La Cnil a récemment autorisé les mutuelles à consulter l'avis rendu pour la Haute Autorité de santé sur l'efficacité des médicaments. Elles souhaitent pouvoir dérembourser les médicaments jugés peu efficaces, bien qu'ils soient pris en charge en partie par la Sécu. Sont concernés les médicaments remboursés à 35 % (vignette bleue) et à 15 % (vignette orange) par la Sécu. Pour certains, les mutuelles ne prendraient donc plus en charge la différence avec la somme déboursée par le patient.

Mais le niveau de remboursement fixé par la Sécu est déjà lié à l'efficacité du médicament ...

Tout à fait. Mais ce n'est pas le seul critère. La gravité, le type de pathologie, l'intérêt de santé publique interviennent également. On l'a bien vu avec l'exemple du Multaq, dont « l'amélioration du service médical rendu » a été jugé « inexistant » mais qui va bénéficier d'un rembourserment de 65%. Ce n'est pas un cas isolé. En réalité, nous sommes d'accord avec le diagnostic des mutuelles : il ne faut pas prescrire des médicaments peu efficaces.

Quel sera le coût pour l'assuré ?

Il est encore trop tôt pour le quantifier. Mais une chose est sûre : cela ne changera en rien le comportement des patients. Car ce sont les médecins qui prescrivent, ce sont eux qu'il faut informer ! Leur principale source sont les visiteurs médicaux qui restent avant tout des commerciaux.

Peut-on espérer une baisse des primes d'assurance ?

C'est peu probable, vu le rythme annuel d'augmentation des tarifs des contrats ... En six ans, le chiffre d'affaires de la complémentaire santé a bondi de plus de 50 %. Nous réalisons actuellement une étude pour déterminer si les frais et la marge augmentaient eux aussi de manière significative. En tout cas, nous serons vigilants : les économies réalisées par les mutuelles devront servir soit à améliorer d'autres postes de remboursements, soit à ralentir la hausse des primes.

Voyez-vous des conséquences autres que financières ?

Bien sûr. La première est le risque que les patients renoncent à certains soins pour des raisons budgétaires. Selon L'IRDES, ce taux est passé de 10% à 12% entre 2004 et 2008, soit une hausse de 20%. En 2006, c'était même le cas d'un patient ne disposant pas d'une complémentaire sur trois. Par ailleurs, le patient ne pourra pas savoir si sa mutuelle rembourse ou non tel médicament, ni se fier à la couleur de l'étiquette. Cela complexifie un peu plus le secteur de la complémentaire santé déjà très difficile à appréhender pour le néophyte.

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